Attention, ne pas confondre le genre grammatical d'une langue avec le caractère sexué d'une personne : cela n'a strictement rien à voir :
Marrant qu’on classe l’écriture non sexiste comme syndrome d’une méconnaissance du français.
Je vais raconter une petite histoire.
Un jour, un enfant se blesse gravement à l’école et doit se faire opérer. L’école appelle alors le père de l’enfant, qui s’empresse de l’emmener à l’hôpital. Arrivé là-bas, le personnel prépare l’intervention, et le docteur arrive dans le salle d’opération. Celui-ci s’exclame alors « je ne peux pas opérer cet enfant, c’est ma fille ! ».
En lisant ce texte, il y a de fortes chances que tu ait d’abord pensé, d’une part que l’enfant était un garçon, d’autre part que le docteur était un homme. En lisant un texte supposément neutre au niveau du genre, nous pensons tout de suite au masculin.
Assimiler le féminin au masculin, c’est donc invisibiliser les personnes genrées au féminin, c’est dire que le masculin est le genre par défaut et que le féminin est l’autre, l’exception (voir à ce sujet Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir).
On peut aussi voir la chose autrement. Imaginons que il soit le pronom pour les blancs, et elle le pronom pour les noirs. Mais que dans notre grande bonté de blancs, ils inclut aussi les noirs, parfois même au singulier. Parce que vous m’voyez, les blancs ils sont vachement plus nobles et tout (raison originale pour laquelle le masculin «l’emporte sur le féminin»).
Bien sûr, beaucoup de blancs et beaucoup de noirs ne voient absolument pas le problème et ne trouvent pas que la langue est sexiste, et se battent corps et âme pour que leur langue reste ainsi. Bien sûr, cela fait qu’être blanc est la caractéristique par défaut, et noir l’exception.
Finalement, les gens pensent que leur langue ne pose aucun problème alors qu’elle n’est:
ni équitable pour les genres binaires (essayez de vous genrer au féminin pour voir... il faut jongler entre le «neutre» et le féminin quand ça nous concerne, c’est très perturbant comme exercice).
ni représentative de la diversité des individus (personnes non-binaires) qui eux aussi sont réduit à être complètement invisible ou fondu dans le masculin/neutre/absolu/universel.
On dit le soleil et la lune,
Comme dit précédemment, on parle de personnes donc c’est sensiblement différent. D’autre part, une étude a conclut que les adjectifs que l’on associe aux mots genré au masculin sont différent de ceux qu’on genre au féminin... Le genre grammatical a bien plus d’influence sur notre esprit que ce que l’on pense (à part si comme d’autres rebelz, vous n’êtes pas non plus influencé par la publicité...).
en allemand c'est l'inverse,
C’est drôle que tu parles de ça parce qu’en Allemagne, c’est tout à fait normal de rédiger comme cela, c’est même choquant de ne pas le faire.
mais ça ne présume pas d'un organe génital sur ces objets célestes.
Attention, on parle de genre et pas de sexe. On utilise habituellement le genre grammatical correspondant au genre de la personne, indépendamment de ses organes génitaux ou d’autres caractéristiques physiques.
[^] # Re: Aparté
Posté par ariasuni . En réponse à la dépêche Un peu plus de sécurité sous Linux. Évalué à 1.
Marrant qu’on classe l’écriture non sexiste comme syndrome d’une méconnaissance du français.
Je vais raconter une petite histoire.
En lisant ce texte, il y a de fortes chances que tu ait d’abord pensé, d’une part que l’enfant était un garçon, d’autre part que le docteur était un homme. En lisant un texte supposément neutre au niveau du genre, nous pensons tout de suite au masculin.
Assimiler le féminin au masculin, c’est donc invisibiliser les personnes genrées au féminin, c’est dire que le masculin est le genre par défaut et que le féminin est l’autre, l’exception (voir à ce sujet Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir).
On peut aussi voir la chose autrement. Imaginons que il soit le pronom pour les blancs, et elle le pronom pour les noirs. Mais que dans notre grande bonté de blancs, ils inclut aussi les noirs, parfois même au singulier. Parce que vous m’voyez, les blancs ils sont vachement plus nobles et tout (raison originale pour laquelle le masculin «l’emporte sur le féminin»).
Bien sûr, beaucoup de blancs et beaucoup de noirs ne voient absolument pas le problème et ne trouvent pas que la langue est sexiste, et se battent corps et âme pour que leur langue reste ainsi. Bien sûr, cela fait qu’être blanc est la caractéristique par défaut, et noir l’exception.
Finalement, les gens pensent que leur langue ne pose aucun problème alors qu’elle n’est:
Comme dit précédemment, on parle de personnes donc c’est sensiblement différent. D’autre part, une étude a conclut que les adjectifs que l’on associe aux mots genré au masculin sont différent de ceux qu’on genre au féminin... Le genre grammatical a bien plus d’influence sur notre esprit que ce que l’on pense (à part si comme d’autres rebelz, vous n’êtes pas non plus influencé par la publicité...).
C’est drôle que tu parles de ça parce qu’en Allemagne, c’est tout à fait normal de rédiger comme cela, c’est même choquant de ne pas le faire.
Attention, on parle de genre et pas de sexe. On utilise habituellement le genre grammatical correspondant au genre de la personne, indépendamment de ses organes génitaux ou d’autres caractéristiques physiques.
Écrit en Bépo selon l’orthographe de 1990