Il y a, en gros, 4 types de germes, et deux types d'immunité.
Les agents infectieux se divisent entre :
Parasites
Champignons
Bactéries
Virus
Certains incluent les prions, mais ils ont un mode de transmission suffisamment spécifique pour ne pas nous intéresser ici. De toute façon, l'immunité est sans effet sur eux.
L'immunité est divisée entre immunité adaptative et immunité innée. Il existe une autre division, la séparation immunité cellulaire/immunité moléculaire, mais elle nous intéresse peu ici.
Les parasites ont généralement un mode de transmission spécifique. La plupart se transmettent sur un mode féco-oral, et impliquent donc la consommation d'aliments souillés par des excréments. Du fait de la généralisation de l'usage des toilettes, l'incidence des contaminations parasitaires est très faible dans les pays industrialisés, toutefois le manque de toilettes est un problème au niveau mondial. La plupart des parasites sont bien adaptés au système immunitaire et réussissent à nous infecter malgré lui. Le parasite le plus dangereux au niveau mondial est Treponema Pallidum, l'agent du paludisme, qui infecte plusieurs millions de personnes chaque année dans le monde.
Les champignons ne sont pathogènes que dans des conditions de sensibilité particulière, comme un SIDA ou une immunodépression. Autant dire que tu ne les rencontreras pas tous les jours et qu'ils ne menacent pas ta fille.
Les bactéries sont, elles, omniprésentes et jouent un rôle considérable dans la biosphère. La grande majorité des bactéries est non pathogène. Les bactéries ont des contraintes fortes pour vivre de façon autonome et leur composition est remarquablement stable au cours du temps ; ce qui fait que nous luttons principalement contre elles via l'immunité innée. J'y reviendrai.
Les virus sont extrêmement variés et de transmission très majoritairement inter-humaine, à l'exception de quelques-uns qui peuvent aussi infecter l'animal (grippe, rage, Ebola). Du fait de leur rapidité d'adaptation, l'immunité antivirale est majoritairement adaptative.
Qu'est-ce que l'immunité innée ? Elle est mise en place par des cellules et des molécules qui reconnaissent des motifs constants : telle cellule ne reconnaîtra qu'un seul sucre, qui ne se trouve jamais à l'état normal dans l'organisme mais compose la paroi bactérienne de façon systématique. La bactérie ne peut changer son sucre simplement (dans le but de tromper nos défenses) et cette immunité est programmée de façon génétique. Il est inutile de chercher à l'entraîner, ça ne marche pas. Un motif sera reconnu ou non, et s'il est reconnu à 3 ans, il sera reconnu à 15, puis à 40. C'est plus compliqué à 70 ans, mais c'est parce qu'au-delà de 70 ans tout se déglingue. Ça ne veut pas dire que la bactérie ne peut nous infecter : si tu mets un gramme de bactéries dans le sang, tu auras une belle infection. L'immunité innée se situe majoritairement aux portes d'entrées de l'organisme : peau, muqueuses. Elle se situe peu dans les organes profonds : muscles, cerveau, sang... En effet, pour parvenir aux organes profonds, il faut passer par une porte d'entrée.
L'immunité adaptative est mise en place par des cellules qui éditent leur propre séquence génétique, cas unique en biologie, pour produire des protéines aléatoires destinées à reconnaître des motifs aléatoires. Ces protéines sont soit fixées à la membrane cellulaire, soit libérées dans le sang : on parle alors d'anticorps. Ceci se passe de la façon suivante :
Une cellule édite sa séquence génétique et produit une protéine aléatoire.
La cellule est testée sur toutes les séquences existant dans l'organisme. Si une séquence est reconnue, la cellule est détruite. Ceci évite les maladies auto-immunes1.
Les cellules non détruites passent dans le sang et testent toutes les protéines qu'elles trouvent.
Quand une protéine provoque une réponse, la cellule se multiplie et active la synthèse d'anticorps. Elle procède à plusieurs cycles d'amélioration de sa réponse : édition aléatoire de la "recette de cuisine" - test de la nouvelle réponse - réédition de la recette. Ceci prend du temps : une à trois semaines. Le fait d'avoir modifié sa séquence génétique permet de transmettre la recette à ses descendantes, ce qui permet d'augmenter la synthèse d'anticorps.
Certaines descendantes repassent en mode "attente" et sont prêtes à se réactiver, ce qui permet une synthèse rapide et puissante d'anticorps en cas de nouvelle exposition.
L'immunité adaptative est plus complexe que l'immunité innée, elle est apparue plus tard dans l'évolution. Elle sert surtout à lutter contre les virus, ainsi on n'est jamais réinfecté par le même virus (sauf mutation). A l'inverse, on peut être réinfecté par la même bactérie.
Que voit-on avec ceci ? Eh bien qu'il est inutile de s'exposer volontairement à une bactérie ou un champignon. L'immunité face à eux est innée et ne s'adaptera pas. Quant à un parasite, c'est à éviter absolument car il sautera sur l'occasion de te contaminer.
Pour les virus, il est possible de s'y exposer volontairement... à condition de ne pas se mettre en danger du fait de cette exposition. C'est le principe du vaccin : on injecte des protéines virales séparées, des "bouts de virus", ainsi que des adjuvants destinés à faire croire au système immunitaire que c'est un méchant virus dangereux et qu'il faut y répondre.
