Dans ce cas faisons des règles pour que le meilleur gagne.
Tu connais les rétro-commissions ? (oui, je pense). Pour ceux les découvrant : la mise en place d'un système basé sur du propriétaire démarre par un simple appel d'offre pour « les plus compétents » (et mieux disant hein), l'intégrateur propose sa prestation et gère une rétrocession sur les licences avec l'éditeur, ce qui permet de réduire le coût de la prestation vu du client, notamment passer en dessous des 150 k€ pour les clients publics notamment, les licences sont gérées par les achats du client sur une autre ligne (cela permet d'éviter les appels d'offre nationaux, voire les appels d'offre européens qui sont une plaie).
Pour du libre, pas forcément de rétrocession, ni deux lignes budgétaires disponibles : c'est le coût de réalisation qui est effectivement affiché (même s'il reste possible de faire payer pour du libre, je ne l'ai vu que pour du freemium et je n'ai pas vu ces pratiques que je décris, elles existent peut-être aussi, autant reprendre ce qui fonctionne :D). Dans ce scénario, le vrai coût de mise en œuvre est affiché et devient parfois éliminatoire.
Apporter une préférence pour le libre permet de revenir à un équilibre par un fonctionnement biaisé face à un comportement biaisé au préalable. Si ça profite au libre, j'aurais initialement tendance à dire qu'effectivement, il y aurait un biais aussi. En prenant en compte le jeu de 3 acteurs, ce n'est plus un biais, c'est tout de même un retour à l'équilibre dans la durée.
Ce jeu d'acteurs est important à comprendre, il peut expliquer qu'une solution propriétaire moins performante dans la durée soit choisie avec des coûts d'implémentation initiale moindre. Ce genre de contrat est pour 3 ans, il y a une part de risque des intervenants, mais à l'issue des 3 ans, les coûts de licence vont sans doute augmenter (bénéficiant à l'un des intervenants), le coût de maintenance aussi (si pas de montée de version, si montée de version cela revient sur du projet qui rapporte), tout le monde est gagnant. Avec du libre, il y aurait la possibilité de suivre les versions au fur et à mesure et de payer ce qui est est réalisé en temps utile : c'est une question de lissage de la dépense, de budget sur 3 ans ou sur 10 ans (ou plus). J'ai tendance à dire que niveau budget, le libre serait au même prix (autant ne pas le survendre...), mais qu'il sera plus satisfaisant et plus réactif (éventuellement), l'acheteur pouvant orienter les développements pour lui convenir et gérer la montée de version sans avoir à resollisciter tout le monde pour renégocier un contrat et tout le tintouin... En tout cas, il y a pour moi une implication qui a du sens, plutôt qu'avec un acteur/système qui veut te garder captif par nature.
Je puis élaborer. Un exemple sans lien avec le libre (ou peu) était le lancement de SFR :
dans les deux premières années de leur exploitation, ils auraient pu ne pas facturer leurs clients mais rester bénéficiaire
l'external carrier (France Telecom à l'époque) leur apportait suffisamment d'argent pour les appels entrants pour ne pas avoir besoin de facturer leurs propres clients (effet de réseau), l'appel vers les mobiles rapportait bien à l'époque
Côté BouygTel, c'était un peu le même effet qui n'incitait pas à investir sur la fidélisation :
avec moins d'un million de client alors que les deux autres en avaient 5 à 7 millions, le taux de churn (changement d'opérateur) était mécaniquement au bénéfice de BouygTel
résultat, ma collègue avait un budget annuel de 100 k€ pour faire évoluer son appli de fidélisation... (ça a augmenté par la suite)
Cette expérience datant de plus de 10 ans, j'imagine que je puis en parler ;-) cela permet de comprendre certains raisonnements. Le jeu à trois acteurs, en identifiant les flux de financement permet de comprendre deux-trois choses, comprendre la différence entre B2B et B2C voire d'autres choses :-) (si vous avez d'autres exemples, je suis preneur).
