Ils ont aussi un mode de fonctionnement différent: ils ont leur propre trucs, ils ne standardisent pas
Jusque-là, tout le monde a toujours un peu l'impression que ceux d'en face ne standardisent pas. Pour un développeur non-XMPP, une XEP c'est pas un standard (en tous cas pas plus que la spécification de StatusNet). Bon après, certains ont vraiment fait les gorets avec leurs spec', genre Diaspora à leurs débuts.
et il y avait une boite derrière si je ne m'abuse, avec un certain nombre de dévs.
C'est vrai, mais c'est le cas aussi chez certains acteurs XMPP (OneTeam, IgniteRealtime, ...). Et si tu veux du microbloggage tout seul et sans boîte, il y avait le Friendika de l'époque qui correspondait assez. Bref, ça existait.
mais j'ai l'impression que identi.ca a fait une belle erreur en passant à pump.io.
J'ai l'impression qu'ils ont fait pas mal de belles erreurs, en fait. Pump en est peut-être une, je connais assez mal. En revanche, avoir voulu à tout prix intégrer de la confidentialité dans un modèle qui ne s'y prêtait pas (et qui ciblait Twitter qui n'en avait guère non plus de toutes manières), ça a probablement tué StatusNet.
Le problème c'est toujours le même: on n'est pas beaucoup aidés.
C'est vrai, et je plaide coupable. Ceci étant, si on considère la raison pour laquelle on s'est mis à parler d'XMPP ici, il y a peut-être un élément de réponse dans le caractère extrèmement formel d'une contribution XMPP "utile" : je peux toujours faire un truc perso pas standard dans mon coin, mais si je veux être un bon citoyen XMPP il faut que je me farcisse une XEP, que je la défende, maintienne, etc.
Alors que si je veux contribuer à RedMatrix (pour en citer un que je connais), il me suffit d'aller discuter le bout de gras avec le développeur principal, de faire un pull request, et c'est parti : j'ai contribué et tout le monde en profite.
À vouloir être un standard et/ou un écosystème avant d'être un produit, XMPP tend à n'être qu'une solution pour développeurs, pas pour utilisateurs. Or, les développeurs libres sont très souvent d'abord des utilisateurs.
Matrix, le sujet de ce journal, ils ont eu la bonne idée de faire une implémentation de référence. Alors on sait comment ça se passe, il y a toutes les chances que celle-ci reste durablement la seule et unique implémentation, et que les contributeurs soient davantage contributeurs à cette implémentation qu'au standard. Certes. Mais fonctionnellement, ça ne sera qu'un demi-échec : Matrix évoluera quand même. Chez XMPP, il me faut choisir : soit je contribue à SàT, soit je contribue à Movim, soit je contribue à Jitsi... avec à chaque fois des technos radicalement différentes, et pas de "leader" qui se dégage. Et si je veux implémenter MES idées avec MA techno, la marche est considérable, sans garantie de pouvoir échanger plus avec l'écosystème que du chat texte et de la présence.
Fut un temps, j'ai cru que ça pourrait décoller. On voyait sortir des nouvelles librairies XMPP facilitant le boulot, et se lancer dans un nouveau client promettait de devenir "simple". On mettait du Web plein dans XMPP, et c'était cool. D'aucuns ont commencé à pousser XMPP (+BOSH) comme LE protocole pour remplacer AJAX. Là encore, la sauce n'a pas pris et WebSocket+WebRTC rendent les atouts d'XMPP-on-the-Web non-déterminants.
Ils font des conférences à plusieurs avec vidéo, il n'y a pas beaucoup de logiciels qui permettent ça à ma connaissance.
En libre, non, clairement. Il y a Subrosa, dont je parlais un peu plus haut. Mais le problème reste toujours le même : la connectivité coûte cher, et personne n'est prêt à en faire cadeau à des clients sans contrepartie.
