• [^] # Re: adéquation

    Posté par . En réponse au journal François Hollande visite 42, non mais allô quoi.... Évalué à 10.

    Combien ai-je vu au cours de ma longue carrière de gens qui après avoir été pressé comme des citrons durant quelques années, ont été jetés, se sont retrouvés dans des boulots de merde, mal payés, parce qu'ils étaient incapables, la plupart du temps faute de recul théorique, de s'adapter.
    Combien de gens qui sont au chômage et se disent informaticiens ?

    Le problème, ce n'est pas de connaître un langage, cela s'apprend en 1-2 semaines au maximum, c'est de savoir programmer, c'est-à-dire, de savoir définir un algorithme et l'exprimer en pseudo-code. Le codage, c'est une activité pratiquement mécanique. Alors, les gens qui apprennent un langage (parmi les quelques milliers existant) et qui n'apprennent pratiquement rien d'autre qu'un, deux ou trois langages, sont voués à un futur médiocre.

    J'ai, pour le moins, une longue expérience en programmation. Mon premier programme, c'était en Fortran, en 1964. Depuis, j'ai programmé dans, au moins, une trentaine de langages différents, aussi différents que l'assembler 1620 (tape IBM 1620 dans un moteur qui va bien), assembler 360, COBOL, RPG, PL/1, Occam (tape transputer pour comprendre), Ada, Pascal, Basic, et, évidemment C, etc, etc.

    Et je n'ai même pas fait d'études d'informatique (à l'époque, cela n'existait pas), c'est un peu par hasard que j'ai commencé. J'ai fais une école d'ingénieur en génie électrique, avec une petite spécialisation en télécommunication. Pas une école française, mais suisse (EPFL, à l'époque, elle s'appelait EPUL).
    Mais j'y ai appris une quantité de choses qui n'ont, en apparence, pas grand chose à voir avec l'informatique : math, physique, production et réseaux électriques, électronique, mécanique, hydraulique, résistance des matériaux, etc, etc.
    Cette formation m'a permis de m'adapter à un contexte évolutif, imagine, mon premier programme tournait sur un machine 20 K de mémoire, sans OS, entrée-sortie par ruban perforé, impression sur machine à écrire mécanique. Le dernier projet que j'ai mené à terme avant ma retraite a été un simple logiciel du micro-contrôleur (pour commandant, en logique floue, un four à micro-onde, tu sais, ce genre de machin où la ménagère (ou le ménager, je ne suis pas sexiste) de plus de 60 ans introduit le poids et la nature des aliments et le four se démerde tout seul.Il faut donc faire un bon interface homme-machine, avec un affichage limité. En plus, il y a un feed-back, pour un plat, une recette particulier, l'utilisateur peut ensuite dire : pas assez, trop ou parfaitement cuit. le four "apprend" (tout comme on peut facilement apprendre à coder à partir d'un pseudo-code).
    J'ai, évidemment fait bien d'autre projets : contrôle de machines-outils (CNC), automatisation d'un cimenterie, d'une brasserie, contrôle du givre sur la carlingue d'avion, traitement du signal pour un accélérateur de particules (et là, tu as besoin des math), etc. En fait, je n'ai jamais travaillé dans mon domaine initial, les télécommunications, c'est bête, mais c'est comme ça.
    Maintenant, à la retraite, je participe au développement d'un projet libre en C.

    Alors, en plus de la faculté d'adaptation que j'ai grâce à une bonne formation initiale, j'ai pu faire des projets, très différents, bien loin de ma spécialité initiale, j'ai toujours pu dialoguer avec les clients, qu'ils soient chimistes, physiciens, mécaniciens ou électroniciens. Je ne dis pas que je maîtrise ces sujets, mais je sais suffisamment de choses pour comprendre de quoi on me parle.

    Des ingénieurs de développement en informatique industrielle, on en recherche et on les paye bien (mon dernier salaire : > 11 k€ mensuels, sans compte la participation aux bénéfices). Malheureusement, plus des 9/10em de ceux qui postulent n'ont absolument pas les compétences nécessaires. La plupart du temps, non pas par insuffisance intellectuelle, mais par manque de formation assez large.