Disons, que si on étudie le bobo parisien dans son milieu naturel, (je parle du bobo parisien, car c'est l’espèce que je connais) on s’aperçoit que le vrai problème du parisien (et donc du bobo parisien), c'est pas l'écologie (enfin pas directement) mais la bagnole. Enfin, pour être plus précis et plus juste, la saturation de la la voirie et des transports.
Le bobo parisien à la faculté de se soustraire d'une certaine manière à ce problème, d'une part il a les moyen d'avoir un appartement, voir un garage dans Paris, a proximité de son lieu de travail. Il peut donc adapter ses déplacements, prendre un deux roues, car il peut amener ses gosses (si il en a) à l'école à pied. Il fait moins de trajet, sa position est plus centrale et plus proche des gros nœuds du réseau.
Le problème se pose quand il commence à donner des leçons de morale en évoquant la sainte écologie a son beau frère banlieusard, qui a moins de moyen mais qui a préférer choisir de vivre en pavillon, et donc n'a pas trop le choix, doit prendre la voiture ou le RER et souffrir (tout en y contribuant) de la saturation des dits transport. Le bobo culpabilise donc le pabopabo, qui du coup à tendance a réagir assez négativement.
Si la saturation des transports ne peut pas être directement vu comme un problème écologique (c'est plutôt un problème qui a des conséquences écologiques) il y ressemble d'une certaine manière. On a une ressource (la voirie) et des espèces (bobo,pabopabo, bopabo(*)) en compétition pour l'utilisation d'une ressource vitale, le réseau de transport.
Le bobo veux que la voiture quitte la voirie pour laisser la place au vélo.
Le pabopabo veux des routes moins encombrés et des transports qui marchent.
Le bopabo est plutôt pour que ceux qui utilise la voirie la paye en fonction de sa rareté préféra donc que l'on la privatise que l'on institue des péages.
Comment alors réconcilier tout ce beau monde ?
Les bouchons illustrent bien le problème des effet de seuil lié à la sur-utilisation d'une ressource. Le réseau fonctionne correctement jusqu’à un seuil ou tout s'écroule et plus personne ne bouge. Cet effet de seuil d'utilisation des ressources est aussi souvent au cœur des problèmes écologiques et c'est ce qui les rend si difficile à réguler.
Dans les réseaux informatiques, en particulier avec TCP, on mitige ce problème grâce à un mécanisme assez intelligent de gestion de fenêtre de transmission. Lorsque le réseau sature, le trafic lié à TCP à la capacité de réduire le débit, en détectant les pertes de paquets lié a la saturation de la mémoire tampons des routeurs sur le parcours. ça marche assez bien, mais ce n'est pas parfait, en effet, les pertes de paquet et le remplissage des buffers induisent quand même de la latence, ce qui peut être problématique pour certaines applications.
Avec le cloud dans les datacenter, on commence a rencontrer le problème, car l'usage intensif de systèmes virtualisés et distribués utilisent énormément le réseau et d'une façon différente. Avec la scalabilité horizontale, les trafics entre machines (interne ou est-ouest suivant la littérature) explosent alors que traditionnellement on avait plutôt du trafic nord-sud vers des gros routeurs, firewalls et load-balancers puis l’extérieur.
La solution à ce problème telle qu'elle se profile actuellement, c'est de virtualisé aussi certaines fonction du réseau, c'est à dire déporté au niveau de chaque hyperviseur, les fonction de routage, de filtrage et de load-balancing. Un controleur central, une sorte de méta-hyperviseur, jouant les chefs d’orchestre et optimisant les ressources. C'est au cœur du SDN, le buzzword cloudesque du moment dans le métier. Je sais que c'est proprio, mais pour ceux que ça intéresse, la documentation de NSX, le NFV de VMWARE est très bien foutue. Mais ce sont les même concepts que l'on retrouve sur les solutions open-source. Personnellement, j'ai encore qu'une vision très littéraire de tout ça, car je n'ai jamais vraiment eu l'occasion d'expérimenter (c'est bien dommage), mais bon, ça viendra.
