Posté par anaseto .
En réponse à la dépêche Sortie d’Ubuntu 15.10.
Évalué à 3.
Dernière modification le 25 octobre 2015 à 20:49.
Ici par détail insignifiant, dans le contexte, j'entendais le fait d'accorder beaucoup d'importance à un idiotisme (« langue de Molière » par exemple ici), que ce soit pour le critiquer ou le défendre, car un idiotisme ne fait pas partie des fondements logiques grammaticaux et sémantiques de la langue.
Pour revenir à la comparaison, pense que même le langage de programmation avec le plus d'idiotismes en a (heureusement probablement) beaucoup moins que la plus simple des langues naturelles. Un idiotisme par définition est une expression figée, très souvent non compréhensible par un non initié. Parfois, ça ajoute une nuance dans un certain contexte qui apporte un ressenti différent pour ceux qui la connaissent (peut-être le cas ici avec « langue de Molière », mais je ne saurais pas trop dire sur ce cas particulier si je ressens quelque chose de différent qu'avec juste « langue française »), d'autres fois ça permet d'être plus concis, ironique etc. Mais cet effet n'est effectif, que si le lecteur connaît l'expression ; autrement, plutôt que d'apporter un ressenti spécial, l'idiotisme rend le texte juste moins fluide. Dans le cas de « langue de Molière » on peut raisonnablement espérer que cela n'affecte presque que des étrangers qui apprendraient le français, mais j'en mettrais pas ma main au feu non plus.
Bref, les idiotismes ont leur utilité parfois, apparaissent spontanément dans toutes les langues naturelles et permettent d'ajouter un peu de piment et certaines nuances, mais on ne peut pas les défendre comme quelque chose de vraiment carré, généralisable (impossible c'est une locution propre par définition) et qui s'intègre en toute logique avec le reste de la langue et dont un abus serait raisonnable : il faut les apprendre par cœur, car leur sens la plupart du temps ne découle pas de façon non ambiguë et intuitive des mots qui les composent (je pense que quand j'étais petit, au début « langue de Molière » signifiait pour moi « la façon d'utiliser la langue française de Molière » ou quelque chose comme ça).
Ceci dit, tu semblais plutôt penser à des règles comme les accords ou les accents (que je ne visais pas spécialement), mais même à ce niveau, la langue française a bien des irrégularités (« chacals » mais « chevaux », etc.), qui complexifient la langue inutilement sans apporter aucune nuance ni amélioration de l'expression. Donc si les langages de programmation c'est de l'orthographe et de la grammaire, les langues naturelles (et particulièrement le français), c'est de l'orthographe, de la grammaire, des idiotismes et des exceptions, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Si les langages de programmation évoluent pour faciliter le plus possible la vie du développeur, et éliminer le plus possible d'obstacles à son activité, on est en droit d'attendre la même chose des langues.
[^] # Re: Mais arrêter avec "votre langue de Molière"!
Posté par anaseto . En réponse à la dépêche Sortie d’Ubuntu 15.10. Évalué à 3. Dernière modification le 25 octobre 2015 à 20:49.
Ici par détail insignifiant, dans le contexte, j'entendais le fait d'accorder beaucoup d'importance à un idiotisme (« langue de Molière » par exemple ici), que ce soit pour le critiquer ou le défendre, car un idiotisme ne fait pas partie des fondements logiques grammaticaux et sémantiques de la langue.
Pour revenir à la comparaison, pense que même le langage de programmation avec le plus d'idiotismes en a (heureusement probablement) beaucoup moins que la plus simple des langues naturelles. Un idiotisme par définition est une expression figée, très souvent non compréhensible par un non initié. Parfois, ça ajoute une nuance dans un certain contexte qui apporte un ressenti différent pour ceux qui la connaissent (peut-être le cas ici avec « langue de Molière », mais je ne saurais pas trop dire sur ce cas particulier si je ressens quelque chose de différent qu'avec juste « langue française »), d'autres fois ça permet d'être plus concis, ironique etc. Mais cet effet n'est effectif, que si le lecteur connaît l'expression ; autrement, plutôt que d'apporter un ressenti spécial, l'idiotisme rend le texte juste moins fluide. Dans le cas de « langue de Molière » on peut raisonnablement espérer que cela n'affecte presque que des étrangers qui apprendraient le français, mais j'en mettrais pas ma main au feu non plus.
Bref, les idiotismes ont leur utilité parfois, apparaissent spontanément dans toutes les langues naturelles et permettent d'ajouter un peu de piment et certaines nuances, mais on ne peut pas les défendre comme quelque chose de vraiment carré, généralisable (impossible c'est une locution propre par définition) et qui s'intègre en toute logique avec le reste de la langue et dont un abus serait raisonnable : il faut les apprendre par cœur, car leur sens la plupart du temps ne découle pas de façon non ambiguë et intuitive des mots qui les composent (je pense que quand j'étais petit, au début « langue de Molière » signifiait pour moi « la façon d'utiliser la langue française de Molière » ou quelque chose comme ça).
Ceci dit, tu semblais plutôt penser à des règles comme les accords ou les accents (que je ne visais pas spécialement), mais même à ce niveau, la langue française a bien des irrégularités (« chacals » mais « chevaux », etc.), qui complexifient la langue inutilement sans apporter aucune nuance ni amélioration de l'expression. Donc si les langages de programmation c'est de l'orthographe et de la grammaire, les langues naturelles (et particulièrement le français), c'est de l'orthographe, de la grammaire, des idiotismes et des exceptions, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Si les langages de programmation évoluent pour faciliter le plus possible la vie du développeur, et éliminer le plus possible d'obstacles à son activité, on est en droit d'attendre la même chose des langues.