Bien que j'aie certaines critiques de forme sur la lettre (les problèmes soulevés sont maladroitement présentés), je partage une partie des interrogations.
Pour moi, il y a plusieurs questions (et qui sont toutes politiques au sens large, mais selon des registres distincts):
-la collusion recherche publique/recherche privée. La question du mode de financement est évidemment cruciale. Comment garantir l'indépendance de la recherche publique, pour qu'elle soit au service des citoyens? Comment faire pour que les connaissances et les richesses produites ne soient pas détournés indûment et profitent à tous?
-vers quel modèle de société voulons-nous nous diriger? N'en déplaise à certains débatteurs, les robots de compagnie sont un objectif tangible et réel. Au nom de quoi le faisons-nous? Quelle est l'utilité sociale? Quelles en sont les conséquences pour les salariés de l'aide à la personne, pour les bénéficiaires (en gros: les personnes âgée ou dépendantes)? Quelle incidence sur le lien social, sur notre rapport aux autres? Car bien évidemment, les questions que posent notre rapport aux machines nous renvoient toujours à nous-même: on n'est pas tant effrayés ou admiratifs des machines en elle-même que de ce qu'elles transforment l'humain
-enfin, quelle est la place du chercheur dans ce débat, Là, il faut distinguer deux choses: le chercheur est situé socialement, donc on doit se poser concrètement la question de ses intérêts en tant qu'individu (cela rejoint la première question, sur son indépendance intellectuelle et financière). Et puis, du point de vue citoyen, quelle est sa responsabilité dans les changements qu'il induit? Quelle est aussi notre responsabilité de citoyen dans les applications de la recherche scientifique?
Personnellement, même si je pense que la recherche fondamentale, au même titre que la recherche artistique, devrait être absolument libre, cette position est très théorique et il faut y adjoindre de très sérieux garde-fous.
Par exemple, chacun et chacune devrait être en mesure d'en comprendre les enjeux (ce qui ne signifie pas d'en avoir une connaissance aussi approfondie que les chercheurs eux-même, ce qui serait impossible) (c'est pourquoi la vulgarisation scientifique me semble très importante, et de façon générale, le niveau d'éducation le plus élevé possible)
N'oublions pas que de nombreux physiciens ont pris position pour s'opposer à l'arme atomique...
# Mon avis!
Posté par paralax . En réponse au journal Lettre ouverte à Philippe Souères, roboticien (revue Z). Évalué à 5. Dernière modification le 12 octobre 2015 à 17:07.
Bien que j'aie certaines critiques de forme sur la lettre (les problèmes soulevés sont maladroitement présentés), je partage une partie des interrogations.
Pour moi, il y a plusieurs questions (et qui sont toutes politiques au sens large, mais selon des registres distincts):
-la collusion recherche publique/recherche privée. La question du mode de financement est évidemment cruciale. Comment garantir l'indépendance de la recherche publique, pour qu'elle soit au service des citoyens? Comment faire pour que les connaissances et les richesses produites ne soient pas détournés indûment et profitent à tous?
-vers quel modèle de société voulons-nous nous diriger? N'en déplaise à certains débatteurs, les robots de compagnie sont un objectif tangible et réel. Au nom de quoi le faisons-nous? Quelle est l'utilité sociale? Quelles en sont les conséquences pour les salariés de l'aide à la personne, pour les bénéficiaires (en gros: les personnes âgée ou dépendantes)? Quelle incidence sur le lien social, sur notre rapport aux autres? Car bien évidemment, les questions que posent notre rapport aux machines nous renvoient toujours à nous-même: on n'est pas tant effrayés ou admiratifs des machines en elle-même que de ce qu'elles transforment l'humain
-enfin, quelle est la place du chercheur dans ce débat, Là, il faut distinguer deux choses: le chercheur est situé socialement, donc on doit se poser concrètement la question de ses intérêts en tant qu'individu (cela rejoint la première question, sur son indépendance intellectuelle et financière). Et puis, du point de vue citoyen, quelle est sa responsabilité dans les changements qu'il induit? Quelle est aussi notre responsabilité de citoyen dans les applications de la recherche scientifique?
Personnellement, même si je pense que la recherche fondamentale, au même titre que la recherche artistique, devrait être absolument libre, cette position est très théorique et il faut y adjoindre de très sérieux garde-fous.
Par exemple, chacun et chacune devrait être en mesure d'en comprendre les enjeux (ce qui ne signifie pas d'en avoir une connaissance aussi approfondie que les chercheurs eux-même, ce qui serait impossible) (c'est pourquoi la vulgarisation scientifique me semble très importante, et de façon générale, le niveau d'éducation le plus élevé possible)
N'oublions pas que de nombreux physiciens ont pris position pour s'opposer à l'arme atomique...