Dans la phrase citée, je regrette le "j'eusse" qui aurait dû être "j'aurais". Et il y a une espace manquante avant le point d'exclamation dans "(à la campagne !)" ce qui est inacceptable en typo française. Mais la publication en ligne ignore les espaces insécables lors des retours à la ligne. Il ne faut donc pas s'étonner à y voir les ponctuations hautes traitées à l'anglaise.
Ceci étant, la littérature sur l'art de ponctuer est quasiment inexistante. Je me suis penché sur la question il y a bien des années, j'ai écumé je ne sais combien de librairies. J'ai fini par trouver l'un très rares livres consacrés à ce sujet : Traité de la ponctuation française par Jacques Drillon, chez Gallimard.
La première partie du Drillon est un monument d'érudition et justifie à lui seul l'achat de ce livre. Je suis plus nuancé sur le restant de l'ouvrage ; et l'auteur, lui-même, avoue ne pas avoir tout compris.
Des grammairiens, il en existe à la pelle. Mais il ne s'en n'est jamais trouvé récemment aucun, à ma connaissance, à se risquer à discourir sur la ponctuation dans son ensemble ; pas plus que l'Académie française.
Chacun y va de sa petite théorie, de ses petits conseils. Quand on fait le tour de l'Internet, on finit par avoir le tournis avec les affirmations péremptoires qui contredisent celles des autres. Il y a les éditeurs et leurs auteurs. Bien peu savent la part prise par l'éditeur dans la retouche d'un manuscrit. Là, le Drillon est précieux.
J'ai fini par penser que la ponctuation ne relevait pas de règles réglementaires (personne n'a jamais légiféré sur la chose !) ni de la simple logique ou du simple bon sens. S'il existait une logique à la ponctuation, il serait aisé de coder un logiciel. À ma connaissance, ceci n'a jamais été fait. Donc, ce n'est pas une question d’algorithme. Reste que chacun, quelque soit son niveau culturel, son âge, son milieu... sent quand un texte est mal ponctué. Et plusieurs personnes d'origines diverses peuvent toutes tomber d'accord sur le fait qu'il puisse exister un problème de ponctuation sur un même texte qui leur est soumis.
Il est constant d'être plus apte à détecter la mauvaise ponctuation d'autrui qu'à se ponctuer correctement!
Mon approche de la ponctuation, telle que celle dans mon petit essai, vise à considérer en premier l'ergonomie avant que de triturer la logique. Les questions que je me pose toujours : qui est mon lecteur, quelle est la police de caractère, quel est la longueur de la ligne, quelle est la hauteur de la page, une ou plusieurs colonnes... En second, le style : relève-t-il du dialogue, de la rêverie...
Il y a la méthode respiratoire, certes. Mais je renvoie au Drillon qui y dit bien des choses.
En l'état de mes cogitations, je crois qu'on gagne à considérer l'ergonomie de l'ouvrage et le style de l’œuvre dans la ponctuation.
[^] # Re: Essai sur la ponctuation
Posté par Denis Bernard . En réponse au journal Et si l'on pensai ? Enfin je veux dire et si l'on pensai par soi même, ça donnerai quoi ?. Évalué à 3.
Dans la phrase citée, je regrette le "j'eusse" qui aurait dû être "j'aurais". Et il y a une espace manquante avant le point d'exclamation dans "(à la campagne !)" ce qui est inacceptable en typo française. Mais la publication en ligne ignore les espaces insécables lors des retours à la ligne. Il ne faut donc pas s'étonner à y voir les ponctuations hautes traitées à l'anglaise.
Ceci étant, la littérature sur l'art de ponctuer est quasiment inexistante. Je me suis penché sur la question il y a bien des années, j'ai écumé je ne sais combien de librairies. J'ai fini par trouver l'un très rares livres consacrés à ce sujet : Traité de la ponctuation française par Jacques Drillon, chez Gallimard.
La première partie du Drillon est un monument d'érudition et justifie à lui seul l'achat de ce livre. Je suis plus nuancé sur le restant de l'ouvrage ; et l'auteur, lui-même, avoue ne pas avoir tout compris.
Des grammairiens, il en existe à la pelle. Mais il ne s'en n'est jamais trouvé récemment aucun, à ma connaissance, à se risquer à discourir sur la ponctuation dans son ensemble ; pas plus que l'Académie française.
Chacun y va de sa petite théorie, de ses petits conseils. Quand on fait le tour de l'Internet, on finit par avoir le tournis avec les affirmations péremptoires qui contredisent celles des autres. Il y a les éditeurs et leurs auteurs. Bien peu savent la part prise par l'éditeur dans la retouche d'un manuscrit. Là, le Drillon est précieux.
J'ai fini par penser que la ponctuation ne relevait pas de règles réglementaires (personne n'a jamais légiféré sur la chose !) ni de la simple logique ou du simple bon sens. S'il existait une logique à la ponctuation, il serait aisé de coder un logiciel. À ma connaissance, ceci n'a jamais été fait. Donc, ce n'est pas une question d’algorithme. Reste que chacun, quelque soit son niveau culturel, son âge, son milieu... sent quand un texte est mal ponctué. Et plusieurs personnes d'origines diverses peuvent toutes tomber d'accord sur le fait qu'il puisse exister un problème de ponctuation sur un même texte qui leur est soumis.
Il est constant d'être plus apte à détecter la mauvaise ponctuation d'autrui qu'à se ponctuer correctement!
Mon approche de la ponctuation, telle que celle dans mon petit essai, vise à considérer en premier l'ergonomie avant que de triturer la logique. Les questions que je me pose toujours : qui est mon lecteur, quelle est la police de caractère, quel est la longueur de la ligne, quelle est la hauteur de la page, une ou plusieurs colonnes... En second, le style : relève-t-il du dialogue, de la rêverie...
Il y a la méthode respiratoire, certes. Mais je renvoie au Drillon qui y dit bien des choses.
En l'état de mes cogitations, je crois qu'on gagne à considérer l'ergonomie de l'ouvrage et le style de l’œuvre dans la ponctuation.