• [^] # Re: Contradiction

    Posté par . En réponse au journal Le Code Civil sur Github. Évalué à 4. Dernière modification le 01 avril 2015 à 16:53.

    Moi, là, je vois une légitimation sans aucune ambiguïté de Soral et Le Pen (les seuls qui sont cités).

    Ce qui pose une nouvelle question : comment construire la démocratie dans un pays où plus personne ne sait lire ? :-)

    Une explication de texte s'impose, parce que je crois que tu as compris cet extrait complètement de travers :

    Et si l’expression extrême droite désigne simplement, comme je pense que nous devrions le décider, la droite extrême, je pense qu’elle est déjà AU POUVOIR en ce moment

    Il propose la chose suivante : l'expression « extrême droite » devrait simplement désigner « la droite de la droite ». Dès lors, comment ne pas considérer que le paysage politique s'est foncièrement "droitisé" ces dernières années ? Même un parti qui se vend comme étant de gauche (le PS) applique une politique dont on aurait dit, avant, qu'elle était de droite : surveillance sur Internet, loi Macron, etc.

    C'est vrai, c'est une variation sur le thème "UMPS" : si la démocratie française se résume à une alternance entre deux partis, qu'on appelle la droite et la gauche par habitude, mais qui dans le fond appliquent la même politique ou presque (une politique vraiment très à droite, qui détruit petit à petit le code du travail et les libertés individuelles), alors dans le fond quelle différence ? Et c'est vrai aussi, l'expression "UMPS" c'est surtout le FN qui l'emploie. Mais ça n'est pas très grave, voir mon message précédent : c'est pas parce que c'est Marine Le Pen qui le crie le plus fort que c'est forcément faux.

    (Remarquons que je dis des choses qu'il ne dit pas. Ceci n'est pas un débat sur la loi Macron, par exemple. J'extrapole simplement un peu pour que son propos soit plus clair.)

    et que les chiffons rouges (Soral, Le Pen, etc.) qu’on agite frénétiquement devant nous dans toutes nos discussions servent de LEURRES

    Traduction : quand nos hommes politiques passent plus de temps à s'agiter parce qu'ils ont soi-disant peur du FN, c'est pour nous distraire de quelque chose d'autre. Il n'est pas en train de dire que ces « chiffons rouges » sont des gens fréquentables, mais seulement qu'ils font de bons boucs émissaires.

    Les partis au pouvoir disent aux gens « attention, surtout ne votez pas pour des petits partis, sinon vous renforcez le FN ». C'est dire aussi « attention, ne votez pas blanc, ne vous abstenez pas, sinon c'est le FN qui gagnera ». Ça n'est certainement pas faux dans la pratique — mais la bonne question, celle qu'Étienne Chouard pose depuis plusieurs années, c'est « ne devrions-nous pas changer ce système, qui punit l'émergence de nouvelles idées ? ».

    Autrement dit, il dit que l'on diabolise deux ou trois personnalités d'extrême-droite pendant que la véritable extrême-droite est au pouvoir. Mais il ne dit pas ça pour dire que cela devrait cesser et que l'on devrait soutenir ces personnalités ; il dit ça pour qu'on en prenne collectivement conscience, et que l'on décide de ne plus se faire avoir par des discours ineptes qui ne font absolument rien avancer (à part la carrière de quelques hommes politiques).

    qui nous distraient de l’essentiel et qui nous empêchent — littéralement — de penser et de progresser.

    Tant que le débat politique sera centré sur le FN, sur ses chances de gagner au second tour et plus largement sur qui va arriver au pouvoir, on s'empêchera de parler de ce qu'il faut véritablement faire. Pour Chouard, ce qu'il faut faire c'est changer de mode de discussion, pour adopter un système qui s'intéresse davantage aux idées qu'aux hommes (et aux carrières politiques).