Bref, prioriser le libre au début rétablit un certain équilibre, aussi cher dans la durée àmha, un peu plus satisfaisant en terme de fonctionnement au jour le jour voire en terme d'idéologie sur LinuxFr.org, je ne vais pas le survendre :-)
[^] # Re: Le Syntec Numérique, ce grand ami du libre
Posté par BAud (site web personnel) . En réponse à la dépêche Entretien avec Véronique Torner (Alter Way) présidente du Paris Open Source Summit 2015 #OSS_Paris15. Évalué à 10.
Tu connais les rétro-commissions ? (oui, je pense). Pour ceux les découvrant : la mise en place d'un système basé sur du propriétaire démarre par un simple appel d'offre pour « les plus compétents » (et mieux disant hein), l'intégrateur propose sa prestation et gère une rétrocession sur les licences avec l'éditeur, ce qui permet de réduire le coût de la prestation vu du client, notamment passer en dessous des 150 k€ pour les clients publics notamment, les licences sont gérées par les achats du client sur une autre ligne (cela permet d'éviter les appels d'offre nationaux, voire les appels d'offre européens qui sont une plaie).
Pour du libre, pas forcément de rétrocession, ni deux lignes budgétaires disponibles : c'est le coût de réalisation qui est effectivement affiché (même s'il reste possible de faire payer pour du libre, je ne l'ai vu que pour du freemium et je n'ai pas vu ces pratiques que je décris, elles existent peut-être aussi, autant reprendre ce qui fonctionne :D). Dans ce scénario, le vrai coût de mise en œuvre est affiché et devient parfois éliminatoire.
Apporter une préférence pour le libre permet de revenir à un équilibre par un fonctionnement biaisé face à un comportement biaisé au préalable. Si ça profite au libre, j'aurais initialement tendance à dire qu'effectivement, il y aurait un biais aussi. En prenant en compte le jeu de 3 acteurs, ce n'est plus un biais, c'est tout de même un retour à l'équilibre dans la durée.
Ce jeu d'acteurs est important à comprendre, il peut expliquer qu'une solution propriétaire moins performante dans la durée soit choisie avec des coûts d'implémentation initiale moindre. Ce genre de contrat est pour 3 ans, il y a une part de risque des intervenants, mais à l'issue des 3 ans, les coûts de licence vont sans doute augmenter (bénéficiant à l'un des intervenants), le coût de maintenance aussi (si pas de montée de version, si montée de version cela revient sur du projet qui rapporte), tout le monde est gagnant. Avec du libre, il y aurait la possibilité de suivre les versions au fur et à mesure et de payer ce qui est est réalisé en temps utile : c'est une question de lissage de la dépense, de budget sur 3 ans ou sur 10 ans (ou plus). J'ai tendance à dire que niveau budget, le libre serait au même prix (autant ne pas le survendre...), mais qu'il sera plus satisfaisant et plus réactif (éventuellement), l'acheteur pouvant orienter les développements pour lui convenir et gérer la montée de version sans avoir à resollisciter tout le monde pour renégocier un contrat et tout le tintouin... En tout cas, il y a pour moi une implication qui a du sens, plutôt qu'avec un acteur/système qui veut te garder captif par nature.
Je puis élaborer. Un exemple sans lien avec le libre (ou peu) était le lancement de SFR :
Côté BouygTel, c'était un peu le même effet qui n'incitait pas à investir sur la fidélisation :
Cette expérience datant de plus de 10 ans, j'imagine que je puis en parler ;-) cela permet de comprendre certains raisonnements. Le jeu à trois acteurs, en identifiant les flux de financement permet de comprendre deux-trois choses, comprendre la différence entre B2B et B2C voire d'autres choses :-) (si vous avez d'autres exemples, je suis preneur).
Bref, prioriser le libre au début rétablit un certain équilibre, aussi cher dans la durée àmha, un peu plus satisfaisant en terme de fonctionnement au jour le jour voire en terme d'idéologie sur LinuxFr.org, je ne vais pas le survendre :-)