• [^] # Re: Il y a des projets de lois mais aussi des lois déjà passées

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Dark side of the law. Évalué à 9. Dernière modification le 18 mars 2015 à 03:46.

    Le plus gros problème du système de scrutin actuel (du moins pour les présidentielles, premier tour : mise en jeu de tous les concurrents, second tour : remise en jeu de deux finalistes) est un problème social, pas algorithmique.

    En gros, le système actuel est fonctionnel du point de vue algorithmique : sonder la popularité des candidats au premier tour et ne garder que les deux plus populaires candidats pour le second tour est une bonne idée, et ça évite que le second tour soit identique au premier, ce qui permet d’avoir un nombre maximum de tour connu à l’avance (ici deux).

    Le problème de ce système, c’est qu’il fait fi de la nature sociale de l’homme qui a besoin d’être rassuré par le groupe et qui est tenté par faire des calculs ou des concessions (par exemple voter pour un candidat acceptable qui a plus de probabilité d’être élu que de voter pour un candidat préférable qui n’a aucune probabilité être élu).

    La réalité est que le premier tour ne fonctionne pas : la popularité des candidats n’est pas sondée au premier tours, au premier tours, on sonde les pronostics des électeurs.

    Les français ne votent pas pour leur candidat au premier tour, ils votent pour un candidat dont ils supposent que d’autres votent pour lui, cette supposition est fondée sur les sondages et la présence médiatique.

    Le seul moyen de corriger ce biais social, c’est d’avoir un mode de scrutin qui permette à tous les électeurs sans exception de voter pour leur favoris en ignorant sa popularité réelle (et non celle virtuelle du système médiatique), la solution est simple : il suffit d’avoir une remise en jeu de tous les candidats après le premier tour et donc d’avoir un scrutin à 3 tours : le premier tour est un sondage réel de l’électorat, le second tour est un tour de concession, le troisième tour est un duel.

    En fait l’élection présidentielle est déjà une élection à trois tours, mais seuls les médias votent au premier tour. Le premier tour de l’élection présidentielle est donc un suffrage capacitaire, seuls les second et troisième tours sont universels.

    Permettre à l’électeur de voter son candidat sans avoir connaissance des intentions des autres électeurs permet un sondage réel de l’électorat, mais aussi, permet à l’électeur de voter au moins une fois pour le candidat qu’il préfère (satisfaction personnelle), et permet à l’électeur de fonder ses calculs de votes sur une information fiable (ce qui est rassurant), ce qui peut grandement aider à lutter contre l’abstentionnisme.

    Dans l’état actuel des choses, les français votent des dits-favoris, pas pour des favoris, ni pour des candidats.

    Après il y a un autre débat : est-ce que la seule popularité est un critère suffisant et acceptable pour discerner l’aptitude d’un homme à assumer une charge.

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