Peut-être... Mais le système résilient dont tu parles me semble plutôt aller dans une direction, celle de l'idéal libéral, qui dans sa pureté (le libertarianisme ?) souhaite certes conduire au bonheur commun tout comme d'autres mouvements politiques, mais au travers de la préservation de l'intérêt individuel. Les méthodes divergent néanmoins, et le résultat également selon les tenants de ces doctrines. Je ne porte ici aucun jugement moral. Mais objectivement il me semble que l'idéologie actuelle du logiciel libre, malgré la clause copyleft, continue d'être centrée sur l'individu (le fameux BY, ou l'impossibilité européenne de placer une oeuvre dans le domaine public à cause d'un droit moral inaliénable). Comme tu le soulignes, la propriété intellectuelle n'est en soi pas mise en cause, elle est renouvelée. Cela rapproche l'idéologie du logiciel libre davantage du libéralisme que d'une pensée de gauche, qui pourrait être critique de l'idée même de propriété.
On pourrait estimer cela de manière quasi algorithmique, avec une pondération de l'intérêt privé et de l'intérêt commun.
On peut le constater par la mise en avant de l'esprit du logiciel libre par de grandes sociétés commerciales américaines qui véhiculent une vision politique, quasiment une philosophie de vie (je pense à Google, qui réunit la pensée transhumaniste et libertarienne), ou avec la problématique tout simplement de "comment gagner de l'argent avec le logiciel libre ?".
On pourrait imaginer une relecture de l'idéologie du logiciel libre d'un point totalement différent, en mettant en avant tout simplement la suppression de la propriété intellectuelle. Mais il serait alors absurde de parler de logiciel "libre" d'un point de vue juridique puisque la propriété elle-même serait supprimée. L'idéologie pourrait alors déplacer son centre de la problématique de la propriété intellectuelle à celle de la création collective, où les auteurs en tant qu'individus auraient un rôle secondaire face à la création elle-même. Si on faisait de la sociologie des technologies, on pourrait constater cette différence entre github et wikipédia. L'un met en avant l'auteur (à travers le compte de l'utilisateur depuis lequel on accède au code source) avec pour cadre une société commerciale, et l'autre le travail du groupe avec pour cadre une fondation à but non lucratif.
Enfin, tout ça pour dire que les lectures sont multiples à partir d'une même thématique politique. La thématique ne définit pas en soi une idéologie, elle est elle-même traitée idéologiquement. Ce qui crée souvent chez moi un doute quand je vois un pirate... Rouge ou jaune le chiffon ? Ca facilite le pas de deux.
[^] # Re: Page claire qui explique simplement
Posté par rdhlnn . En réponse au journal La réponse aux attaques contre le rapport de la député pirate sur le droit d'auteur. Évalué à 5.
Peut-être... Mais le système résilient dont tu parles me semble plutôt aller dans une direction, celle de l'idéal libéral, qui dans sa pureté (le libertarianisme ?) souhaite certes conduire au bonheur commun tout comme d'autres mouvements politiques, mais au travers de la préservation de l'intérêt individuel. Les méthodes divergent néanmoins, et le résultat également selon les tenants de ces doctrines. Je ne porte ici aucun jugement moral. Mais objectivement il me semble que l'idéologie actuelle du logiciel libre, malgré la clause copyleft, continue d'être centrée sur l'individu (le fameux BY, ou l'impossibilité européenne de placer une oeuvre dans le domaine public à cause d'un droit moral inaliénable). Comme tu le soulignes, la propriété intellectuelle n'est en soi pas mise en cause, elle est renouvelée. Cela rapproche l'idéologie du logiciel libre davantage du libéralisme que d'une pensée de gauche, qui pourrait être critique de l'idée même de propriété.
On pourrait estimer cela de manière quasi algorithmique, avec une pondération de l'intérêt privé et de l'intérêt commun.
On peut le constater par la mise en avant de l'esprit du logiciel libre par de grandes sociétés commerciales américaines qui véhiculent une vision politique, quasiment une philosophie de vie (je pense à Google, qui réunit la pensée transhumaniste et libertarienne), ou avec la problématique tout simplement de "comment gagner de l'argent avec le logiciel libre ?".
On pourrait imaginer une relecture de l'idéologie du logiciel libre d'un point totalement différent, en mettant en avant tout simplement la suppression de la propriété intellectuelle. Mais il serait alors absurde de parler de logiciel "libre" d'un point de vue juridique puisque la propriété elle-même serait supprimée. L'idéologie pourrait alors déplacer son centre de la problématique de la propriété intellectuelle à celle de la création collective, où les auteurs en tant qu'individus auraient un rôle secondaire face à la création elle-même. Si on faisait de la sociologie des technologies, on pourrait constater cette différence entre github et wikipédia. L'un met en avant l'auteur (à travers le compte de l'utilisateur depuis lequel on accède au code source) avec pour cadre une société commerciale, et l'autre le travail du groupe avec pour cadre une fondation à but non lucratif.
Enfin, tout ça pour dire que les lectures sont multiples à partir d'une même thématique politique. La thématique ne définit pas en soi une idéologie, elle est elle-même traitée idéologiquement. Ce qui crée souvent chez moi un doute quand je vois un pirate... Rouge ou jaune le chiffon ? Ca facilite le pas de deux.