La prise de risques et son évaluation, complétée par un péage rémunérateur, par l'industrialisation-l'automatisation du service, le tout accéléré/renforcé par la numérisation (informatisation, internet, réseaux, et tout le bazar ...)
La prise de risques.
Les nouveaux intermédiaires forts de leurs outils numériques, se placent entre les fournisseurs plus anciens, que ce soit pour le transport automobile (type uber version pop), le transport aérien (type ryanair) l'hôtellerie, la fourniture de services de toute sorte (le turc mécanique d'amazon est un excellent exemple) et les demandeurs/consommateurs, et déplacent le risque, tout en formant péage.
C'est leur principale activité : identifier le risque client, caractériser ce qui rassure le client et enfin reporter le risque ailleurs, le report étant bien mis en scène afin de convaincre le client qu'il ne risque du coup plus rien.
Quel "risque" est capable de supporter le client potentiel d'un hôtel ?? La partie jugée insupportable sera analysée, décortiquée puis transférée au maillon le plus vulnérable ; dans le cas présent l'hôtelier dans sa version 'familiale'.
Méthode employée en 24/24 et 7/7 : lister les hôtels avec ou sans leur consentement, les mettre en concurrence (très important ça), éliminer relativement sauvagement ceux jugés les plus faibles, et recommencer la boucle.
Le problème étant que l’hôtelier, son métier c'est bien l'hôtellerie, et pas la gestion du risque importé, en tout cas pas dans un délai aussi court, aussi répété, et aussi violent.
Cette évaluation du risque était réalisé précédemment par des structures comme le guide michelin, le guide du routard, évaluation redoutée mais chose importante, qui fonctionnait à la même vitesse que les hôtels et restaurants évalués. C'est à dire qui laissait le temps -notamment- aux évalués de se retourner et si possible, de faire face.
Arrive l'informatique/numérique, faisant naître des acteurs absolument pas disruptifs de mon point de vue, mais pour le moment plutôt opportunistes à courte vue, et voila donc des plate-formes en lignes performantes, qui évaluent bien plus vite, continuellement (24/24 et 7/7) et sur des secteurs bien plus larges que nos guides ancienne formule, en prime avec le fait que ce sont les consommateurs qui remontent gratuitement les informations jugées pertinentes, sans efforts supplémentaires pour la plate-forme. Informations de qualités très variables, peu fiables, mais quand même : immédiatement qualifiées pour mettre en balance les hôtels sus-nommés.
Ce qui est industrialisé ici, c'est l'évaluation et ses conséquences. L'évaluation : commentaires, notation, j'aime, j'aime pas, etc, est fournie en continu par les tiers souvent anonymes et déresponsabilisés. La plate-forme ne prend aucun risque. L'inscription des hôtels n'est pas obligatoire, mais le système en place les y forcent, sinon ils perdent en visibilité. Là encore, la plate-forme ne prend aucun risque, elle en profite même en facturant cette fonction.
Dans ce contexte, le beau rôle revient aux nouveaux acteurs, justement nouveaux, les autres paraissant par contraste plutôt rétrogrades, lents, incapables de s'adapter, les lâches, endormis qu'ils sont sur leurs lauriers, n'étant plus qu'anomalie potentielle au milieu d'un listing rafraîchi en permanence.
Qu'un dysfonctionnement soit signalé chez un hôtelier par les consommateurs zélés forts de leurs nouveaux rôles, et voila notre hôtelier en demeure de réagir immédiatement.
Comment s'y prend-t-il ? On peut le voir comme un élément disruptif dans le train-train supposé (les acteurs traditionnels n'ont rien foutu), ou comme un obstacle supplémentaire imposé au fournisseur, obstacle qu'il DOIT maintenant traiter immédiatement. Pas d’échappatoire, l'évaluation continue automatique n'attends pas.
Problème : notre hôtelier n'a ni les compétences nécessaires, ni le temps pour cela : il a son hôtel à faire tourner. Mais c'est à lui et à sa structure que le risque est transféré. Sans autre choix pour lui que de devoir le gérer séance tenante. Les exemples fournis par Big Pete en attestent : fluctuations importantes de clientèle, gestion tendue de trésorerie boudée par les banques, .....
La nouvelle plate-forme cristallise le risque, ne l'annule pas, et le renvoie vers l'acteur le plus faible, en l'occurrence ici l’hôtelier (dans son format familial), qui en conséquence n'a plus le droit à aucune erreur.
De là deux possibilités : disparaître ou grossir. Dans les deux cas, l'hôtelier "d'avant" que je qualifie d'artisan, au sens noble du terme, disparaît au profit de l'hôtelier industriel, maîtrisant mieux le risque imposé par des tiers. Deux métiers à mon sens radicalement différents.
Plus largement, disparaître ou grossir version web 2.0, 3.0, ..., c'est le schéma imposé à l'ensemble de notre société, depuis l'école primaire sommée de se regrouper donc grossir, jusqu'à la finance internationale devenue 'liquide' afin de pouvoir changer de place instantanément et en tout lieu, un peu comme notre clientèle hôtelière qui en deux clics, annule ici et réserve plus loin ...
[^] # Re: Online Travel Agency
Posté par Christophe SELLIER . En réponse au journal Chroniques de l'automatisation : L'hotellerie. Évalué à 6.
