• [^] # Re: Qui est trahi ?

    Posté par . En réponse au journal La trahison de qui ?. Évalué à 0.

    J'ai déjà répondu à cette histoire de faux positifs, faux négatifs.

    1) Comme déjà dit, les faux-positifs et faux-négatifs sont le résultat global de toutes les méthodes de surveillance.
    Si on dit que les faux positifs sont un problème, c'est qu'on demande que toutes les méthodes de surveillance soient supprimées.
    La surveillance sur internet n'ajoute pas de faux positif, mais au contraire réduit les faux positifs, même si individuellement, elle a elle-même beaucoup de faux positifs.

    Un exemple chiffré pour faire comprendre.
    J'ai une population de 1'000'000, avec 10 éléments que je veux sélectionner. J'ai une première série de marqueurs A (les marqueurs "traditionnels"), avec une efficacité de 95% et un taux de faux positif de 0.1%.
    Cela signifie que si j'applique A, j'ai 9 bonnes sélections + 1000 faux positifs.
    Maintenant, j'ajoute un nouveau marqueur B très mauvais (et non corrélé à A): efficacité de 90% et taux de faux positif de 10% !
    Cela signifie que si j'applique A+B, j'ai 90% de 9 qui passe ensuite B et 10% de 1000 qui passe ensuite B.
    Je me retrouve avec 8 bonnes sélections et 100 faux positifs.
    (tu peux aussi appliquer le truc dans l'autre sens, d'abord B, puis A, tu arriveras aux mêmes nombres)

    Donc, voilà, j'ai appliqué un marqueur avec un très mauvais taux de faux positifs, et cela a réduit mes faux positifs globaux.

    Je n'ai rien contre le fait d'arrêter tout type de surveillance, mais c'est une question idéologique, et je comprends que certains veulent agir, même si c'est juste pour montrer qu'on ne laisse pas le terrain libre. Et de nouveau, on trouve dans les anti-surveillance-sur-internet les deux arguments contradictoires: le problème des faux positifs d'un côté, le fait que les marqueurs "traditionnels" sont suffisants de l'autre.
    On ne peut pas dire qu'il y a un problème de faux positifs avec la surveillance sur internet tout en disant que les marqueurs traditionnels sont suffisants, car s'il y a un problème de faux positifs avec la surveillance sur internet, c'est qu'il y en a un avec les marqueurs traditionnels.

    Le taux de faux négatif augmente, mais de nouveau, c'est une question de goût personnel: préfères-tu un innocent en prison ou un coupable en liberté ? préfères-tu avoir 10% de chances de déjouer un attentat ou bien 0% ? ...
    Bref, le reste sont des questions politiques, sur lesquelles on ne peut pas objectivement prétendre qu'une solution est fondamentalement mauvaise.

    2) Je distingue l'outil de son usage.
    Ainsi, on ne peut pas dire que la surveillance sur internet est fondamentalement théoriquement foireuse si on se base sur des usages mauvais.
    Ainsi:
    - Le fait de considérer les surveillés comme coupables à arrêter est un mauvais usage de la surveillance.
    - Le fait de faire chier les activistes qui n'ont rien à se reprocher, c'est clairement un mauvais usage (c'est identique à tor, sauf que pour la surveillance, on peut quand même installer des barrières citoyennes pour limiter ça (je le rappelle: ce n'est certainement pas ce qui est fait en France) tandis que pour tor, les dérives sont intrinsèques et inévitables)

    Sur base de cela, les faux positifs et faux négatifs ne sont plus un problème: qu'un élément soit gardé dans le groupe "à surveiller" n'implique pas que les individus liés à cet élément seront emmerdés par la justice.
    (en d'autres termes, si c'est bien fait, le fait d'être un faux-positif n'est pas un problème)

    Comme tu le vois, tout se base sur l'usage qui est fait de la surveillance. Et c'est là selon moi le seul argument: c'est trop difficile de garantir que la surveillance sur internet sera faite correctement.