• # Processus de révolution

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester. Évalué à 10.

    Si le FN avait osé proposer la moitié de ce que nos gouvernements ont fait passer depuis 10 ans, la France aurait osé la révolte.

    Personne ne se révolte jamais quand un dictateur arrive au pouvoir. Jamais ! Révise ton histoire. Si le dictateur arrive au pouvoir, c'est soit qu'il est soutenu directement (genre Hitler), soit qu'il a les moyens de réprimer toute révolte (genre Franco).

    Une révolution, ça ne naît pas d'une indignation, ni d'une organisation méthodique (comme le pense certains au NPA ou à LO), ni quand la majorité de la population en a marre de la situation actuelle (sinon, on serait en révolution en France depuis un moment). Une révolution, ça naît quand la classe moyenne ne se retrouve plus dans le système actuel et qu'elle s'allie avec les classes populaires. Tant que la classe moyenne a l'impression de s'en sortir convenablement, et a l'impression de pouvoir décider de son sort, rien ne se passe. Mais quand le fossé se creuse avec les classes supérieures dirigeantes, et que la classe moyenne est reléguée à n'avoir aucun pouvoir ni aucun avenir autre que le déclassement, ça pète. Et quand la marmite est prête à exploser, le moindre événement fortuit enclenche le processus final, ce qu'on appelle la révolution. En Tunisie, ça a été un marchand qui s'est immolé. Pourtant, il y en a eu plein avant, alors pourquoi celui-là ? On n'en sait rien, la révolution ne peut jamais être daté à l'avance, ça arrive comme ça.

    Donc, croire qu'en allant vers le pire (le FN), on va provoquer une révolution, c'est méconnaître totalement le processus révolutionnaire. Je vais faire une tautologie, mais en allant vers le pire, on aura le pire et rien d'autre. Si le FN est en dynamique, c'est parce qu'une partie des classes moyennes, souvent de droite, ont l'impression qu'elles s'en sortiront mieux avec le FN qu'avec la droite classique. Les classes populaires ne votent pas pour le FN (en tout cas, pas plus qu'avant), elles s'abstiennent très majoritairement.