• [^] # Re: un peu de concret

    Posté par . En réponse au journal François Hollande visite 42, non mais allô quoi.... Évalué à 5.

    Avoir des connaissances variées, c'est bien. Ce que je déplore, c'est que chacun ait exactement le même lot de connaissances : aucune chance qu'il en ressorte un goût de l'échange et du plaisir créatif que cela procure. La diversité ce n'est pas seulement la diversité des connaissances d'un individu, c'est aussi, et à mon avis même surtout, la diversité des connaissances de la population globalement.

    Tous ces programmes, concours, etc. obligent les professeurs à traiter exactement les mêmes sujets, avec très peu de marge de manœuvre, et obligent les élèves à effectuer leurs choix parmi un nombre restreint, au nom d'une égalité des chances et d'un socle commun de connaissances qui ne fait autre chose que leur enlever toute curiosité pour l'échange et les pousser vers le désintéressement. Je pense que même au lycée et au collège, voire même surtout là, la diversité manque cruellement : comment ne pas se sentir touché à l'idée que ces millions de capacités et personnalités différentes, qui pourraient donner lieu à un tel foisonnement d'idées différentes, se voient imposé un programme commun chargé qui leur enlève toute chance d'avoir le temps et l'envie d'entrevoir puis jouir de cette diversité potentielle. Et le même phénomène en dehors de l'éducation proprement dite, avec les chaînes de télévision publiques communes, médias et informations peu diversifiées, contribue aussi à empêcher d'imaginer qu'ils pourraient trouver d'autres choses à faire que de partager leurs potins sur un réseau social comme facebook, comme tu dis justement, ce qu'ils font peut-être, en fin de compte, parce qu'ils en arrivent à voir dans ces sujets le plus de diversité d'échange, tellement celle-ci est inhibée ailleurs.

    Ce n'est pas que les jeunes n'ont pas le potentiel d'être créatifs et d'échanger de façon productive des connaissances, c'est qu'actuellement l'éducation, la publicité, les médias, etc. tout les pousse à l'impression que tous les choix sont faits à leur place, qu'il y a des voies plus dans le droit chemin que d'autres, ce qui inclut le fait de consacrer son temps libre dans les réseaux sociaux, plutôt qu'à autre chose, car l'idée même d'une telle possibilité ne leur est pas parvenue, et leur paraîtrait à beaucoup peut-être même risible, comme incongrue par rapport à la vision du monde et de la vie qu'ils se sont forgés au regard de leur expérience homogène.