• [^] # Re: On n'y arrivera jamais

    Posté par . En réponse au journal Sexisme ordinaire sur Linuxfr. Évalué à -1. Dernière modification le 13 juin 2015 à 19:00.

    La première, c’est on part de la conclusion (le racisme anti-blanc n’existe pas) pour arriver à une définition désirée du mot

    NON NON NON ET NON.
    Comme démontré, c'est DEPUIS LE DÉBUT que c'est comme ça, depuis le terme "racisme anti-blanc" n'a pas de sens. Personne n'a à partir de la conclusion, la conclusion EST la conclusion qui par de la VRAIE définition du mot.
    Depuis le début, le terme "racisme" n'a de sens que s'il y a 1) une discrimination ET 2) un système social qui maintient cette discrimination.
    S'il n'y a QUE le 1, il existe déjà un terme pour ça, c'est "discrimination".
    C'est comme dire "acroread peut être considérer comme un logiciel libre, car les logiciels libres, ce sont: 1) des logiciels, 2) qui ont une licence libre. Mais certains refusent d'accepter que les logiciels libres sont des logiciels, ils partent donc de la conclusion pour arriver à la définition désirée".

    On est largement dans le domaine de la magie noire

    Et tu peux dire la même chose de celui qui te dira que acroread n'est pas un logiciel libre parce que la notion de logiciel libre ne se réduit pas à "logiciel".

    C'est TRÈS FACILE de démontrer que je suis un idiot: il suffit de me montrer un bouquin de référence en sociologie qui considère que la discrimination en fonction des sexes, sans aucun lien avec un système, peut être désigné sous terme "sexisme".

    Ma position est que dire que le sexisme ou le racisme ne peut être que institutionnalisé ..

    Donc, tu dis: "dire que s'il n'y a pas institutionnalisation, ce n'est pas du racisme, c'est faux", c'est bien ça ?
    Sur quoi tu te bases pour dire ça ?
    Les bouquins de sociologie ont toujours étudié le racisme comme un phénomène social structurel.

    Le gros gros gros sous-entendu

    Mon avis sur la question est: c'est la presse et la communication au grand public qui a fait cette erreur (eux-même avec les meilleures intentions) en se focalisant sur les actes individuels. Ça s'est répandu partout, jusque dans les sketch humoristique, où le racisme, c'est le résultat de la caricature du raciste bête et méchant.

    trivialement : « tu suces ? » n’est pas du sexisme institutionnel

    Pourquoi c'est pas institutionnel ?
    Le type qui dit "tu suces", il se définit lui-même comme un "player" ou "pas un puceau", ... bref, il s'identifie lui-même à une image sociale répandue, qu'on voit dans la rue, à la télé, dans la société en général.

    au contraire si ça va suffisamment loin du point de vue des institutions c’est du harcèlement et c’est illégal

    Hu ? Le terme "institution" ne fait pas référence à l'entreprise, hein: https://fr.wikipedia.org/wiki/Institutionnalisation
    "Le terme institutionnalisation est utilisé dans la sociologie pour désigner le processus de formalisation, de pérennisation et d'acceptation d'un système de relations sociales."
    C'est justement le cas avec ton type qui dit "tu suces": ce comportement a été accepté comme une des caractéristiques d'un rôle social défini.

    et les féministes sont loin d’être les derniers (à raison !) à étendre ce terme aux actes individuels.

    Vu que l'acte que tu donnes en exemple est un acte qui relève du sexisme institutionnalisé, forcément.

    Pourrais-tu expliciter des exemples de « sexisme institutionnalisé anti-femmes » qui ne serait pas du tout applicable aux hommes ? J’ai du mal à en trouver un.

    Au niveau individuel, pour chaque exemple qui s'applique aux femmes, tu peux toujours trouver des exemples qui s'appliquent aux hommes.
    Mais le problème n'est pas au niveau "individuel", le problème est que les problèmes qui s'appliquent aux femmes sont mieux intégrés, mieux reconnus, comme rapport social habituel (pas forcément "bien", mais "habituel").
    Paradoxalement, les meilleures preuves de ça sont justement les injustices commises envers les hommes: le fait que la société considère qu'il est plus "normal" qu'une femme se fasse violer plutot qu'un homme se fasse violer, c'est bien la preuve que la norme sociale est telle que le viol de la femme est plus banalisé que le viol de l'homme.

    Évidemment, le viol de la femme est condamné, mais cela n'a rien à voir avec l'institutionnalisation ou non du "viol des femmes" par rapport au "viol des hommes".
    L'institutionnalisation ne signifie pas qu'on considérer l'acte comme "bien", mais qu'on considère l'acte comme "habituel".

    Si « sexisme institutionnalisé » se limite aux lois défavorables aux femmes, je pense sans trop m’avancer qu’il n’y en a plus.

    C'est même l'inverse: plus il y a de lois favorables aux femmes, plus c'est la preuve que la société a reconnu qu'elles subissent des problèmes que les hommes ne subissent pas, et donc, plus c'est la preuve que les problèmes des femmes font partie de la "norme sociale".

    (bon, je sens que ce commentaire va être très durement pris, avec des réponses du style "quoi! tu oses dire que le fait qu'on ne croit pas un homme qui a été violé est la preuve que les pauvres femmes sont des victimes", vu que le débat est bien plus émotionnel que rationnel. Ce n'est évidemment pas le cas. On parlait d’institutionnalisation, j'ai répondu en terme d'institutionnalisation, cf. wikipedia pour sa définition. Bref, c'est juste pour montrer qu'il y a une réponse aux questions posées, ça peut servir à ceux qui passent. Si vous trouvez mon commentaire scandaleux, moinsez le (alors qu'il est pertinent, le simple fait de recadrer la définition d'institutionnalisation le prouve, mais bon))