• [^] # Re: Jamais content

    Posté par . En réponse au journal La liberté s'amenuise pour les écoliers. Évalué à 2.

    pourquoi n'est ce pas plus populaire chez les étudiants?

    Une possibilité : parce qu'il y a un fossé entre le discours des enseignants, et leurs pratiques.
    Une autre possibilité : parce que tout le monde ne fonctionne pas de la même manière.

    Expérience personnelle :
    Dès l'entrée en 6ème, au début des années 80, les profs nous ont expliqué que maintenant nous sommes grands, donc ils ne vont plus tout mâcher le travail, il faut prendre des notes. J'ai trouvé cette idée très bonne. J'ai pris des notes dès le départ.
    Mais finalement les profs continuaient à tout écrire au tableau comme en primaire. Certains distribuaient également ou à la place des polycopiés (le prédécesseur de photocopies).
    Une partie d'entre eux ont fait des remarques lorsqu'un élève ne recopiait pas bêtement. Je pense avoir été un des rares (ou le seul ?) de ma classe à ne pas céder à ces remarques destructrices que les profs savent si bien envoyer droit dans le cerveau des élèves. Je suppose que cela n'incite pas à devenir un preneur de notes. J'ai mes deux parents et une grosse partie de ma famille qui étaient enseignants, donc très habitué à ces remarques inacceptables mais néanmoins courantes. Sauf qu'à l'époque je ne me rendais pas compte que c'était leur comportement à eux qui était pourri, je pensais que c'était moi qui était stupide et nul. Étant « paresseux, dilettante, perturbateur etc etc » j'ai continué à prendre des notes car pas la peine de tenter de faire comme tout le monde puisque j'étais trop loin de la normalité.
    Je n'ai aucune idée du volume de notes que j'ai pris. Probablement aucune n'a été relue, l'action de prendre des notes me suffisait.

    À l'entrée en 2nde, même discours sur la prise de notes. Cette fois les profs avaient une bien meilleure attitude vis à vis des élèves prenant des notes (me concernant, je ne sais plus si d'autres prenaient des notes). Mais le progrès étant passé par là, les poly/photo-copiés étaient devenus la normalité pour presque tous les cours. Donc je suppose que cela n'encourageait pas les élèves à devenir preneur de notes. D'autant plus que certains profs avaient des lubies du genre de connaître très exactement telle ou telle formule (le truc classique que l'avenir démontre comme n'étant jamais utile en dehors de l'école), ou tel terme précis (idem, jamais utilisé en entreprise). La prise de notes était donc également une prise de risques, alors qu'en se basant sur la photocopie donnée par le prof on était plus ou moins certain d'avoir les bonnes informations.

    Plus les années ont passé, moins j'ai rempli de pages. En terminale il est même probable que mes notes se soient résumées à 10 pages sur l'année. Probablement aucune n'a été relue.

    Arrivé à l'IUT, re-discours sur la prise de notes.
    Moins de photocopies, plus de choses à saisir sur le vif. Volume de notes plus important.
    Je suppose que les autres élèves prenaient également des notes.

    Après l'IUT j'ai eu presque uniquement des « faux profs » : des gens qui travaillaient en entreprise et qui venaient nous faire cours, je suppose pour repérer ceux qu'ils tenteraient d'embaucher. Je me souviens du PDG d'AFMA Robots (cours d'électronique, orienté puissance et asservissement), et d'un cadre qui venait de partir de chez Sextant Avionique nouvellement créée pour monter sa propre entreprise (même cours que le précédent, l'un en début de semaine, l'autre en fin).
    D'un coup plus besoin de prendre des notes tellement ce qu'ils disaient était évident et limpide. C'est à ce moment que j'ai compris que l'école telle que nous la connaissons a une utilité plus que discutable au delà de savoir lire/écrire/compter (ça c'est un beau troll). J'ai stoppé mes études en fin d'année.

    Depuis je prends souvent des notes, généralement de manière succincte avec un éditeur de texte.

    --> jusqu'en terminale, à cette époque, il n'y avait aucun incitation à prendre des notes. Plutôt le contraire.