• [^] # Re: Démocratie?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Et ce soir, la démocratie l'emporte !. Évalué à 10.

    Quelques liens à propos du ménage qui n'est pas un ménage/une famille/une entreprise/un bon père de famille.

    http://culture.univ-lille1.fr/fileadmin/lna/lna63/lna63p14.pdf

    Pour le lecteur peu habitué aux «subtilités» de la science économique, il est de coutume en économie de distinguer la microéconomie de la macroéconomie. Cette distinction repose, de prime abord, sur le niveau d’analyse retenu par chacune des deux disciplines, la microéconomie se préoccupant des phénomènes concernant des entités économiques singulières (entreprise, ménage, marché) quand la macro­économie s’intéresse à la dynamique du système économique pris dans son ensemble.
    Mais cette simple différence d’échelle de l’analyse a également de profondes implications, trop souvent oubliées, quant à la nature même de l’analyse. Dès lors que l’on se situe au niveau microéconomique, il est normal de se concentrer sur des dimensions comportementales, comme la rationalité d’un acteur plongé dans un environnement donné (la fameuse clause selon laquelle «toutes choses doivent rester égales par ailleurs» tient), les décisions que cet acteur prendra... Quand on se situe au niveau macroéconomique, il n’est plus question de traiter du «comportement» à proprement parler, ou des «décisions» d’un système. Ce qui importe, c’est la confrontation des décisions des acteurs dans un environnement où les choses ne sont plus égales par ailleurs.
    [...]
    Ce qui est valable au niveau d’un acteur isolé ne l’est plus nécessairement quand on passe au niveau macroéconomique de l’ensemble des acteurs, et les choses peuvent même tout bonnement s’inverser.
    [...]
    On en arrive ainsi au deuxième exemple de paradoxe micro/macro. S’il est parfaitement normal d’attendre d’un ménage qu’il exhibe une situation financière saine, un État n’est pas un acteur microéconomique et, à ce titre, il n’est pas soumis aux mêmes règles de bon sens.

    http://www.lecourrier.ch/127241/l_etat_n_est_pas_un_menage

    L’erreur fondamentale des politiques économiques menées en Europe est de considérer qu’un Etat fonctionne de la même manière qu’une famille. Cette erreur explique la poursuite de programmes d’austérité dans tous les Etats membres de l’Union européenne. Un ménage qui doit rembourser ses dettes peut économiser sur ses dépenses. Il dégage ainsi de l’argent qui peut lui servir à faire face à ses échéances. Son choix n’affecte pas ses rentrées d’argent. Ce n’est pas du tout le cas à l’échelle d’un pays. L’argent public «économisé» par l’Etat est en fait retiré du circuit économique. Cela déprime la consommation, d’un côté de la chaîne, et donc à la fois l’investissement et la production, à l’autre bout de la chaîne. Avec une activité économique plus faible, les recettes fiscales diminuent. Ce qui rend, au final, plus difficile le remboursement de la dette publique. Ce raisonnement n’a rien de novateur. Il est connu depuis les années 1930 et les travaux de Keynes. Il a même été admis par le Fonds monétaire international, après un long déni.
    [..]
    [La] domination [de l'école néoclassique] est assurée principalement par deux outils: le premier est constitué par les manuels scolaires et universitaires. La plupart des dirigeants politiques n’ont fait qu’une ou deux années d’économie à l’université ou dans les grandes écoles. Ils ont juste eu le temps d’être exposés aux théories simplistes sur l’offre et la demande, le privé plus efficace que le public, la nocivité du salaire minimum, la nécessité de la flexibilité de la main-d’œuvre, etc.