C'est un peu pourquoi je le qualifie de pire choix possible ;). Il est intuitif, il est simple à comprendre, il a juste pour inconvénient de massivement distordre les résultats.
Et ce n'est pas près de changer. ;-)
La première élection majeure à laquelle j'ai participé était la présidentielle de 2002. Je connaissais déjà à l'époque le paradoxe de Condorcet et le théorème d'Arrow; j'avais essayé de convaincre mes proches du risque de voir Le Pen au second tour du fait de la multiplication de petites listes au premier tour, et donc du risque d'éparpillement des voix de gauche. On me regardait comme un fou excentrique à vouloir remettre le scrutin uninominal à deux tours en cause.
Suite à l'élection, j'ai participé en tant qu'auditeur à une conférence sur le résultat organisée par un ami qui faisait à l'époque sa thèse en philosophie politique à l'EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales). Parmi les intervenants, il y avait une statisticienne d'un institut de sondage et deux politologues. La première défendait sa chapelle qui n'avait pas prévu l'issue du premier tour, et les seconds cherchaient à comprendre comment les idées du FN avait pu prendre le pas sur celles de la gauche. Naïf comme je l'étais à l'époque, au moment des questions du public, je leur ai demandé si le problème ne venait pas plutôt du mode de scrutin : aucun n'a compris le problème, que ce soit parmi les intervenants ou parmi l'assemblée présente. Même la statisticienne, pourtant mathématicienne, ignorait ces résultats.
Pour être honnête, treize ans plus tard la situation n'a guère changé : il est quasi impossible de faire comprendre les défauts majeurs de ce mode de scrutin, même auprès des personnes qui seraient le plus à même de le changer. Non parce que cela irait contre leurs intérêts et qu'elles veulent conserver leurs privilèges, mais parce qu'elles ne comprennent toujours pas le problème. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: scrutin uninominal à deux tours
Posté par kantien . En réponse au journal De la démocratie et des systèmes de vote. Évalué à 3.
Et ce n'est pas près de changer. ;-)
La première élection majeure à laquelle j'ai participé était la présidentielle de 2002. Je connaissais déjà à l'époque le paradoxe de Condorcet et le théorème d'Arrow; j'avais essayé de convaincre mes proches du risque de voir Le Pen au second tour du fait de la multiplication de petites listes au premier tour, et donc du risque d'éparpillement des voix de gauche. On me regardait comme un fou excentrique à vouloir remettre le scrutin uninominal à deux tours en cause.
Suite à l'élection, j'ai participé en tant qu'auditeur à une conférence sur le résultat organisée par un ami qui faisait à l'époque sa thèse en philosophie politique à l'EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales). Parmi les intervenants, il y avait une statisticienne d'un institut de sondage et deux politologues. La première défendait sa chapelle qui n'avait pas prévu l'issue du premier tour, et les seconds cherchaient à comprendre comment les idées du FN avait pu prendre le pas sur celles de la gauche. Naïf comme je l'étais à l'époque, au moment des questions du public, je leur ai demandé si le problème ne venait pas plutôt du mode de scrutin : aucun n'a compris le problème, que ce soit parmi les intervenants ou parmi l'assemblée présente. Même la statisticienne, pourtant mathématicienne, ignorait ces résultats.
Pour être honnête, treize ans plus tard la situation n'a guère changé : il est quasi impossible de faire comprendre les défauts majeurs de ce mode de scrutin, même auprès des personnes qui seraient le plus à même de le changer. Non parce que cela irait contre leurs intérêts et qu'elles veulent conserver leurs privilèges, mais parce qu'elles ne comprennent toujours pas le problème. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.