C'est bien parce-que cette croyance du don inné est si profondément ancrée dans l'inconscient collectif qu'il fait tant de ravages. Trop souvent, les bons élèves sont félicités pour leurs capacités, leurs aptitudes, leur potentiel, leurs dons. Mais c'est contre productif comme l'a montré Carol Dweck dans ses recherches. Car les élèves qui auront été le plus félicités pour leurs capacités, sont également ceux qui se découragent le plus vite quand surviennent les difficultés: "finalement, je ne suis pas aussi doué que je le pensais". Ce mécanisme est aussi valable pour les filles que pour les garçons. Par contre, il est extrêmement amplifié pour les filles à cause -entre autre- des préjugés sexistes selon lesquels les filles seraient moins douées que les garçons pour les maths. Ce que préconise Carol Dweck est de féliciter un élève pour son travail, ses efforts, ses progressions, ses réalisations, sa persévérance et non pour ses aptitudes et ses facilités.
Nous sommes globalement d'accord sur ce point. Nous divergeons cependant concernant la malheureuse existence du préjugé selon lequel "une fille serait naturellement moins douée qu'un garçon en maths". Par exemple, d'autres études statistiques ont montré qu'à résultat égal, les filles ne se voyaient pas proposer les mêmes conseils d'orientation que les garçons dans les filières scientifiques. Autre point de divergence, lorsque tu dis que "les filles et les garçons n'ont pas les mêmes intérêts". Pour moi, cela constitue très précisément un stéréotype. Je ne développerai pas plus ces deux points qui nous écarteraient du stage de codage pour les filles.
Pour finir, sur le fond, il existe en France des quotas pour l'embauche de personnes handicapées. Il me semble que tout le monde s'en félicite, et que personne ne se plaint de se voir fermer des portes au prétexte qu'il serait valide. Tout le monde regrette qu'une telle mesure soit nécessaire, et tout le monde préférerait que handicapés et valides soit égaux sur le marché du travail. Mais dans la pratique, ce n'est pas le cas, et des mesures (quotas) sont nécessaires pour assurer un minimum d'emplois aux travailleurs handicapés. C'est toute la différence entre égalité et équité.
Aux US et depuis la fin des années 60, le nombres de femmes diplômées n'a cessé de croître dans tous les disciplines (psychologie, physique, chimie, agriculture, ingénierie, sciences sociales, etc.). Vraiment toutes ? Toutes à l'exception de l'Informatique où le taux de filles dans cette filière n'a cessé de diminuer depuis les années 1980; et en Mathématique où les chiffres ont stagné. Par ailleurs, si une femme devient médecin, astrophysicienne, ou chimiste, cela ne pose de problème à personne. Par contre, en Informatique, et même dans les logiciels libres, des témoignages de harcèlements et de menaces de mort se font entendre. Ce qui est à la fois intolérable, incompréhensible et absent dans la plupart des autres disciplines.
Dans ces conditions, des efforts pour rééquilibrer les choses spécifiquement dans ce domaine sont parfaitement justifiés: associations et stages pour programmeuses sont bienvenus. Encore une fois, c'est la différence entre égalité et équité.
[^] # Re: La mixité est un échec !
Posté par djinneo . En réponse à la dépêche Stage collégiennes/lycéennes « Girls Can Code! » en août. Évalué à 3.
C'est bien parce-que cette croyance du don inné est si profondément ancrée dans l'inconscient collectif qu'il fait tant de ravages. Trop souvent, les bons élèves sont félicités pour leurs capacités, leurs aptitudes, leur potentiel, leurs dons. Mais c'est contre productif comme l'a montré Carol Dweck dans ses recherches. Car les élèves qui auront été le plus félicités pour leurs capacités, sont également ceux qui se découragent le plus vite quand surviennent les difficultés: "finalement, je ne suis pas aussi doué que je le pensais". Ce mécanisme est aussi valable pour les filles que pour les garçons. Par contre, il est extrêmement amplifié pour les filles à cause -entre autre- des préjugés sexistes selon lesquels les filles seraient moins douées que les garçons pour les maths. Ce que préconise Carol Dweck est de féliciter un élève pour son travail, ses efforts, ses progressions, ses réalisations, sa persévérance et non pour ses aptitudes et ses facilités.
Nous sommes globalement d'accord sur ce point. Nous divergeons cependant concernant la malheureuse existence du préjugé selon lequel "une fille serait naturellement moins douée qu'un garçon en maths". Par exemple, d'autres études statistiques ont montré qu'à résultat égal, les filles ne se voyaient pas proposer les mêmes conseils d'orientation que les garçons dans les filières scientifiques. Autre point de divergence, lorsque tu dis que "les filles et les garçons n'ont pas les mêmes intérêts". Pour moi, cela constitue très précisément un stéréotype. Je ne développerai pas plus ces deux points qui nous écarteraient du stage de codage pour les filles.
Pour finir, sur le fond, il existe en France des quotas pour l'embauche de personnes handicapées. Il me semble que tout le monde s'en félicite, et que personne ne se plaint de se voir fermer des portes au prétexte qu'il serait valide. Tout le monde regrette qu'une telle mesure soit nécessaire, et tout le monde préférerait que handicapés et valides soit égaux sur le marché du travail. Mais dans la pratique, ce n'est pas le cas, et des mesures (quotas) sont nécessaires pour assurer un minimum d'emplois aux travailleurs handicapés. C'est toute la différence entre égalité et équité.
Aux US et depuis la fin des années 60, le nombres de femmes diplômées n'a cessé de croître dans tous les disciplines (psychologie, physique, chimie, agriculture, ingénierie, sciences sociales, etc.). Vraiment toutes ? Toutes à l'exception de l'Informatique où le taux de filles dans cette filière n'a cessé de diminuer depuis les années 1980; et en Mathématique où les chiffres ont stagné. Par ailleurs, si une femme devient médecin, astrophysicienne, ou chimiste, cela ne pose de problème à personne. Par contre, en Informatique, et même dans les logiciels libres, des témoignages de harcèlements et de menaces de mort se font entendre. Ce qui est à la fois intolérable, incompréhensible et absent dans la plupart des autres disciplines.
Dans ces conditions, des efforts pour rééquilibrer les choses spécifiquement dans ce domaine sont parfaitement justifiés: associations et stages pour programmeuses sont bienvenus. Encore une fois, c'est la différence entre égalité et équité.