• [^] # Re: Amazon, Azure, Google, ...

    Posté par . En réponse au journal I had a dream : des pingouins verts !. Évalué à 7.

    La scalabilité horizontale et les architectures élastiques (c'est ça aussi le cloud actuel) c'est quand même assez formidable pour améliorer la consommation.

    Mais je ne dit pas le contraire. Bon, je vais essayer de développer ce que je pense sur le fond du problème : l'écologie. Car la discussion porte aussi sur cet aspect du problème. Le problème écologique, il faut le penser comme économique et global, même si on n'agit vraiment qu'au niveau technique et local. C'est pour ça qu'en tant qu'ingénieur, on redoute souvent ce genre de discussion (faire des plans sur la queue de la comète comme on dit)

    Bon, en bref, on peut produire plus à un moindre coût énergétique, certes, au final, on fera donc plus pour le même impact écologique (du moins, du point de vue de notre consommation d'énergie). Mais si cela abouti à une augmentation de la consommation du fait de la chute des coûts de production (ce qui dans notre économie est symbolisé par la sainte croissance), au final, l'impact écologique augmentera et les écosystèmes s'épuiseront quand-même avec les conséquences que l'on connait.

    La notion de durabilité des écosystèmes (et pas forcément de leur conservation) est le fondement de la pensée écologiste moderne. Elle suppose que l'on arrive à internaliser la restauration et la préservation de ces écosystèmes dans l'économie réelle, ce qui dans le modèle ci-dessus modérerait la chute du coût de production (par exemple, plus on pompe sur une ressource, plus son cout augmente et ceci de façon non-linéaire) Ceci provoquerai, aussi une modération de la croissance en fonction de l'utilisation de la ressource. Mais ce n'est pas le cas, car ce coût est malheureusement ignoré et reporté dans le temps, sur les générations futures. Et au lieu d'avoir une côte dont le pourcentage augmenterait au fur à mesure qu'on la monte, on à une pente plus ou moins douce qui se termine dans un mur. (Faire du vélo permet de comprendre pas mal de chose sur l'écologie, mine de rien).

    Je pense donc que le problème écologique n'a pas de solution purement technique. Que prétendre à de telles solutions est utopique. Attention, je ne dit pas pour autant que le progrès ne sert à rien, bien au contraire, je dis juste que ça justification morale "écologiste" du progrès technique est un trompe l'oeil. De mon point de vue, pour être écolo, il faut avant tout se poser la question de l'impact global de nos actes (le coût réel, celui que l'économie à tant de mal à trouver) et le mettre en rapport avec l’utilité de l'acte (ce qu'il nous rapporte). Finalement, dans la balance, on s’aperçoit vite que les aspects techniques sont certes important mais secondaire. Il viennent dans un deuxième temps, si ça en vaut la peine.

    En conclusion, je pense que parler d'écologie n'a de sens que si tu prend le problème globalement, et c'est pour ça que l'on ne s'en sort pas. Certes optimiser les ressources peut paraître vertueux du point de vue écologique, mais sorti de son contexte global, cet arguments est juste un attrape nigaud utilisé à des fins publicitaire. Tout est dans le pourquoi on fait, pas dans le comment on fait.

    Il y a un très bon dessin de Geluck montrant le chat avec une tronçonneuse et qui dit :
    - C'est pas trop tôt.
    - Les types qui déboisent la forêt amazonienne acceptent enfin de faire un geste pour l'environnement.
    - Ils vont mettre de l'essence sans plomb dans leur tronçonneuse.

    J’espère que c'est plus clair comme ça. Note bien que sur le fond, je ne contredit absolument pas ce que tu dis sur les vertus en terme d'économie d'énergie des infrastructures de type cloud, hein, c'est juste pas plus écolo pour autant, tout dépend de ce que l'on en fait, ce dont on ne parle pas. Alors si on n'en parle pas autant ne pas évoquer l'écologie et laisser les pingouins verts tranquille, non ?

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.