• [^] # Plus globalement

    Posté par . En réponse au journal La vie privé connectée disparait de France. Évalué à 3.

    En regardant le diagramme sur les gouvernements européens en 2012 je remarque une chose dont j'avais déjà l'intuition : la France est à droite, certes, mais légèrement moins que les autres pays d'Europe (On peut aussi inclure les Etats-Unis).

    Ça manque un peu de légende : ce diagramme concerne-t-il les gouvernements (avant ou après les élections en France ? par rapport à leurs positions affichées ou leurs actions réelles ?), les pays par rapport à leurs lois et leurs structures sociales, ou même les citoyens ?

    Si ça concerne les pays, ça m’étonne un peu que certains pays scandinaves réputés pour un taux d’imposition (notamment sur le revenu) plus lourd et des prestations sociales plus larges (notamment remboursement total des dépenses de santé pour tout le monde) soient considérés plus à droite.

    Du coup une question me vient indubitablement à l'esprit : est-ce qu'on ne serait pas (ou plutôt n'est-on pas depuis 30/40 ans) dans une dynamique de droitisation globale ? Laquelle est un catalyseur pour la droitisation du gouvernement français ? qu'il soit socialiste ou pas finalement.

    En effet. Et même, à partir du moment où l’on met en concurrence nos salaires et nos systèmes social et fiscal, on finit forcément par devoir les rogner pour rester « compétitifs ». Des règles sociales, fiscales et environnementales ne sont viables qu’à l’échelle du marché, sinon les très riches et les grosses entreprises se domicilient dans des paradis fiscaux, font fabriquer dans les pays à bas coût et vendent dans les pays où la population a encore du pouvoir d’achat (pas grâce à eux, juste à l’inertie).

    L’Europe a été construite dans le mauvais sens... sauf pour les riches. Il aurait fallu commencer par harmoniser les systèmes sociaux (vers le haut) et fiscaux et les règles environnementales avant de mettre en place un marché commun. Mais ça a été fait sciemment. Ce n’est pas un hasard si le traité soit disant constitutionnel (où était l’assemblée constituante élue ?) qui aurait créé une véritable Europe politique excluait explicitement l’harmonisation dans ces domaines (en tout cas les deux premiers, je ne me rappelle plus pour l’environnement).

    Concernant le Parti « Socialiste », puisqu’il n’a pas les couilles de faire du socialisme — même pas du keynésianisme —, qu’il arrête donc de se prétendre socialiste ! « Parti Libéral » aurait convenu à ses positions aussi bien économiques que sociétales (et au niveau sociétal, l’adjectif libéral n’est pas négatif)... jusqu’à la surveillance généralisée.

    Je dis juste que cela nécessite un gouvernement positionné plus à gauche et qui assume ses choix, potentiellement en dépit de l'enrichissement des entreprises françaises les plus capitalistes, et par transitivité de la France ?

    Ça nécessitait aussi de ne pas prendre le bus de l’Europe ultralibérale (quand le bus va dans le mauvais sens, mieux vaut aller en voiture ou même à pied).

    Quant aux grosses entreprises françaises, on en est revenu à un système féodal : il fallait au moyen âge que les serfs fassent des efforts pour assurer la puissance de leur seigneur face aux autres ; dans le commerce mondialisé, les citoyens sont sensés faire des efforts pour assurer la puissance de leurs grosses entreprises face aux entreprises étrangères.

    Mais la richesse des grosses entreprises n’a pas d’intérêt si la elle ne bénéficie plus aux citoyens. Or elle est de moins en moins remise en circulation par l’impôt (les grosses entreprises échappent de plus en plus à l’impôt) ou par les salaires (automatisation, délocalisations...).

    « Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone