• [^] # Re: Juste un point

    Posté par . En réponse au journal "Tout le monde peut être une cible". Évalué à 3.

    Merci pour ton texte très intéressant. Qui raconte de manière bien plus détaillé ce que mon inculture du monde arabe et islamique ne permet pas de détailler. Pour autant, ce texte appuie de manière admirablement bien ce que je viens de dire.

    Je cite des extraits de la conclusion, non pas pour orienter ce que l'auteur a voulu dire, mais ce sont, je pense de manière objective, les points forts qu'il a voulu mettre en avant:

    Ce succès du salafisme profite de la faiblesse déjà ancienne des institutions de l’islam classique. Le discours de ces dernières manque de prises sur le réel depuis des décennies et reste prisonnier, sans créativité, des schémas anciens élaborés patiemment au moyen-âge, avec sagesse et mesure. Depuis trop longtemps, cet islam-là, qui nous est bien plus sympathique que le salafisme, est incapable de répondre avec netteté aux questions posées par la modernité.

    Je ne fais dire que ca. L'islam doit se réformer, seulement il est trop désorganisé pour le faire.

    Je vais également citer sa conclusion en entier, car il est difficile de tronquer un texte. Juste pour comprendre et éviter les malentendus, l'auteur assimile "islam traditionnel" à l'islam pacifique, celui qui était pratiqué jusque là, à l'islam salafiste, qu'il assimile à une nouvelle lecture du Coran.

    Ces constats trop schématiques, et pourtant déjà bien longs, nous indiquent également que demander aux autorités musulmanes de se démarquer des terroristes à coup de pancartes « Not in my name ! » et de condamner les attentats est tout à fait insuffisant. Il ne suffit pas non plus de proposer, comme on le demande souvent, un islam « modéré » face aux extrémistes. J’espère n’être pas un chrétien modéré, et je crois que la demande sous-entendue qui est faite par là n’est pas qu’on ait des musulmans modérés, mais des gens modérément musulmans. L’expression suppose que les salafistes sont davantage musulmans que les autres. Quelle efficacité peut avoir, en ce cas, un tel discours de la modération pour des jeunes précisément attirés par la radicalité du discours salafiste. Seul un discours radical peut, en retour, les en détourner. Mais une radicalité plus profonde, plus authentique, qui peut être, comme le proposent certaines voies musulmanes, une radicalité spirituelle : la recherche de Dieu en soi, la rencontre de Dieu dans la prière personnelle plutôt que dans l’attentat-suicide me paraissent une aventure nettement plus radicale, si on la poursuit sérieusement. Dans cette voie, la tradition islamique aurait bien des richesses, aujourd’hui largement inexploitées, à faire valoir. Saura-t-elle le faire dans les années qui viennent ? Ce serait, il me semble, une des rares façons de sortir par le haut de ces luttes sanglantes ; mais la réponse appartient évidemment aux musulmans eux-mêmes.

    J'approuve, c'est évidemment aux musulmans eux-mêmes de trouver la solution. Et aux imams de sortir de leurs schémas ancestraux pour trouver des réponses au monde moderne. Je ne dis que ca.