• # Mouai

    Posté par . En réponse au journal Série télé : Mr Robot. Évalué à -10. Dernière modification le 03 août 2015 à 07:57.

    Série nulle à chier. Par contre je reconnais qu’ils ont de bons conseillers/consultants informatiques parce qu’elle tient presque bien la route au niveau des explications techniques. Ceci dit le dernier épisode que j’ai pu supporté voir me laisse penser que ça ne durera pas.

    En guise de toute intrigue, c’est bien complotiste à souhait. Le début laissait à penser que les "alter" étaient un pur produit de son imagination, un peu comme A beautiful mind, et là ç’aurait pu être intéressant. Mais ensuite on s’en éloigne alors j’ai laissé tombé. Sûr que ça plaira à certains imbéciles du coin... qui iront ensuite jouer les rebelles d’opérette. Plus de psychologie, plus de social, etc.

    Sinon, sur le projet politique de Google&co, y’a quand même vachement mieux :
    http://www.regards.fr/societe/article/donnez-ces-donnees-les-reprendre
    http://www.humanite.fr/le-futur-que-google-nous-prepare-580502
    http://www.humanite.fr/transhumanisme-utopie-ou-neofascisme-580575

    Si on veut aller par là :

    https://www.youtube.com/watch?v=yfC3G0vfOb4

    ou encore,

    https://www.youtube.com/watch?v=STYu4xGQiCQ

    mais là ça va être plus dur parce la documentariste n’a aucun esprit critique et que c’est donc au spectateur à l’avoir, et le docu. est intéressant parce qu’il montre à voir comment le manque de recul de la documentariste conduit à une violence et une souffrance implacables sur elle :
    https://www.youtube.com/watch?v=STYu4xGQiCQ
    Là on s’éloigne du sujet, mais pas tant que ça, puisqu’il s’agit de la version biologique de ce que défend Google : derrière c’est le même milieu social, assez inculte dès lors qu’il sort de son domaine de prédilection. Vers la fin du documentaire on commence un peu à respirer, mais c’est laborieux, et c’est pour se voir asséner un truc du genre : « ah ben t’es bonne pour faire artiste en fait ». Malheureusement LinuxFR est bien dans cette mentalité là, on fait bien souvent appel à la génétique pour expliquer tout et n’importe quoi. Pourtant il s’agit bien là d’un néo-racisme pur et dur, où les capacités des êtres humains, et donc leur métier, leur activité, leur potentiel seraient totalement déterminés par la génétique.

    Ce qui a de plus paradoxale, c’est que c’est précisément ce malaise face au monde tel qu’il est, que vit la documentariste, qui représente un potentiel de transformation, et donc de progrès, immense. Ce caractère fait d’elle une personne très dangereuse, socialement et politiquement ; ce genre de personnalité est à l’heure actuelle totalement réprimé : elle a tout juste le droit de faire mumuse avec un pinceau, là où elle présentera le moins de danger de transformation de la société.

    Indépendamment de tout projet politique revendiqué, Internet et plus généralement tous les outils informatiques ont des conséquences néfastes dont la destruction des mémoires individuelles et sociales. Il y a eu un excellent article du Diplo. le mois dernier, sur le roman historique et ses évolutions. Il mentionne, entre multitude de choses, la question de la mémoire : or c’est directement en rapport avec le projet politique puisque les individus n’y sont plus inscrits dans une société, une histoire, pas la grande reconstruite et officielle, mais la petite histoire : celle de sa famille, de sa vie, etc.

    C’est une mentalité qui est très largement partagée par ici, car n’a-t-on pas vu tant et tant de couillons prétendre savoir qui je suis rien qu’à la lecture de mes commentaires, tout comme le héros de cette série prétend comprendre les gens grâce à leur compte Facebook, et la série dont tu parles à ce niveau-là en tient une couche carabinée ! Après ça vient chouiner parce que je chie à la gueule des cons nourris au biberon des séries américaines de bas-étage !

    Quant à Google, les résultats qu’il retourne sont... proprement merdiques. Il est dans une rente de situation qui n’a plus rien à voir à ce qui a contribué à son émergence. Son algorithme fonctionnait parce qu’il était adapté à l’Internet de l’époque. Maintenant il participe à l’uniformisation de la culture, au nivellement par le bas. Dès que je veux sortir de l’ordinaire, Je ne trouve de la documentation intéressante qu’en bataillant, en cherchant au détour d’un forum, d’un blog quasi-confidentiel, il n’y a guère que Wikipedia qui est susceptible de servir d’annuaire généraliste grâce aux références données en bas de page. Le problème étant que le moteur de recherche n’établit pas de hiérarchie qualitative, mais se base uniquement sur la quantité de liens. De fait il ne le peut pas. Il faut donc refaire soi-même le boulot et aller de proche en proche pour finir par tomber sur des liens intéressants.

    Autre angle : peu de place n’est laissé à la surprise, on trouve ce qu’on cherche (pourvu que ce soit basique). Internet est très communautarisé. Peu confrontés à l’altérité, les gens deviennent étroits d’esprits, renfermés sur eux-mêmes et se donnent l’illusion d’être sociables en trouvant une communauté qui soit strictement identique à eux-mêmes. Mais puisque l’altérité, le conflit sont inévitables, il devient nécessairement le résultat d’un complot, explication simpliste s’il en est.

    On se vautre dans le combat manichéen, et donc puéril, du bon, forcément faible, contre celui qui nous veut que du mal, forcément surpuissant, pour sauver ce bon peuple aveugle.

    Passionnant.

    Et c’est quand que vous grandissez un peu ?