J'ai assisté à quelques manifestations, parfois violentes (j'étais à Paris en 1986), c'est vrai que le nombre de mort parait faible, il ne faut pas pour autant nier les violences policières: trois ou quatre crs qui matraquent pendant une minute un type à terre, un crs qui explose le cuir chevelu d'un membre du service d'ordre de la LCR qui empêchait de charger la manifestation, je t'assure que ce genre de scènes te rendent fous d'agressivité, et je ne suis pas un partisan de la violence.
Il y a deux éléments dans ton message. Le premier est sur la légitimité de la violence, le second sur notre réaction instinctive face à la violence subie (ou subie par procuration, dans le cas du manifestant à côté de toi qui se fait cogner).
Sur la légitimité de la violence, il me semble qu'elle doit être proportionnée : à l'objectif poursuivi, et à l'intensité de la réponse en face. Dans le cas de Sivens, d'après le rapport de l'IGGN, l'objectif était le dégagement de la zone pour démarrage des travaux (la négociation ayant échoué) et la réponse en face comprenait des cocktails Molotov (lisez le rapport, il y a des photos en annexe). Alors bien sûr, c'est une source policière, mais le nombre de blessés hospitalisés est une mesure assez objective, et il me semble que quand on lance des cocktails Molotov, on est assez mal placé pour se plaindre de recevoir des grenades. Ils ont pu contrefaire les photos aussi mais là c'est casse-gueule comme argument (si on l'accepte on n'accorde plus aucune légitimité à l'État, donc on est obligé de faire confiance à l'État dans une certaine mesure).
Sur la méthode : le gendarme ayant lancé la grenade aurait (là encore, source policière) effectué plusieurs sommations comprenant le type de munition utilisée, et aurait employé la grenade dans le champ prévu par la loi et par la doctrine d'emploi. Dès qu'il a vu une personne tomber à terre, il a immédiatement appelé des secours.
Au vu de tous ces éléments, parler de "violence policière" est légitime : il y a bien usage de la violence. Par contre, sous-entendre que cette violence est illégitime ou gratuite ne me semble pas tenir la route.
Après, reste la question de notre réaction face à la violence subie. Il me semble naturel de réagir avec violence quand on est confronté à la violence. C'est pour ça qu'a été inventé l'état de droit : une autorité unique est légitime, l'État, et cette légitimité est strictement conditionnée aux conditions énoncées plus haut. Dans le cas contraire, procès et tout ce qui va avec. Mais oui, en effet, quand on s'aperçoit que même le droit ne suffit pas (voir par exemple à Ferguson), la violence redevient la seule réponse possible.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Street art
Posté par Liorel . En réponse au journal [SF] On vient de changer d'époque !. Évalué à 2.
Il y a deux éléments dans ton message. Le premier est sur la légitimité de la violence, le second sur notre réaction instinctive face à la violence subie (ou subie par procuration, dans le cas du manifestant à côté de toi qui se fait cogner).
Sur la légitimité de la violence, il me semble qu'elle doit être proportionnée : à l'objectif poursuivi, et à l'intensité de la réponse en face. Dans le cas de Sivens, d'après le rapport de l'IGGN, l'objectif était le dégagement de la zone pour démarrage des travaux (la négociation ayant échoué) et la réponse en face comprenait des cocktails Molotov (lisez le rapport, il y a des photos en annexe). Alors bien sûr, c'est une source policière, mais le nombre de blessés hospitalisés est une mesure assez objective, et il me semble que quand on lance des cocktails Molotov, on est assez mal placé pour se plaindre de recevoir des grenades. Ils ont pu contrefaire les photos aussi mais là c'est casse-gueule comme argument (si on l'accepte on n'accorde plus aucune légitimité à l'État, donc on est obligé de faire confiance à l'État dans une certaine mesure).
Sur la méthode : le gendarme ayant lancé la grenade aurait (là encore, source policière) effectué plusieurs sommations comprenant le type de munition utilisée, et aurait employé la grenade dans le champ prévu par la loi et par la doctrine d'emploi. Dès qu'il a vu une personne tomber à terre, il a immédiatement appelé des secours.
Au vu de tous ces éléments, parler de "violence policière" est légitime : il y a bien usage de la violence. Par contre, sous-entendre que cette violence est illégitime ou gratuite ne me semble pas tenir la route.
Après, reste la question de notre réaction face à la violence subie. Il me semble naturel de réagir avec violence quand on est confronté à la violence. C'est pour ça qu'a été inventé l'état de droit : une autorité unique est légitime, l'État, et cette légitimité est strictement conditionnée aux conditions énoncées plus haut. Dans le cas contraire, procès et tout ce qui va avec. Mais oui, en effet, quand on s'aperçoit que même le droit ne suffit pas (voir par exemple à Ferguson), la violence redevient la seule réponse possible.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.