• # Un contrepoint

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [HS] Ils ont gagné cette bataille. Évalué à 8. Dernière modification le 23 novembre 2015 à 10:56.

    Je suis globalement d'accord avec ce qui est dit dans le journal. Moi aussi je m'inquiète de ce qui apparait comme une dérive ultra-sécuritaire, les demandes de modification de la constitution, l'envie de se passer de l'avis des juges et donc la remise en cause de la séparation des pouvoirs, etc.

    Mais c'est intéressant de discuter de ça avec quelqu'un (ma soeur en l’occurrence) qui n'est pas du tout du même avis. Pour elle le gouvernement ne va pas assez loin, les politiques sont dans l'affichage de la fermeté mais en réalité le laxisme règne.
    Elle m'a cité un fait dont je n'avais pas connaissance : On sait que certaines personnes, jugées potentiellement dangereuses, ont été assignées à résidence dans le cadre de l'état d'urgence. Cela peut être des gens qui sont partis faire le jihad en Syrie et qui sont maintenant revenus en France. Comme ils n'ont pas commis de délit ou de crime en France ils ne peuvent être condamnés mais, du fait de leur engagement en Syrie, il faut clairement les surveiller de très très près. Et à la suite des attentats on les a assignés à résidence.

    Mais comment est-ce qu'on contrôle que ces gens respectent cette obligation d'assignation à résidence ?
    Extrait du Parisien :

    L'Assemblée nationale a voté jeudi 19/11 le recours au bracelet électronique pour contrôler certains assignés à résidence.

    Moi je lis ça je me dis à priori que c'est pas mal. Il faut bien surveiller l'application de l'assignation à résidence sinon cela n'est qu'une mesure vide de sens.
    Mais continuons la lecture du Parisien :

    L'amendement du gouvernement précise que seront concernées les personnes assignées à résidence qui ont été condamnées à une peine privative de liberté pour un crime qualifié d'acte de terrorisme ou pour un délit recevant la même qualification puni de dix ans d'emprisonnement.

    Ah déjà c'est moins bien. En gros on ne va vraiment surveiller que les gens qui ont déjà été condamnés pour terrorisme. Le mec qui est parti égorger des gens en Syrie et qui est revenu en France cela ne le concerne pas. On ne peut pas lui mettre de bracelet électronique. C'est con.
    Et ce n'est pas fini :

    Il faudra l'accord de la personne concernée recueilli par écrit.

    WTF ???
    Donc même pour ceux qui ont déjà été condamné pour terrorisme il faudra leur accord par écrit pour leur poser un bracelet électronique !!!!
    Franchement cette mesure c'est du foutage de gueule pur et simple. On assigné des gens à résidence (entre 20h et 6h) et on peut en aucun cas les contrôler pour s'assurer qu'ils respectent leur obligation. Le mec veut prendre une kalash et aller tirer des rafales peut parfaitement le faire sans que quiconque soit au courant de ses déplacements.

    Donc cet argument m'a fait réfléchir sur nos présupposés quand on réagit à ces événements. Moi je ne vois que les atteintes aux libertés, l'état policier, les politiques cyniques qui font avancer leur agenda en profitant de l'émotion causée par les attentats.
    Ma soeur elle ne voit que les mesures grotesques et inutiles qui ne sont qu'un affichage sans aucune portée réelle en terme de protection des citoyens.
    Et j'ai l'impression que nous avons tous les deux raison...