D’autre part, un genre neutre ou une absence de genre serait un moyen très simple (en théorie parce qu’en français...) de représenter toute une diversité d’individus sans les mettre dans les petites cases «homme», «femme».
Oui, ce sont les deux options envisageables (je n’en vois pas d’autre).
La première option (avoir un genre neutre distinct du masculin) n’est guère réaliste à mon sens. Ce serait trop compliqué. Il y aurait trop de nouvelles terminaisons, de nouveaux pronoms et de nouvelles formes neutres de noms à inventer. Déjà que personne n’est d’accord sur ce que devrait être le féminin de « auteur » — est-ce « auteure » ou « autrice » ? —, je n’ose pas imaginer à quoi pourraient ressembler les propositions pour le neutre.
Par ailleurs, la tendance dans l’évolution des langues est plutôt à la simplification. Par exemple, beaucoup de langues se sont débarrassées des suffixes indiquant des cas grammaticaux. Ainsi en anglais, ils ne survivent guère que dans quelques formes de pronoms comme who / whom, et encore même l’usage de whom tend à disparaître au profit du seul who quel que soit le cas grammatical.
Faire apparaître un nouveau genre grammatical (en le différenciant du masculin avec lequel il se confond actuellement) irait à l’encontre de cette tendance à la simplification et risque de ne pas avoir beaucoup de succès.
Reste la seconde option, ne pas avoir de genre du tout. C’est complètement faisable (il y a déjà des langues sans genre), ça peut précisément s’inscrire dans la simplification naturelle de la langue, et ça résoud d’un coup tous les problèmes.
Dommage que les actions des féministes prétendument non-sexistes aillent complètement dans l’autre direction, et favorisent plutôt le renforcement du genre féminin (à travers, par exemple, la féminisation des noms de métier) plutôt que sa disparition (parce que oui, faire disparaître le féminin est probablement le moyen le plus efficace et le plus rapide de faire disparaître la notion de genre — lorsqu’il sera tout seul, le masculin ne sera plus).
Les formes d’écritures qui visent à faire apparaître explicitement les deux genres (comme « certain-e-s ») ne vont pas dans cette direction non plus.
[^] # Re: Aparté
Posté par gouttegd . En réponse à la dépêche Un peu plus de sécurité sous Linux. Évalué à 3.
Oui, ce sont les deux options envisageables (je n’en vois pas d’autre).
La première option (avoir un genre neutre distinct du masculin) n’est guère réaliste à mon sens. Ce serait trop compliqué. Il y aurait trop de nouvelles terminaisons, de nouveaux pronoms et de nouvelles formes neutres de noms à inventer. Déjà que personne n’est d’accord sur ce que devrait être le féminin de « auteur » — est-ce « auteure » ou « autrice » ? —, je n’ose pas imaginer à quoi pourraient ressembler les propositions pour le neutre.
Par ailleurs, la tendance dans l’évolution des langues est plutôt à la simplification. Par exemple, beaucoup de langues se sont débarrassées des suffixes indiquant des cas grammaticaux. Ainsi en anglais, ils ne survivent guère que dans quelques formes de pronoms comme who / whom, et encore même l’usage de whom tend à disparaître au profit du seul who quel que soit le cas grammatical.
Faire apparaître un nouveau genre grammatical (en le différenciant du masculin avec lequel il se confond actuellement) irait à l’encontre de cette tendance à la simplification et risque de ne pas avoir beaucoup de succès.
Reste la seconde option, ne pas avoir de genre du tout. C’est complètement faisable (il y a déjà des langues sans genre), ça peut précisément s’inscrire dans la simplification naturelle de la langue, et ça résoud d’un coup tous les problèmes.
Dommage que les actions des féministes prétendument non-sexistes aillent complètement dans l’autre direction, et favorisent plutôt le renforcement du genre féminin (à travers, par exemple, la féminisation des noms de métier) plutôt que sa disparition (parce que oui, faire disparaître le féminin est probablement le moyen le plus efficace et le plus rapide de faire disparaître la notion de genre — lorsqu’il sera tout seul, le masculin ne sera plus).
Les formes d’écritures qui visent à faire apparaître explicitement les deux genres (comme « certain-e-s ») ne vont pas dans cette direction non plus.