Mais sinon, non, bouffer de la terre, ça va juste lui faire risquer une diarrhée ou une infection parasitaire (genre une toxocarose) sans rien apporter sur le plan immunitaire.
1 En pratique, certaines séquences ne sont pas testées, du coup certaines protéines nerveuses et testiculaires sont sensibles aux anticorps. L'organisme protège ces organes par une barrière. Si cette barrière est rompue, une auto-immunisation peut se produire.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: A t-on le choix ?
Posté par Liorel . En réponse au sondage Filaire vs sans-fil. Évalué à 10.
Il y a plusieurs choses à dire à ce sujet.
Il y a, en gros, 4 types de germes, et deux types d'immunité.
Les agents infectieux se divisent entre :
Les parasites ont généralement un mode de transmission spécifique. La plupart se transmettent sur un mode féco-oral, et impliquent donc la consommation d'aliments souillés par des excréments. Du fait de la généralisation de l'usage des toilettes, l'incidence des contaminations parasitaires est très faible dans les pays industrialisés, toutefois le manque de toilettes est un problème au niveau mondial. La plupart des parasites sont bien adaptés au système immunitaire et réussissent à nous infecter malgré lui. Le parasite le plus dangereux au niveau mondial est Treponema Pallidum, l'agent du paludisme, qui infecte plusieurs millions de personnes chaque année dans le monde.
Les champignons ne sont pathogènes que dans des conditions de sensibilité particulière, comme un SIDA ou une immunodépression. Autant dire que tu ne les rencontreras pas tous les jours et qu'ils ne menacent pas ta fille.
Les bactéries sont, elles, omniprésentes et jouent un rôle considérable dans la biosphère. La grande majorité des bactéries est non pathogène. Les bactéries ont des contraintes fortes pour vivre de façon autonome et leur composition est remarquablement stable au cours du temps ; ce qui fait que nous luttons principalement contre elles via l'immunité innée. J'y reviendrai.
Les virus sont extrêmement variés et de transmission très majoritairement inter-humaine, à l'exception de quelques-uns qui peuvent aussi infecter l'animal (grippe, rage, Ebola). Du fait de leur rapidité d'adaptation, l'immunité antivirale est majoritairement adaptative.
Qu'est-ce que l'immunité innée ? Elle est mise en place par des cellules et des molécules qui reconnaissent des motifs constants : telle cellule ne reconnaîtra qu'un seul sucre, qui ne se trouve jamais à l'état normal dans l'organisme mais compose la paroi bactérienne de façon systématique. La bactérie ne peut changer son sucre simplement (dans le but de tromper nos défenses) et cette immunité est programmée de façon génétique. Il est inutile de chercher à l'entraîner, ça ne marche pas. Un motif sera reconnu ou non, et s'il est reconnu à 3 ans, il sera reconnu à 15, puis à 40. C'est plus compliqué à 70 ans, mais c'est parce qu'au-delà de 70 ans tout se déglingue. Ça ne veut pas dire que la bactérie ne peut nous infecter : si tu mets un gramme de bactéries dans le sang, tu auras une belle infection. L'immunité innée se situe majoritairement aux portes d'entrées de l'organisme : peau, muqueuses. Elle se situe peu dans les organes profonds : muscles, cerveau, sang... En effet, pour parvenir aux organes profonds, il faut passer par une porte d'entrée.
L'immunité adaptative est mise en place par des cellules qui éditent leur propre séquence génétique, cas unique en biologie, pour produire des protéines aléatoires destinées à reconnaître des motifs aléatoires. Ces protéines sont soit fixées à la membrane cellulaire, soit libérées dans le sang : on parle alors d'anticorps. Ceci se passe de la façon suivante :
L'immunité adaptative est plus complexe que l'immunité innée, elle est apparue plus tard dans l'évolution. Elle sert surtout à lutter contre les virus, ainsi on n'est jamais réinfecté par le même virus (sauf mutation). A l'inverse, on peut être réinfecté par la même bactérie.
Que voit-on avec ceci ? Eh bien qu'il est inutile de s'exposer volontairement à une bactérie ou un champignon. L'immunité face à eux est innée et ne s'adaptera pas. Quant à un parasite, c'est à éviter absolument car il sautera sur l'occasion de te contaminer.
Pour les virus, il est possible de s'y exposer volontairement... à condition de ne pas se mettre en danger du fait de cette exposition. C'est le principe du vaccin : on injecte des protéines virales séparées, des "bouts de virus", ainsi que des adjuvants destinés à faire croire au système immunitaire que c'est un méchant virus dangereux et qu'il faut y répondre.
Mais sinon, non, bouffer de la terre, ça va juste lui faire risquer une diarrhée ou une infection parasitaire (genre une toxocarose) sans rien apporter sur le plan immunitaire.
1 En pratique, certaines séquences ne sont pas testées, du coup certaines protéines nerveuses et testiculaires sont sensibles aux anticorps. L'organisme protège ces organes par une barrière. Si cette barrière est rompue, une auto-immunisation peut se produire.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.