Non. On élit une assemblée relativement représentative (représentatif ≠ bien échantilloné), qui délibère après débat.
Élire un mec qui décide de tout (et là effectivement c’est la majorité+1), c’est pas une démocratie, c’est une monarchie (même si le mandat est borné dans le temps, même si la charge n’est pas transmise par héritage).
En France, même si les institutions prennent le nom de "gouvernement", "d’assemblée", etc. Nous sommes le plus factuellement du monde en monarchie élective. On élit un mec. Il décide de tout (ou nomme ceux à qui il délègue du pouvoir, c’est du pareil au même, cf. la servitude volontaire). Ce que nous nommons usuellement Assemblée Nationale et Sénat sont des conseils, car le Président a la capacité de passer outre (relativement à ce qui se fait chez nos voisins) sans réel contre-pouvoir effectif (pas théorique, mais réellement mis en application lors du fonctionnement observé et constaté du régime).
La prise en compte de toutes les opinions, le débat, la négociation, le compromis, etc. sont des étapes absolument essentielles de la politique en général, et donc particulièrement la démocratie. C’est un des gros point fort de la représentative (parlementaire de toute évidence). C’est ainsi qu’on peut à minima, chercher le plus petit commun dénominateur (car la finalité première de la politique c’est de créer une communauté) et veiller au respect des droits humains élémentaires de la totalité de la population. Idéalement on se donnera ce faisant les moyens de construire un intérêt général. Au pire on procédera à un arbitrage, qu’on cherchera équilibré c’est-à-dire juste envers chaque parti en conflit : dit de manière plus simple, les politiciens ménagent la chèvre et le choux. Pas parce que ce sont des vilain-méchant-pas-beau-qui-veulent-que-tout-le-monde-vote-pour-eux-aux-prochaines-élections mais parce que c’est leur boulot. Un arbitrage appelle nécessairement des compromis de part et d’autres.
Le vote n’est que le processus de délibération final, un moyen pragmatique de trancher, sans quoi jamais nous ne pourrions prendre de résolutions collectives. S’il fallait le considérer seul et l’exclusif ressort de la démocratie, il ne serait qu’un moyen de faire régner la loi du plus fort : la majorité décide parce qu’elle a le nombre pour elle. Je ne parierai pas un kopeck sur la stabilité d’un tel régime, car une minorité suffirait à le renverser, à moins d’user de moyens d’oppressions plus conséquent, que ce soit la police ou tout autre ersatz armé, alors véritable détentrice du pouvoir au détriment de la majorité.
Remarque que c’est bien cette vision qui est présentée par l’ensemble du monde médiatico-sondagier, qui montrent les positionnements politiques toujours comme de pures opinions individuelles, jamais comme le produit d’une construction sociale (ce qu’est le débat entre autres). Lorsque l’extrême-droite parle de démocratie, de référendum, elle hérite le plus directement du monde de cette vision politique-ci. C’est ce que j’appellerais le populisme, si tant est que le mot puisse encore servir. Ma remarque sur l’instabilité intrinsèque d’un tel régime vaut pour tous : ici nul procès d’intention, un tel régime conduit nécessairement vers un État policier (sauf à le voir dégénérer en guerre civile). Preuve en est que l’extrême-droite n’est pas nécessaire à l’aboutissement d’un tel état de fait (cf. loi sur le renseignement), quand bien même elle en serait le dépositaire le plus naturel à plus ou moins long terme.
[^] # Re: Encore ?
Posté par NicolasG . En réponse au journal L'État français retourne sa veste sur l'Open Data dans les transports. Évalué à 10. Dernière modification le 24 juin 2015 à 00:16.
Non. On élit une assemblée relativement représentative (représentatif ≠ bien échantilloné), qui délibère après débat.
Élire un mec qui décide de tout (et là effectivement c’est la majorité+1), c’est pas une démocratie, c’est une monarchie (même si le mandat est borné dans le temps, même si la charge n’est pas transmise par héritage).
En France, même si les institutions prennent le nom de "gouvernement", "d’assemblée", etc. Nous sommes le plus factuellement du monde en monarchie élective. On élit un mec. Il décide de tout (ou nomme ceux à qui il délègue du pouvoir, c’est du pareil au même, cf. la servitude volontaire). Ce que nous nommons usuellement Assemblée Nationale et Sénat sont des conseils, car le Président a la capacité de passer outre (relativement à ce qui se fait chez nos voisins) sans réel contre-pouvoir effectif (pas théorique, mais réellement mis en application lors du fonctionnement observé et constaté du régime).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_49_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise
La prise en compte de toutes les opinions, le débat, la négociation, le compromis, etc. sont des étapes absolument essentielles de la politique en général, et donc particulièrement la démocratie. C’est un des gros point fort de la représentative (parlementaire de toute évidence). C’est ainsi qu’on peut à minima, chercher le plus petit commun dénominateur (car la finalité première de la politique c’est de créer une communauté) et veiller au respect des droits humains élémentaires de la totalité de la population. Idéalement on se donnera ce faisant les moyens de construire un intérêt général. Au pire on procédera à un arbitrage, qu’on cherchera équilibré c’est-à-dire juste envers chaque parti en conflit : dit de manière plus simple, les politiciens ménagent la chèvre et le choux. Pas parce que ce sont des vilain-méchant-pas-beau-qui-veulent-que-tout-le-monde-vote-pour-eux-aux-prochaines-élections mais parce que c’est leur boulot. Un arbitrage appelle nécessairement des compromis de part et d’autres.
Le vote n’est que le processus de délibération final, un moyen pragmatique de trancher, sans quoi jamais nous ne pourrions prendre de résolutions collectives. S’il fallait le considérer seul et l’exclusif ressort de la démocratie, il ne serait qu’un moyen de faire régner la loi du plus fort : la majorité décide parce qu’elle a le nombre pour elle. Je ne parierai pas un kopeck sur la stabilité d’un tel régime, car une minorité suffirait à le renverser, à moins d’user de moyens d’oppressions plus conséquent, que ce soit la police ou tout autre ersatz armé, alors véritable détentrice du pouvoir au détriment de la majorité.
Remarque que c’est bien cette vision qui est présentée par l’ensemble du monde médiatico-sondagier, qui montrent les positionnements politiques toujours comme de pures opinions individuelles, jamais comme le produit d’une construction sociale (ce qu’est le débat entre autres). Lorsque l’extrême-droite parle de démocratie, de référendum, elle hérite le plus directement du monde de cette vision politique-ci. C’est ce que j’appellerais le populisme, si tant est que le mot puisse encore servir. Ma remarque sur l’instabilité intrinsèque d’un tel régime vaut pour tous : ici nul procès d’intention, un tel régime conduit nécessairement vers un État policier (sauf à le voir dégénérer en guerre civile). Preuve en est que l’extrême-droite n’est pas nécessaire à l’aboutissement d’un tel état de fait (cf. loi sur le renseignement), quand bien même elle en serait le dépositaire le plus naturel à plus ou moins long terme.