• [^] # Re: J'ai hésité

    Posté par . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 10.

    Le mieux à faire est probablement d'y revenir, militairement, et après le nettoyage y rester pour maintenir une grande stabilité. Contrairement à l'Irak 2003, une telle intervention ne serait plus réellement perçue par les locaux comme une invasion "gratuite" mais comme une libération ce qui changerait bien des choses...

    C'est ce qu'on fait les USA en Irak. Ils sont restés former une armée et des policiers. Ils ont instauré un semblant d'état stable, selon leurs critères en mettant en place un président qu'ils connaissaient. Ils patrouillaient pour venir en soutient aux forces locales qu'ils tentaient de reconstruire.

    Au final, les USA ont été perçue comme force d'occupation, leur système mis en place comme un système de collaboration. La police et l'armée a probablement été minée par de nouvelles recrues ayant un autre agenda que celui de restaurer leur pays.

    Pour ma part, étant un ancien militaire, j'ai vécu l'hostilité de certains locaux suite à une intervention militaire alors que notre rôle était la stabilisation de la situation (du jour 0 à quelques mois après l'intervention). Il ne faut pas croire que tous sont contents quand une guerre s'arrête ou qu'on empêche de faire des affaires (trafic en tout genre, règlements de compte, « assainissement » culturel...). On passe alors dans une sorte de guerre psychologique qui tend à faire passer le « libérateur » pour un occupant en soufflant le chaud et le froid : forcer des ripostes militaires ou une plus grande visibilité de l'armée du « libérateur » en attaquant ce qu'il tente d'instaurer, organiser la contrebande ou la distribution de ravitaillement pour s'assurer la sympathie de la population.

    Il faut également compter sur le fait qu'une population se sent de moins en moins libérée pendant le temps qu'une force étrangère reste sur place.

    The capacity of the human mind for swallowing nonsense and spewing it forth in violent and repressive action has never yet been plumbed. -- Robert A. Heinlein