Mais vous allez me dire en quoi ça nous avance pour notre problème de (pas)bo(pas)bo parisiens et de saturation de transport ?
Ben c'est assez simple et en même temps compliqué, d'une certaine manière, il faudrait déporter certaines fonctions, qui nécessitent l'utilisation du réseau de transport à coté des parisiens et des banlieusards, c'est à dire, tout ou partie de son travail, du commerce, des loisirs, etc ... Par exemple, on peut adapter le télé-travail quand c'est possible, avoir des commerces de proximité capable de concurrencer les grandes surface peut-être en mariant intelligemment le commerce on-line avec le local, idem pour les services-public, etc ...
Pour en finir, une dernière remarque. Il y a une tendance naturelle chez les ingénieurs a focalisé sur un problème à l'exclusion du reste. Mais si on enlève ses oeilléres d'experts, on s’aperçoit quand s'inspirant de ce qui se passe à coté, on comprend mieux ses propres problèmes. J'ai pas mal compris de chose sur les problème de congestion réseau en allant bosser tout les jours le matin dans les bouchons et en observant comment ça se passe. Manque de pot pour les types dans les bouchons qui me lirait sur leur smartphone au lieu de regarder la route et faire attention aux motards, c'est plus facile de tirer des fibres que construire des routes ... et franchement, j'aimerais pas être à la place du type a qui on demanderais de décongestionner le réseau routier d'île de france.
(*) Le bourgeois pas bohème est une autre espèce de beau frère parisien. il a généralement plus de moyens que le beau frère bobo, un 4x4 BMW et un grand garage, lit le figaro, vote à droite, à une grande maison en Normandie où il chasse à l'occasion et il méprise aussi le beau frère écolo bobo.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: Pourquoi ajouter "écolo bobo"?
Posté par Big Pete . En réponse au journal I had a dream : des pingouins verts !. Évalué à 9.
Disons, que si on étudie le bobo parisien dans son milieu naturel, (je parle du bobo parisien, car c'est l’espèce que je connais) on s’aperçoit que le vrai problème du parisien (et donc du bobo parisien), c'est pas l'écologie (enfin pas directement) mais la bagnole. Enfin, pour être plus précis et plus juste, la saturation de la la voirie et des transports.
Le bobo parisien à la faculté de se soustraire d'une certaine manière à ce problème, d'une part il a les moyen d'avoir un appartement, voir un garage dans Paris, a proximité de son lieu de travail. Il peut donc adapter ses déplacements, prendre un deux roues, car il peut amener ses gosses (si il en a) à l'école à pied. Il fait moins de trajet, sa position est plus centrale et plus proche des gros nœuds du réseau.
Le problème se pose quand il commence à donner des leçons de morale en évoquant la sainte écologie a son beau frère banlieusard, qui a moins de moyen mais qui a préférer choisir de vivre en pavillon, et donc n'a pas trop le choix, doit prendre la voiture ou le RER et souffrir (tout en y contribuant) de la saturation des dits transport. Le bobo culpabilise donc le pabopabo, qui du coup à tendance a réagir assez négativement.
Si la saturation des transports ne peut pas être directement vu comme un problème écologique (c'est plutôt un problème qui a des conséquences écologiques) il y ressemble d'une certaine manière. On a une ressource (la voirie) et des espèces (bobo,pabopabo, bopabo(*)) en compétition pour l'utilisation d'une ressource vitale, le réseau de transport.
Le bobo veux que la voiture quitte la voirie pour laisser la place au vélo.
Le pabopabo veux des routes moins encombrés et des transports qui marchent.
Le bopabo est plutôt pour que ceux qui utilise la voirie la paye en fonction de sa rareté préféra donc que l'on la privatise que l'on institue des péages.