Le mot clé de votre commentaire est "risque".
La prise de risques et son évaluation, complétée par un péage rémunérateur, par l'industrialisation-l'automatisation du service, le tout accéléré/renforcé par la numérisation (informatisation, internet, réseaux, et tout le bazar ...)
La prise de risques.
Les nouveaux intermédiaires forts de leurs outils numériques, se placent entre les fournisseurs plus anciens, que ce soit pour le transport automobile (type uber version pop), le transport aérien (type ryanair) l'hôtellerie, la fourniture de services de toute sorte (le turc mécanique d'amazon est un excellent exemple) et les demandeurs/consommateurs, et déplacent le risque, tout en formant péage.
C'est leur principale activité : identifier le risque client, caractériser ce qui rassure le client et enfin reporter le risque ailleurs, le report étant bien mis en scène afin de convaincre le client qu'il ne risque du coup plus rien.
Quel "risque" est capable de supporter le client potentiel d'un hôtel ?? La partie jugée insupportable sera analysée, décortiquée puis transférée au maillon le plus vulnérable ; dans le cas présent l'hôtelier dans sa version 'familiale'.
Méthode employée en 24/24 et 7/7 : lister les hôtels avec ou sans leur consentement, les mettre en concurrence (très important ça), éliminer relativement sauvagement ceux jugés les plus faibles, et recommencer la boucle.
Le problème étant que l’hôtelier, son métier c'est bien l'hôtellerie, et pas la gestion du risque importé, en tout cas pas dans un délai aussi court, aussi répété, et aussi violent.
Cette évaluation du risque était réalisé précédemment par des structures comme le guide michelin, le guide du routard, évaluation redoutée mais chose importante, qui fonctionnait à la même vitesse que les hôtels et restaurants évalués. C'est à dire qui laissait le temps -notamment- aux évalués de se retourner et si possible, de faire face.
Arrive l'informatique/numérique, faisant naître des acteurs absolument pas disruptifs de mon point de vue, mais pour le moment plutôt opportunistes à courte vue, et voila donc des plate-formes en lignes performantes, qui évaluent bien plus vite, continuellement (24/24 et 7/7) et sur des secteurs bien plus larges que nos guides ancienne formule, en prime avec le fait que ce sont les consommateurs qui remontent gratuitement les informations jugées pertinentes, sans efforts supplémentaires pour la plate-forme. Informations de qualités très variables, peu fiables, mais quand même : immédiatement qualifiées pour mettre en balance les hôtels sus-nommés.
Ce qui est industrialisé ici, c'est l'évaluation et ses conséquences. L'évaluation : commentaires, notation, j'aime, j'aime pas, etc, est fournie en continu par les tiers souvent anonymes et déresponsabilisés. La plate-forme ne prend aucun risque. L'inscription des hôtels n'est pas obligatoire, mais le système en place les y forcent, sinon ils perdent en visibilité. Là encore, la plate-forme ne prend aucun risque, elle en profite même en facturant cette fonction.
Dans ce contexte, le beau rôle revient aux nouveaux acteurs, justement nouveaux, les autres paraissant par contraste plutôt rétrogrades, lents, incapables de s'adapter, les lâches, endormis qu'ils sont sur leurs lauriers, n'étant plus qu'anomalie potentielle au milieu d'un listing rafraîchi en permanence.
Qu'un dysfonctionnement soit signalé chez un hôtelier par les consommateurs zélés forts de leurs nouveaux rôles, et voila notre hôtelier en demeure de réagir immédiatement.
Comment s'y prend-t-il ? On peut le voir comme un élément disruptif dans le train-train supposé (les acteurs traditionnels n'ont rien foutu), ou comme un obstacle supplémentaire imposé au fournisseur, obstacle qu'il DOIT maintenant traiter immédiatement. Pas d’échappatoire, l'évaluation continue automatique n'attends pas.
Problème : notre hôtelier n'a ni les compétences nécessaires, ni le temps pour cela : il a son hôtel à faire tourner. Mais c'est à lui et à sa structure que le risque est transféré. Sans autre choix pour lui que de devoir le gérer séance tenante. Les exemples fournis par Big Pete en attestent : fluctuations importantes de clientèle, gestion tendue de trésorerie boudée par les banques, .....
La nouvelle plate-forme cristallise le risque, ne l'annule pas, et le renvoie vers l'acteur le plus faible, en l'occurrence ici l’hôtelier (dans son format familial), qui en conséquence n'a plus le droit à aucune erreur.
De là deux possibilités : disparaître ou grossir. Dans les deux cas, l'hôtelier "d'avant" que je qualifie d'artisan, au sens noble du terme, disparaît au profit de l'hôtelier industriel, maîtrisant mieux le risque imposé par des tiers. Deux métiers à mon sens radicalement différents.
Plus largement, disparaître ou grossir version web 2.0, 3.0, ..., c'est le schéma imposé à l'ensemble de notre société, depuis l'école primaire sommée de se regrouper donc grossir, jusqu'à la finance internationale devenue 'liquide' afin de pouvoir changer de place instantanément et en tout lieu, un peu comme notre clientèle hôtelière qui en deux clics, annule ici et réserve plus loin ...