• [^] # Re: Nationalisé ?

    Posté par . En réponse au journal Projet pour une presse libre. Évalué à 4.

    L'article du monde diplo parle de nationalisé une parti de la production des journaux. Dans le but de les rendre plus pérenne et de mieux payer ceux qui font les journaux. J'ai un gros doute sur le fait que l'état puisse faire cela correctement, mais bon.

    Je partage ton doute mais de ce que j'ai compris, la proposition du monde diplomatique n'est pas - nécessairement - une nationalisation de la production. On peut imaginer différentes échelles et des réseaux d'imprimerie et de distribution réparties sur le territoire en cohésion avec le public visé par le journal.

    "A qui profiterait la mutualisation et à quelles conditions ? A toute la presse d’information d’intérêt général, sans distinction d’opinion, de prestige ou de taille, pourvu que ses éditeurs adoptent le statut d’entreprise à but non lucratif (le bénéfice n’est pas distribué aux actionnaires), ne possèdent pas plus d’un titre dans chaque type de périodicité (quotidien, hebdomadaire, etc.) et proscrivent toute publicité de leurs colonnes ainsi que de leurs écrans."
    Mouais... Il suffit que le statut juridique donne droit à des aides automatiques, et le résultat sera le même, sans l'usine à gaz administrative.

    L'un des éléments les plus intéressants à mes yeux. Pierre Rimbert ne parle pas d'attribuer « des aides », il parle de ne plus laisser les propriétaires et les publicitaires décider de ce qui doit être produit. En remplaçant le financement publicitaire par une cotisation, les différents corps de métiers ne produiront pas moins ! Il ne s'agit pas de remplacer une activité productive par une activité improductive, il s'agit de reprendre aux annonceurs et détenteurs de capitaux le pouvoir de décider ce qui vaut ou non !

    et le financement :
    "Le mode de financement qui ne doit rien au marché ni à l’Etat existe déjà : la cotisation sociale."
    La différence est quand même ténu d'avec les impôts... Il est plus simple de faire une sorte de TVA sur le secteur comme avec le CNC, et la taxe de 2€ sur les billets de cinéma.

    Remplacer la pub par un impôt ou une cotisation, ça change pas grand chose sur le plan comptable. Ce que dit Friot (mentionné dans l'article), c'est que l'impôt est prélevé une fois que la valeur ajoutée a été répartie entre les salaires et les profits. Il a besoin que la valeur soit produite par l'état et le marché pour faire l'objet d'une *re*distribution, typiquement sous forme « d'aide ». La cotisation, quant à elle, est prise immédiatement sur la valeur ajoutée : elle reconnaît une production en-dehors de l'état et du marché. Tu te demandais comment à la fois faire baisser les coûts et augmenter les salaires ? Pierre Imbert propose de prendre exemple sur la production de soins : on arrête de rémunérer les détenteurs de capital, tout simplement parce que nous n'en avons pas besoin. Ça mérite d'être étudié, non ?

    Vu le succès de l'état la dedans, le plus simple est de ne pas avoir de structure. Il faut simplement une règle simple pour l'aide financière, et financer le développement de logiciel libre utile à tous, par exemple.

    Comment tu verrais ça, un peu plus précisément ? Il faut quand même une structure minimale pour que cette règle soit appliquée. Et si cette structure est composée d'un seul élément (que ce soit l'état ou un employeur quelconque) qui à la fois détient les cordons de la bourse, oriente et contrôle ce qui doit être produit, on se retrouve avec les contraintes dont doit se débarrasser la presse. Peut-être peut-on envisager 2 ou 3 entités très simples avec chacune un rôle bien délimité ? Du genre une caisse pour la cotisation destinée au salaire d'un côté, d'un autre côté une instance de délibération publique pour orienter l'investissement vers les projets considérés les plus utiles ?