Merci pour ce billet didactique et stimulant !
J'ajoute ce commentaire pour ouvrir à d'autres références —éventuellement critiques— sur la question.
Par exemple, «Y a-t-il démocratie sans participation ?» du politologue Antony Todorov (in SociologieS, novembre 2009), qui compare l'histoire et le modèle politique des Europes de l'est et de l'ouest pour comprendre la moindre participation électorale à l'est par rapport à l'Ouest aujourd'hui.
On peut notamment y lire (§ 11-12) :
Le gouvernement représentatif, tout en ayant des origines aristocratiques et étant né dans les luttes entre la couronne et la noblesse, se démocratise avec l’extension du suffrage et des libertés publiques. La formule même de démocratie représentative, terme qu’on emploie aujourd’hui pour distinguer ce régime du modèle de la démocratie directe de l’Antiquité, exige un citoyen participant. En même temps le terme de démocratie représentative révèle une contradiction interne, car la représentation est en effet une division du travail politique entre compétents et incompétents, entre citoyens actifs et citoyens passifs, entre gouvernants et gouvernés. La démocratie représentative est un régime qui maintient comme faisant partie de sa nature la distinction des actifs et des passifs, des citoyens engagés et des citoyens non engagés. C’est cette distinction qui produit les effets de la non-participation, du désengagement citoyen dans des régimes démocratiques contemporains. Il s’agit là d’une cause profonde, structurelle, du désengagement, non un effet de la conjoncture.
Il y a évidemment d’autres explications du phénomène du désengagement démocratique. D’un côté, ce sont les théories élitistes qui, en principe, considèrent que le peuple a des ressources et des compétences politiques limitées et que la participation citoyenne n’est pas la condition de l’efficacité de la démocratie. De l’autre, ce sont les théories du désenchantement démocratique, qui expliquent le phénomène de la non-participation par l’établissement d’un consensus sur les principes des institutions démocratiques qui ne sont plus mises en questions, mais dans lequel l’attitude envers la politique des gouvernements est de plus en plus critique et exigeante.
# Références
Posté par muchos (site web personnel) . En réponse au journal De la démocratie et des systèmes de vote. Évalué à 2.
Merci pour ce billet didactique et stimulant !
J'ajoute ce commentaire pour ouvrir à d'autres références —éventuellement critiques— sur la question.
Par exemple, «Y a-t-il démocratie sans participation ?» du politologue Antony Todorov (in SociologieS, novembre 2009), qui compare l'histoire et le modèle politique des Europes de l'est et de l'ouest pour comprendre la moindre participation électorale à l'est par rapport à l'Ouest aujourd'hui.
On peut notamment y lire (§ 11-12) :
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