Oui oui, de toutes manières mon raccourci était rapide : déja sous Chirac les EPST (et en particulier le CNRS) ont pris cher.
les direction de l'innovation sont souvent vues comme un remplacement de la R&D en entreprise
On a un très grave problème en France, c'est que la R&D n'est pas prise en charge par le secteur privé. Il y a toujours un peu de bricolage, ou des effets d'affichage, mais très très peu de grandes boites considèrent que la R&D est rentable. On peut d'ailleurs voir que les niches fiscales (type CIR) sont très largement détournées pour financer des trucs réétiquetés "R&D", mais qui n'en sont pas vraiment sur le fond. La conséquence, c'est que le secteur public doit assurer une partie du R&D rentable (personnellement, je n'ai jamais compris pourquoi le CNRS déposait autant de brevets : le jour où la recherche devient une activité rentable malgré le carcan administratif de l'État, le privé devrait se jeter dans la brèche). De fait, la France tient encore à peu près sa place dans le jeu international de la recherche, mais c'est au prix d'un investissement public assez gros, qui devient problématique en période de vaches maigres budgétaires, et au prix d'un financement tiers-mondiste de la plupart des labos et des universités, qui pose un problème à moyen-terme.
[^] # Re: Si on se met à récompenser les articles de Noël du BMJ, aussi...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Prix Ig Nobel de 2015. Évalué à 6.
Oui oui, de toutes manières mon raccourci était rapide : déja sous Chirac les EPST (et en particulier le CNRS) ont pris cher.
On a un très grave problème en France, c'est que la R&D n'est pas prise en charge par le secteur privé. Il y a toujours un peu de bricolage, ou des effets d'affichage, mais très très peu de grandes boites considèrent que la R&D est rentable. On peut d'ailleurs voir que les niches fiscales (type CIR) sont très largement détournées pour financer des trucs réétiquetés "R&D", mais qui n'en sont pas vraiment sur le fond. La conséquence, c'est que le secteur public doit assurer une partie du R&D rentable (personnellement, je n'ai jamais compris pourquoi le CNRS déposait autant de brevets : le jour où la recherche devient une activité rentable malgré le carcan administratif de l'État, le privé devrait se jeter dans la brèche). De fait, la France tient encore à peu près sa place dans le jeu international de la recherche, mais c'est au prix d'un investissement public assez gros, qui devient problématique en période de vaches maigres budgétaires, et au prix d'un financement tiers-mondiste de la plupart des labos et des universités, qui pose un problème à moyen-terme.