• [^] # Re: Install party Debian GNU/Linux à Dijon - Bilan

    Posté par . En réponse à la dépêche Install party Debian GNU/Linux à Dijon - Bilan. Évalué à 4.

    Membre de PRINT, je parle cependant en mon nom.

    J'assume pour ma part le fait de ne pas séduir les patrons. Ils ne m'intéressent pas. Insérer GNU/Linux dans l'entreprise, ce n'est tout simplement pas mon combat.

    Les logiciels libres m'intéressent dans la mesure ou ils montrent la viabilité d'un système de production basé sur le volontariat et la coopération, qui n'a pas grand chose à voir avec le mode de production capitaliste. Ils m'intéressent dans la mesure ou ils permettent aux utilisateurs/trices un contrôle sur leurs outils, excitent la curiosité et stimulent la participation. Le logiciel libre a été créé pour faire face au logiciel propriétaire, qui est une offensive menée contre la liberté - offensive technologique, mais aussi offensive politique. Le logiciel libre est bel et bien un outil de résistance. Et s'il se trouve que c'est un chouette joujou - on peut s'abreuver de ses techniques et être ivre de bidouillage, sa spécificité, je pense, tient surtout à son éthique.

    Or, je n'attend pas d'un chef d'entreprise qu'il adhère aux principes du logiciel libre, quand son but est d'accroitre son chiffre d'affaire. A de rares exceptions, tout au plus soutiendra-t-il en façade, car il a tout à y gagner: moins de dépenses pour plus de qualité. Est-ce vraiment ce que nous voulons? Sommes-nous à ce point aveuglé-e-s par la technique pour perdre de vue toute conséquence pratique et politique? Si les entreprises avaient à coeur l'épanouissement de toutes et tous, ça se saurait depuis longtemps. Etrangement, ça fait des siècles que les "décideurs" vivent pour leur gueule en s'asseyant sur le reste de la population (et que des gens luttent contre). Il serait temps d'apprendre la leçon. Alors militer pour aider les marchands à faire plus de pognon et assoir leur pouvoir, très peu pour moi.

    Je prend acte du fait qu'on vit dans un monde de hiérarchie et de compétition, qui encourage chacun-e à grimper sur les autres contre du fric et de la reconnaissance sociale. C'est précisemment ce à quoi je m'oppose, et la raison de mon choix en faveur d'un mode de vie basé sur la solidarité et la recherche d'alternatives. Dans ce cadre, les logiciels libres s'imposent, tant les pratiques sont similaires: la mutualisation des savoirs et la coopération productive mises en oeuvre dans le logiciel libre me semblent logiquement s'inscrire en continuité du soucis collectif et égalitaire qui caractérise, par exemple, les squats dans lesquels nous nous impliquons.

    Alors oui, j'assume mon parti pris en faveur d'un logiciel libre militant, d'un logiciel libre qui serve les gens. La base. Les communautés d'individus, et pas les groupes financiers. Pendant ce temps, IBM peut magouiller; mon combat n'est tout simplement pas là.

    Encore une fois, je parle pour moi. Cela dit, il est clair que PRINT axe sa communication en direction des individus lambda, des curieux-ses, des passionné-e-s, des exclu-e-s comme des intégré-e-s. Les gens sont libres de ne pas aimer, mais si on voulait vendre notre soupe, on se couperait les cheveux, on mettrait une cravate et on irait faire des spots à la télé. Sauf qu'on préfère coller des affiches la nuit, faire les poubelles des zones industrielles pour récupérer du matos, boire du café et ouvrir notre porte aux intéressé-e-s. P'tits cons, va ;)