Après, je vais être honnête : Jitsi, c'est probablement le "produit" le plus bandant pour un utilisateur lambda, et ce de tout l'écosystème XMPP. Notamment par son côté couteau suisse, dont le fait qu'il sache aussi parler le SIP. Tu vois où je veux en venir?
[^] # Re: Le Libre, c'est le choix, mais...
Posté par Larry Cow . En réponse au journal Pas seul dans la matrice. Évalué à 4.
Jusque-là, tout le monde a toujours un peu l'impression que ceux d'en face ne standardisent pas. Pour un développeur non-XMPP, une XEP c'est pas un standard (en tous cas pas plus que la spécification de StatusNet). Bon après, certains ont vraiment fait les gorets avec leurs spec', genre Diaspora à leurs débuts.
C'est vrai, mais c'est le cas aussi chez certains acteurs XMPP (OneTeam, IgniteRealtime, ...). Et si tu veux du microbloggage tout seul et sans boîte, il y avait le Friendika de l'époque qui correspondait assez. Bref, ça existait.
J'ai l'impression qu'ils ont fait pas mal de belles erreurs, en fait. Pump en est peut-être une, je connais assez mal. En revanche, avoir voulu à tout prix intégrer de la confidentialité dans un modèle qui ne s'y prêtait pas (et qui ciblait Twitter qui n'en avait guère non plus de toutes manières), ça a probablement tué StatusNet.
C'est vrai, et je plaide coupable. Ceci étant, si on considère la raison pour laquelle on s'est mis à parler d'XMPP ici, il y a peut-être un élément de réponse dans le caractère extrèmement formel d'une contribution XMPP "utile" : je peux toujours faire un truc perso pas standard dans mon coin, mais si je veux être un bon citoyen XMPP il faut que je me farcisse une XEP, que je la défende, maintienne, etc.
Alors que si je veux contribuer à RedMatrix (pour en citer un que je connais), il me suffit d'aller discuter le bout de gras avec le développeur principal, de faire un pull request, et c'est parti : j'ai contribué et tout le monde en profite.
À vouloir être un standard et/ou un écosystème avant d'être un produit, XMPP tend à n'être qu'une solution pour développeurs, pas pour utilisateurs. Or, les développeurs libres sont très souvent d'abord des utilisateurs.
Matrix, le sujet de ce journal, ils ont eu la bonne idée de faire une implémentation de référence. Alors on sait comment ça se passe, il y a toutes les chances que celle-ci reste durablement la seule et unique implémentation, et que les contributeurs soient davantage contributeurs à cette implémentation qu'au standard. Certes. Mais fonctionnellement, ça ne sera qu'un demi-échec : Matrix évoluera quand même. Chez XMPP, il me faut choisir : soit je contribue à SàT, soit je contribue à Movim, soit je contribue à Jitsi... avec à chaque fois des technos radicalement différentes, et pas de "leader" qui se dégage. Et si je veux implémenter MES idées avec MA techno, la marche est considérable, sans garantie de pouvoir échanger plus avec l'écosystème que du chat texte et de la présence.
Fut un temps, j'ai cru que ça pourrait décoller. On voyait sortir des nouvelles librairies XMPP facilitant le boulot, et se lancer dans un nouveau client promettait de devenir "simple". On mettait du Web plein dans XMPP, et c'était cool. D'aucuns ont commencé à pousser XMPP (+BOSH) comme LE protocole pour remplacer AJAX. Là encore, la sauce n'a pas pris et WebSocket+WebRTC rendent les atouts d'XMPP-on-the-Web non-déterminants.
En libre, non, clairement. Il y a Subrosa, dont je parlais un peu plus haut. Mais le problème reste toujours le même : la connectivité coûte cher, et personne n'est prêt à en faire cadeau à des clients sans contrepartie.
Après, je vais être honnête : Jitsi, c'est probablement le "produit" le plus bandant pour un utilisateur lambda, et ce de tout l'écosystème XMPP. Notamment par son côté couteau suisse, dont le fait qu'il sache aussi parler le SIP. Tu vois où je veux en venir?