• # Deux choses me laissent perplexe

    Posté par . En réponse au journal Auto-hébergement: pas toujours évident.... Évalué à 7.

    L'auto-hébergement comme son nom l'indique consiste à héberger soi-même les services que l'on confie généralement à des tiers "privateurs" de liberté.

    Est il nécessaire, dans ce cas, de faire la distinction entre "logiciel pour l'auto-hébergement" et "logiciel" (tout court) ?
    Que le service soit hébergé sur un serveur dans ton salon, sur un serveur dédié racké dans un datacenter ou encore sur une VM d'un gros serveur à <inserer ici le nom de ton hébergeur favori> change t il quoi que ce soit au fonctionnement de ce service ? A mon sens non.
    De la même façon, les hébergeurs qui s'appuient sur des softs libres pour proposer un service privateur utilisent les même logiciels que toi et moi... sans pour autant faire de l'auto-hébergement ;-)

    Pour être plus juste, il faudrait plutôt parler de pénurie d'applicatifs "serveurs" libres que d'applicatifs "pour l'auto-hébergement".

    Un autre point me fait sourire, tu évoques la simplicité dans le processus d'hébergement.
    L'administration système est un métier et "simplifier" ce dernier représente pour moi un risque non négligeable.
    Si demain Mme Michu est capable de déployer un serveur pour l'auto-hébergement sur son petit PC, quid du jour ou une énorme faille de sécurité vient toucher la configuration "par défaut" d'un service ? Quid du jour ou, pour une obscure raison, le MTA du serveur se vautre et ne se relance pas ? Ce jour là, les belles idées de l'auto-hébergement qui est plus fiable et plus sécurisé que google et ses amis voleront en éclat.
    Certes, aujourd'hui, les gens qui se lancent dans l'auto-hébergement ont une bonne culture de l'informatique et peuvent généralement faire face à 90% des problèmes rencontrés ... mais mon expérience dans l'administration système me pousse à croire que les 10% restants, les problèmes réellement velus (le genre de problème où il faut strac-er le process pour voir qu'il se vautre à tel endroit), peuvent amener au mieux un bon gros mal de tête et au pire la perte de quelques mails "importants".
    Niveau "sécurité", on repassera ...

    Pour résumer, j'ai l'impression que dans ton journal, tu demandes un peu tout et son contraire: simplicité d'un côté, exhaustivité des fonctions proposées de l'autre.
    A mes yeux, simplicité et exhaustivité sont tout bonnement incompatibles aujourd'hui...

    Allé, j'ai envie de lancer un petit sondage aux amateurs d'auto-hébergement qui tiendra en quelques questions:

    _ Les systèmes de fichiers qui reçoivent vos mails et documentroot sont ils sur du RAID ?

    _ En cas de panne hardware (CPU fendu, carte mère HS, disques HS), en combien de temps pouvez vous remonter une configuration "de backup" et, si les disques sont en cause, en combien de temps pouvez vous remonter un l'OS et ses services à l'identique ?

    _ Votre noyau est il "hardené" ? (patch contre les stacks/heap/whatever overflow, adresses mémoire aléatoire, support des modules desactivés, etc...).

    _ Vos différents services sont ils isolés au sein de différents containers (LXC, VZ, whatever) ?

    _ Quelle est la fréquence de vos backups mail et web et quel est le support ?

    _ Si le support de vos backups est un serveur sur internet administré par un tiers (ftp de free, cloud amazon), quelle méthode de chiffrement utilisez vous pour ces derniers ?

    Ce petit sondage, si il est un peu suivi, devrait nous permettre d'y voir un peu plus clair sur la réalité de l'auto-hébergement: ce qu'il est théoriquement possible de faire, on le sait tous ... mais qu'en est il de ce que peux faire un geek passionné sur son temps libre ?
    A vos commentaires !