Un jour, un enfant se blesse gravement à l’école et doit se faire opérer. L’école appelle alors le père de l’enfant, qui s’empresse de l’emmener à l’hôpital. Arrivé là-bas, le personnel prépare l’intervention, et le docteur arrive dans le salle d’opération. Celui-ci s’exclame alors « je ne peux pas opérer cet enfant, c’est ma fille ! ».
En lisant ce texte, il y a de fortes chances que tu ait d’abord pensé, d’une part que l’enfant était un garçon, d’autre part que le docteur était un homme. En lisant un texte supposément neutre au niveau du genre, nous pensons tout de suite au masculin.
Non, j'ai pensé à un enfant, genre neutre. Et comme j'ai bien lu que c'était le père qui amenait l'enfant à l'hôpital, il devient évident que s'il s'agit de la fille du docteur, alors le docteur ne peut-être que la mère*, le docteur n'étant d'office plus un genre neutre, mais féminin.
Je crois que le problème des gens qui se plaignent du genre neutre masculin est que, d'une part, ils ne savent pas lire le Français, voire ne le comprennent pas, et que d'autre part, ils sont tellement obsédés par leur petite personne qu'ils projettent tout – mais absolument tout – selon le prisme de leur vision sexualisée des choses.
Quand moi je commence à lire un bouquin dans lequel le héros est « un homme » (genre précisé), je ne vais pas me construire l'image d'un homme blanc (parce que je suis blanc) par exemple, mais je vais me construire mentalement la silhouette d'un homme, sans aucun détails autres que ceux que la poursuite de la lecture va m'apporter. Et si à un moment le récit dévoile que cet homme était un noir/asiatique/peau rouge, hé bien à aucun moment je ne suis surpris.
Tout découle de la construction mentale que tu te fais des choses, et ce n'est pas parce que – toi – tu as une construction mentale défaillante (ou différente, ou orientée, si tu préfères) du fait que tu accordes une place trop importante à ton genre (ou au genre en général), que c'est le cas des gens normaux qui lisent seulement ce qui est écrit.
Après, peut-être que tes professeurs de Français n'ont pas su t'apprendre à lire correctement (voire tes professeurs tout court, vu à quel point la lecture d'énoncés est importante pour la résolution d'un problème), ou peut-être que tu as des raisons personnelles de te lancer dans une cabale du genre, mais personnellement j'éprouve une gêne certaine à ce qu'on m'impose de tout genrer, et en particulier le neutre.
La chose m'est tellement désagréable que je ne cache pas que j'arrête quasi-systématiquement la lecture d'un texte lorsque je tombe sur un « -e- », alors que je n'ai pourtant aucun problème avec l'égalité des sexes ou quoi que ce soit d'autre, j'estime juste que la lecture en est fortement gênée, et il ne fait aucun doute au fond de moi que ces constructions ne sont juste qu'un enième combat contre le mâle hétérosexuel blanc à abattre. D'ailleurs, c'est le combat terroriste ouvertement déclaré dans ton lien plus haut. Ben désolé de ne pas apprécier, en plus de ne pas adhérer.
* Et oui, ma vision de la procréation est naturelle et implique un père et une mère biologiques.
[^] # Re: Aparté
Posté par Foutaises . En réponse à la dépêche Un peu plus de sécurité sous Linux. Évalué à 5. Dernière modification le 07 mars 2015 à 23:45.
Non, j'ai pensé à un enfant, genre neutre. Et comme j'ai bien lu que c'était le père qui amenait l'enfant à l'hôpital, il devient évident que s'il s'agit de la fille du docteur, alors le docteur ne peut-être que la mère*, le docteur n'étant d'office plus un genre neutre, mais féminin.
Je crois que le problème des gens qui se plaignent du genre neutre masculin est que, d'une part, ils ne savent pas lire le Français, voire ne le comprennent pas, et que d'autre part, ils sont tellement obsédés par leur petite personne qu'ils projettent tout – mais absolument tout – selon le prisme de leur vision sexualisée des choses.
Quand moi je commence à lire un bouquin dans lequel le héros est « un homme » (genre précisé), je ne vais pas me construire l'image d'un homme blanc (parce que je suis blanc) par exemple, mais je vais me construire mentalement la silhouette d'un homme, sans aucun détails autres que ceux que la poursuite de la lecture va m'apporter. Et si à un moment le récit dévoile que cet homme était un noir/asiatique/peau rouge, hé bien à aucun moment je ne suis surpris.
Tout découle de la construction mentale que tu te fais des choses, et ce n'est pas parce que – toi – tu as une construction mentale défaillante (ou différente, ou orientée, si tu préfères) du fait que tu accordes une place trop importante à ton genre (ou au genre en général), que c'est le cas des gens normaux qui lisent seulement ce qui est écrit.
Après, peut-être que tes professeurs de Français n'ont pas su t'apprendre à lire correctement (voire tes professeurs tout court, vu à quel point la lecture d'énoncés est importante pour la résolution d'un problème), ou peut-être que tu as des raisons personnelles de te lancer dans une cabale du genre, mais personnellement j'éprouve une gêne certaine à ce qu'on m'impose de tout genrer, et en particulier le neutre.
La chose m'est tellement désagréable que je ne cache pas que j'arrête quasi-systématiquement la lecture d'un texte lorsque je tombe sur un « -e- », alors que je n'ai pourtant aucun problème avec l'égalité des sexes ou quoi que ce soit d'autre, j'estime juste que la lecture en est fortement gênée, et il ne fait aucun doute au fond de moi que ces constructions ne sont juste qu'un enième combat contre le mâle hétérosexuel blanc à abattre. D'ailleurs, c'est le combat terroriste ouvertement déclaré dans ton lien plus haut. Ben désolé de ne pas apprécier, en plus de ne pas adhérer.
* Et oui, ma vision de la procréation est naturelle et implique un père et une mère biologiques.