• [^] # Re: Pas spécialement stressant

    Posté par . En réponse au journal Psychologie, science et reproductibilité. Évalué à 7.

    Reste que pour établir une relation de cause à effet (on sera d'accord pour dire que c'est souvent le propos de la science)

    En fait, c'est pas si rare qu'on s'en foute, de la causalité. Je vais prendre un exemple : on constate, empiriquement, que les gens qui ont un lupus ont beaucoup plus souvent un syndrome des anticorps antiphospholipides (SAPL) que la moyenne. On pourrait le reformuler autrement : les gens qui ont un SAPL ont beaucoup plus souvent un lupus que la moyenne. Quelle est la causalité là-dedans ? Je ne sais pas et je m'en fous. Peut-être que SAPL et lupus ne sont que deux manifestations d'une même maladie à l'expression variable. Peut-être que le lupus est la cause du SAPL, ou l'inverse. Peut-être qu'ils ont une cause commune, ce qui n'est pas très différent de ma première hypothèse. Mais peu importe. Ce qui est important, c'est que quand moi, médecin, je suis face à un patient qui a un lupus, je me dois de rechercher un SAPL pour le traiter aussi. Je n'ai pas besoin de savoir qui est la poule et qui est l'œuf : j'ai juste besoin de savoir quoi chercher.

    Par contre, quand il s'agit d'évaluer l'impact d'une intervention (médicament, chirurgie, rééducation, whatever), alors là, oui, il est important de prouver la causalité. C'est pourquoi on tire les groupes au hasard. En fait, on ne fait pas que les tirer au hasard : souvent, on vérifie, voire on assure la comparabilité entre les groupes. Par exemple, si on teste un médicament antidiabétique, on va créer des catégories de poids et tirer au sort autant de personnes de chaque catégorie dans chaque groupe.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.