Je ne suis absolument pas d'accord. La conclusion de l'expérience, c'est qu'on a montré un effet significatif du facteur causal (la manipulation du nombre d'oeufs) dans les conditions de l'expérience. [...]
Ok là dessus, ma vision extrémiste (l'intégralité des paramètres) découlait sûrement d'une vision d'informaticien. Reste que pour établir une relation de cause à effet (on sera d'accord pour dire que c'est souvent le propos de la science), il faut d'une manière au d'une autre "maîtriser" les autres paramètres qui pourraient influencer. Soit directement en maîtrisant les conditions expérimentales, soit avec des outils statistiques (p-values etc.).
Pour ce qui est du processus de découverte, la vision des choses que j'ai c'est que l'on ne manque pas d'idées et d'hypothèses. Plus que d'avoir de bonnes idées/hypothèses, il est important d'éliminer les mauvaises. Ce que j'ai l'impression qu'on fait de moins en moins. Une idée originale bien rédigée mais très mal vérifiée sera publiée sans problème. Un papier de vérification, jamais. Il me semble que les études scientifiques n'ont jamais été d'aussi mauvaise qualité. Parce qu'on ne vérifie plus ce qu'on fait.
C'est l'idéologie qu'il y a derrière les systèmes de financement "modernes", type ANR ou ERC.
Par moins bordéliques, j'entendais arrêter de publier des conneries. Si on recommençait un peu à vérifier les pseudo-découvertes (qui découlent d'un protocole expérimental ésotérique), par exemple. Je m'intéressais pas au financement de la recherche. Effectivement la tendance actuelle qui encourage à publier, publier, publier (faut aussi avoir un gros h-index pour choper l'ANR) et les journaux/conférences qui veulent que des idées fancy, ça amène a de la mauvaise science. Le problème est qu'on ne veut plus entendre parler d'expériences qui marchent pas, d'hypothèses qu'on a invalidé. On a pas inventé une méthode magique pour ne faire que des expériences qui marchent, on a juste appris à éviter de trop mentionner les limites des résultats (et à pas trop s'attarder sur ce qui marche pas, hein, faut pas déconner) pour publier le plus vite possible.
il est strictement impossible qu'une nouvelle idée soit jugée pertinente par les experts de la discipline
Bien sur que si, sinon la science ne progresserait jamais ! Bien sur que les idées nouvelles finissent par adoptées, si elles sont justes. La science est peut-être conservatrice et a du mal à se remettre en cause, parce que les humains sont naturellement conservateurs. Mais la science est surement une des "institutions" les moins conservatrices, si on compare par exemple à la politique, l'église ou que-sais-je.
[^] # Re: Pas spécialement stressant
Posté par X345 . En réponse au journal Psychologie, science et reproductibilité. Évalué à 4.
Ok là dessus, ma vision extrémiste (l'intégralité des paramètres) découlait sûrement d'une vision d'informaticien. Reste que pour établir une relation de cause à effet (on sera d'accord pour dire que c'est souvent le propos de la science), il faut d'une manière au d'une autre "maîtriser" les autres paramètres qui pourraient influencer. Soit directement en maîtrisant les conditions expérimentales, soit avec des outils statistiques (p-values etc.).
Pour ce qui est du processus de découverte, la vision des choses que j'ai c'est que l'on ne manque pas d'idées et d'hypothèses. Plus que d'avoir de bonnes idées/hypothèses, il est important d'éliminer les mauvaises. Ce que j'ai l'impression qu'on fait de moins en moins. Une idée originale bien rédigée mais très mal vérifiée sera publiée sans problème. Un papier de vérification, jamais. Il me semble que les études scientifiques n'ont jamais été d'aussi mauvaise qualité. Parce qu'on ne vérifie plus ce qu'on fait.
Par moins bordéliques, j'entendais arrêter de publier des conneries. Si on recommençait un peu à vérifier les pseudo-découvertes (qui découlent d'un protocole expérimental ésotérique), par exemple. Je m'intéressais pas au financement de la recherche. Effectivement la tendance actuelle qui encourage à publier, publier, publier (faut aussi avoir un gros h-index pour choper l'ANR) et les journaux/conférences qui veulent que des idées fancy, ça amène a de la mauvaise science. Le problème est qu'on ne veut plus entendre parler d'expériences qui marchent pas, d'hypothèses qu'on a invalidé. On a pas inventé une méthode magique pour ne faire que des expériences qui marchent, on a juste appris à éviter de trop mentionner les limites des résultats (et à pas trop s'attarder sur ce qui marche pas, hein, faut pas déconner) pour publier le plus vite possible.
Bien sur que si, sinon la science ne progresserait jamais ! Bien sur que les idées nouvelles finissent par adoptées, si elles sont justes. La science est peut-être conservatrice et a du mal à se remettre en cause, parce que les humains sont naturellement conservateurs. Mais la science est surement une des "institutions" les moins conservatrices, si on compare par exemple à la politique, l'église ou que-sais-je.