• [^] # Re: Usage ?

    Posté par . En réponse au journal Annuaire d'Expertes. Évalué à 8.

    Je vais me répéter vis à vis de ce que j'ai déjà dit dans un autre trol^Wjournal il y a des mois/années de cela mais ... Au début du XXè siècle, les garçons étaient « naturellement » doués pour les lettres classiques (Français, Latin, Grec ancien), ces matières-mêmes qui garantissaient l'entrée pour des études prestigieuses telles que médecine, droit, etc. Lorsque la physique moderne, le génie électrique, et bien plus tard l'informatique & l'électronique se sont développés, alors bizarrement, il était œuf corse évident que les garçons avaient un penchant naturel pour les maths là où les filles ne l'avaient pas. Pour citer Stella Barúk (grande pédagogue, qui se spécialisait dans l'enseignement des maths aux enfants en difficulté): il n'y a pas de bosse des maths, pas plus qu'il n'y a de nul en maths; il y a seulement des enfants qui ont besoin qu'on leur explique différemment.

    Je trouve cela d'autant plus intéressant que le premier compilateur fut conçu par une femme (Grace Hopper), que la première « programmeuse » fut une femme (Ada Lovelace), et que les premiers programmeurs étaient des programmeuses (car il s'agissait « simplement » de câbler correctement l'ordinateur et d'y entrer les données, soit un travail mécanique ne nécessitant pas spécialement de réfléchir, n'est-ce pas...).

    Autre chose : il est intéressant de noter que dans beaucoup de matières où les hommes et les femmes sont correctement représentés (voire les femmes sont clairement plus nombreuses que les hommes) en sciences humaines, les hommes sont malgré tout plus nombreux parmi les professeurs/maîtres de conférences pour enseigner lesdites matières (encore une fois désolé, je n'ai pas les chiffres). On pourra objecter que l'ambiance « publish or perish » ultra-compétitive y est pour quelque chose. Je ne suis franchement pas convaincu. Les vieux cons dans les comités d'experts qui restent ultra-sexistes et décident de qui a le poste de maître de conférences, ce n'est pas qu'un mythe.

    Je n'ai pas la source à portée de main (désolé), mais certains études ont démontré que les instituteurs avaient tendance à favoriser les élèves garçons en termes d'attention (de l'ordre de 70/30 en faveur des garçons). Lorsqu'on leur faisait remarquer, vidéo à l'appui, ils clamaient que non. Lorsqu'on leur demandait d'essayer de rééquilibrer la donne, ça donnait du 55/45, et avaient l'impression de favoriser les filles (je tiens à préciser que les profs des écoles étaient indifféremment hommes ou femmes).

    Je ne pense pas une seule seconde que les gens qui veulent un rééquilibrage des populations sur le lieu de travail pour les différents postes (donc grossissant le trait, « les féministes ») nient qu'il existe des différences biologiques qui influent sur notre personnalité, notre comportement, etc. Par contre, il existe tout un tas d'études qui montrent que dès sa naissance, un enfant sera traité différemment (dès l'allaitement) s'il est un garçon ou une fille, même pour des choses qui a priori sont les mêmes indépendemment du sexe ou du genre.

    Le problème du sexisme est qu'il est systémique, et que tout le monde y participe en partie (hommes et femmes). Peut-être que les différences biologiques ont un impact plus important que certains chercheurs en sciences sociales semblent croire, et peut-être qu'effectivement, même dans une société réellement égalitaire dans la façon de traiter les genres, on aurait un ratio de type 60/40 en « faveur » des garçons pour, par exemple, ce qui touche à l'informatique. Le problème est qu'on est plutôt dans des rapports de type 75/25, voire 80/20 (et je ne parle même pas de la micro-électronique).

    À propos du documentaire qu'a mis en lien alenvers, je suis tombé sur une discussion intéressante qui fait l'analyse du premier épisode ici. L'un des intervenants reproche entre autres au documentariste d'avoir choisi des chercheurs de renommée internationale lorsqu'il parlait à des biologistes, alors que les chercheurs en sciences sociales danois avec qui il s'est entretenu n'étaient pas du tout du même calibre.