Comment alors réconcilier tout ce beau monde ?
Les bouchons illustrent bien le problème des effet de seuil lié à la sur-utilisation d'une ressource. Le réseau fonctionne correctement jusqu’à un seuil ou tout s'écroule et plus personne ne bouge. Cet effet de seuil d'utilisation des ressources est aussi souvent au cœur des problèmes écologiques et c'est ce qui les rend si difficile à réguler.
Dans les réseaux informatiques, en particulier avec TCP, on mitige ce problème grâce à un mécanisme assez intelligent de gestion de fenêtre de transmission. Lorsque le réseau sature, le trafic lié à TCP à la capacité de réduire le débit, en détectant les pertes de paquets lié a la saturation de la mémoire tampons des routeurs sur le parcours. ça marche assez bien, mais ce n'est pas parfait, en effet, les pertes de paquet et le remplissage des buffers induisent quand même de la latence, ce qui peut être problématique pour certaines applications.
Avec le cloud dans les datacenter, on commence a rencontrer le problème, car l'usage intensif de systèmes virtualisés et distribués utilisent énormément le réseau et d'une façon différente. Avec la scalabilité horizontale, les trafics entre machines (interne ou est-ouest suivant la littérature) explosent alors que traditionnellement on avait plutôt du trafic nord-sud vers des gros routeurs, firewalls et load-balancers puis l’extérieur.
La solution à ce problème telle qu'elle se profile actuellement, c'est de virtualisé aussi certaines fonction du réseau, c'est à dire déporté au niveau de chaque hyperviseur, les fonction de routage, de filtrage et de load-balancing. Un controleur central, une sorte de méta-hyperviseur, jouant les chefs d’orchestre et optimisant les ressources. C'est au cœur du SDN, le buzzword cloudesque du moment dans le métier. Je sais que c'est proprio, mais pour ceux que ça intéresse, la documentation de NSX, le NFV de VMWARE est très bien foutue. Mais ce sont les même concepts que l'on retrouve sur les solutions open-source. Personnellement, j'ai encore qu'une vision très littéraire de tout ça, car je n'ai jamais vraiment eu l'occasion d'expérimenter (c'est bien dommage), mais bon, ça viendra.
Mais vous allez me dire en quoi ça nous avance pour notre problème de (pas)bo(pas)bo parisiens et de saturation de transport ?
Ben c'est assez simple et en même temps compliqué, d'une certaine manière, il faudrait déporter certaines fonctions, qui nécessitent l'utilisation du réseau de transport à coté des parisiens et des banlieusards, c'est à dire, tout ou partie de son travail, du commerce, des loisirs, etc ... Par exemple, on peut adapter le télé-travail quand c'est possible, avoir des commerces de proximité capable de concurrencer les grandes surface peut-être en mariant intelligemment le commerce on-line avec le local, idem pour les services-public, etc ...
Pour en finir, une dernière remarque. Il y a une tendance naturelle chez les ingénieurs a focalisé sur un problème à l'exclusion du reste. Mais si on enlève ses oeilléres d'experts, on s’aperçoit quand s'inspirant de ce qui se passe à coté, on comprend mieux ses propres problèmes. J'ai pas mal compris de chose sur les problème de congestion réseau en allant bosser tout les jours le matin dans les bouchons et en observant comment ça se passe. Manque de pot pour les types dans les bouchons qui me lirait sur leur smartphone au lieu de regarder la route et faire attention aux motards, c'est plus facile de tirer des fibres que construire des routes ... et franchement, j'aimerais pas être à la place du type a qui on demanderais de décongestionner le réseau routier d'île de france.
(*) Le bourgeois pas bohème est une autre espèce de beau frère parisien. il a généralement plus de moyens que le beau frère bobo, un 4x4 BMW et un grand garage, lit le figaro, vote à droite, à une grande maison en Normandie où il chasse à l'occasion et il méprise aussi le beau frère écolo bobo.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.