Le plus gros problème du système de scrutin actuel (du moins pour les présidentielles, premier tour : mise en jeu de tous les concurrents, second tour : remise en jeu de deux finalistes) est un problème social, pas algorithmique.
Je ne suis pas d'accord. Soit une circonscription avec :
50% d'électeurs "de gauche"
10% d'électeurs "centre gauche",
10% d'électeurs "centre droit",
30% d'électeurs "de droite".
Chaque électeur vote pour le candidat le plus proche de ses idées.
Cas de figure 1 : la gauche présente 3 candidats aux idées légèrement différentes, le centre en présente un, la droite en présente un. Chaque candidat de gauche gagne 17% des voix. Le candidat du centre gagne 20%. Le candidat de droite gagne 30%. Le second tour se joue entre droite et centre et le centre gagne.
Cas de figure 2 : la gauche présente un candidat unique. Il gagne 50% des voix et est élu au premier tour. Ou bien il affronte le candidat de droite et le bat 60-40.
Tu vas me dire que c'est la faute de la gauche et qu'elle n'avait qu'à être unie. Le problème, c'est que cette obligation d'être unie aboutit généralement à faire taire les voix dissidentes. Je n'ai aucune sympathie pour les extrêmes, qu'ils soient de gauche ou de droite (j'ai quand même un peu plus d'antipathie pour l'extrême droite), mais leur imposer de se taire parce que sinon on n'a aucune chance de gagner me semble tout de même un peu facile. Ça porte un nom, ça s'appelle le vote utile et on sait tous à quel point c'est frustrant. Le truc, c'est qu'on nous ressort le vote utile à chaque élection mais que personne n'ose changer le système qui l'a porté au pouvoir.
Autre problème : le scrutin est manipulable. C'est-à-dire qu'on peut augmenter les chances de succès de son candidat en votant... pour un autre. Exemple ? Le 21 avril 2002, premier tour de l'élection présidentielle. La gauche est divisée (on est donc dans le cas de figure 1). Le Pen et Jospin sont au coude à coude au premier tour, Chirac est loin devant. Mettons que je sois un électeur chiraquien. Ai-je intérêt à voter Chirac ? Non, car il a suffisamment de marge pour passer au second tour même sans mon vote. J'ai intérêt à voter Le Pen, car Jospin bat Chirac au second tour mais Chirac bat Le Pen.
Après, on peut dire que les méthodes de Condorcet favorisent Bayrou. C'est une vision un peu rapide. Elles favorisent, de façon générale, le consensus. C'est vraiment une question de politique générale : veut-on favoriser une politique clivante, agressive, infusée à la testostérone ou une politique qui vise au consensus et cherche avant tout les meilleures idées, où qu'elles soient ?
La vraie problématique, avec les méthodes de Condorcet, c'est qu'elles sont complexes. C'est un peu comme les ordinateurs de vote : le citoyen lambda n'a aucun contrôle sur la méthode. Il est extrêmement complexe de publier tous les résultats et encore plus complexe de les contrôler : autant dire que sans connaissances techniques, c'est mort. Actuellement, même Bébert peut contrôler les résultats en achetant son journal, ses clopes et un ballon de rouge.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Il y a des projets de lois mais aussi des lois déjà passées
Posté par Liorel . En réponse au journal Dark side of the law. Évalué à 5.
Je ne suis pas d'accord. Soit une circonscription avec :
Chaque électeur vote pour le candidat le plus proche de ses idées.
Cas de figure 1 : la gauche présente 3 candidats aux idées légèrement différentes, le centre en présente un, la droite en présente un. Chaque candidat de gauche gagne 17% des voix. Le candidat du centre gagne 20%. Le candidat de droite gagne 30%. Le second tour se joue entre droite et centre et le centre gagne.
Cas de figure 2 : la gauche présente un candidat unique. Il gagne 50% des voix et est élu au premier tour. Ou bien il affronte le candidat de droite et le bat 60-40.
Tu vas me dire que c'est la faute de la gauche et qu'elle n'avait qu'à être unie. Le problème, c'est que cette obligation d'être unie aboutit généralement à faire taire les voix dissidentes. Je n'ai aucune sympathie pour les extrêmes, qu'ils soient de gauche ou de droite (j'ai quand même un peu plus d'antipathie pour l'extrême droite), mais leur imposer de se taire parce que sinon on n'a aucune chance de gagner me semble tout de même un peu facile. Ça porte un nom, ça s'appelle le vote utile et on sait tous à quel point c'est frustrant. Le truc, c'est qu'on nous ressort le vote utile à chaque élection mais que personne n'ose changer le système qui l'a porté au pouvoir.
Autre problème : le scrutin est manipulable. C'est-à-dire qu'on peut augmenter les chances de succès de son candidat en votant... pour un autre. Exemple ? Le 21 avril 2002, premier tour de l'élection présidentielle. La gauche est divisée (on est donc dans le cas de figure 1). Le Pen et Jospin sont au coude à coude au premier tour, Chirac est loin devant. Mettons que je sois un électeur chiraquien. Ai-je intérêt à voter Chirac ? Non, car il a suffisamment de marge pour passer au second tour même sans mon vote. J'ai intérêt à voter Le Pen, car Jospin bat Chirac au second tour mais Chirac bat Le Pen.
Après, on peut dire que les méthodes de Condorcet favorisent Bayrou. C'est une vision un peu rapide. Elles favorisent, de façon générale, le consensus. C'est vraiment une question de politique générale : veut-on favoriser une politique clivante, agressive, infusée à la testostérone ou une politique qui vise au consensus et cherche avant tout les meilleures idées, où qu'elles soient ?
La vraie problématique, avec les méthodes de Condorcet, c'est qu'elles sont complexes. C'est un peu comme les ordinateurs de vote : le citoyen lambda n'a aucun contrôle sur la méthode. Il est extrêmement complexe de publier tous les résultats et encore plus complexe de les contrôler : autant dire que sans connaissances techniques, c'est mort. Actuellement, même Bébert peut contrôler les résultats en achetant son journal, ses clopes et un ballon de rouge.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.