• [^] # Re: variante

    Posté par . En réponse au journal sous-developpeurs-SSII. Évalué à 4.

    Je vais le dire autrement. Comment est-ce que ça arrive à fonctionner ? Pourquoi les gens continuent de travailler pour l'État et pourquoi des nouveaux s'y engouffrent ?

    On peut trouver tout un tas de raisons, positives ou négatives. Déja, il y a des gens motivés par la vocation : urgentistes, chercheurs, enseignants, inspecteurs du travail ou de la répression des fraudes, policiers, militaires, etc. Tu peux les traiter comme tu veux, ils risquent de râler un peu, mais ils vont pour la plupart continuer à bosser. Tu peux même espérer qu'ils se déclarent grêvistes pour peser sur les statistiques tout en allant bosser (c'est la norme dans l'enseignement supérieur, par exemple) ...

    Ensuite, il y a le piège des carrières. Très souvent, les métiers de la fonction publique sont hyper-spécifiques : que ce soit un assistant parlementaire, un prof de fac, ou un conseiller d'orientation, quitter la fonction publique revient à changer de métier, d'abandonner toute son expérience et sa carrière pour recommencer à zéro. Sans compter que le secteur privé est souvent très réticient à embaucher d'anciens fonctionnaires, et qu'une carrière dans le public est très difficile à valoriser.

    Évidemment, il y a aussi l'attrait de la continuité de l'emploi, qui reste quand même une valeur sûre dans un monde en crise. C'est moins critique pour certaines professions, pour lesquelles il existe une certaine fluidité (typiquement, développeur ou admin système), pour lesquels la fonction publique peut ne constituer qu'une étape dans une carrière, mais pour les postes moins qualifiés, la sécurité de l'emploi a une certaine valeur. À noter quand même que cette fameuse sécurité est souvent utilisée pour justifier les traitements immoraux ou illégitimes (mutations à répétition, pas de revalorisation des salaires, placardisations...).