Les coûts sont intégralement supportés par les opérateurs.
Ce n'est pas sans rappeler, à un degré bien moindre, les études scientifiques sur les effets du tabac par les vendeurs de cigarettes.
Oui et non. Tu as plusieurs façons de faire supporter les coûts par une entreprise. Tu peux aller quémander pour qu'elle te donne gentiment de l'argent (et là tu t'exposes au conflit d'intérêt, cas d'un certain nombre d'essais cliniques). Ou alors tu peux sortir la massue réglementaire, taxer l'entreprise et utiliser le produit de cette taxe pour financer l'étude, et là tu n'as plus de conflit d'intérêt puisque l'entreprise n'a plus de choix.
L'industrie du tabac emploie d'autres stratégies : elle ne conteste plus vraiment que le tabac cause des cancers (ce n'est plus contestable), mais elle va financer des études sur les effets bénéfiques de la nicotine pour le cerveau (que peu de gens contestent, vu que la toxicité du tabac vient surtout des goudrons issus de la combustion), ou sur tout un paquet d'autres substances cancérigènes (ce qui permet à l'OMS de classer tout et n'importe quoi dans les cancérigènes possibles ou avérés, contribuant au "tout est cancérigène" ambiant et faisant oublier que certains produits multiplient le risque de cancer par 1,1 et d'autres par 50). Enfin, il y a une dernière stratégie : ne parler que du cancer ! Le tabac cause tout un paquet d'autres pathologies, et les cancers ne représentent que la moitié des pathologies liées au tabac (en nombre de malades).
Il existe une stratégie humaine, à laquelle je pense que l'ARCEP est particulièrement sensible : passer non pas par l'argent mais par les personnes. Pour un domaine technique donné, les experts sont finalement peu nombreux. Ceci fait qu'il est difficile de recruter quelqu'un qui ne soit pas passé dans une entreprise du secteur. Cet expert aura gardé des relations humaines avec ses anciens collaborateurs qui sont toujours dans la boîte. Il fera ce qu'il peut pour rester objectif, mais il est difficile de prétendre ne plus les connaître sous prétexte qu'il est de l'autre côté de la barrière.
Enfin, une dernière stratégie est utilisable : proposer de soi-même un protocole de test ou critiquer le protocole de test existant en pointant les spécificités qui vous désavantagent (en expliquant la raison). Si on arrive à convaincre que c'est le meilleur moyen d'être objectif, c'est gagné ! Ça paraît grossier, mais ça tire parti du petit nombre de mesures : elles sont alors beaucoup plus sensibles aux fluctuations statistiques. Une seule mesure aberrante (en positif comme en négatif) met en péril la qualité de l'étude et il est donc crucial, pour l'entreprise comme pour l'autorité de tutelle, de s'assurer de la qualité de chaque mesure.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: pas encore lu le dit rapport
Posté par Liorel . En réponse au journal L'ARCEP vient de publier les résultats du projet de mesure de la qualité de l'accès Internet. Évalué à 5.
Oui et non. Tu as plusieurs façons de faire supporter les coûts par une entreprise. Tu peux aller quémander pour qu'elle te donne gentiment de l'argent (et là tu t'exposes au conflit d'intérêt, cas d'un certain nombre d'essais cliniques). Ou alors tu peux sortir la massue réglementaire, taxer l'entreprise et utiliser le produit de cette taxe pour financer l'étude, et là tu n'as plus de conflit d'intérêt puisque l'entreprise n'a plus de choix.
L'industrie du tabac emploie d'autres stratégies : elle ne conteste plus vraiment que le tabac cause des cancers (ce n'est plus contestable), mais elle va financer des études sur les effets bénéfiques de la nicotine pour le cerveau (que peu de gens contestent, vu que la toxicité du tabac vient surtout des goudrons issus de la combustion), ou sur tout un paquet d'autres substances cancérigènes (ce qui permet à l'OMS de classer tout et n'importe quoi dans les cancérigènes possibles ou avérés, contribuant au "tout est cancérigène" ambiant et faisant oublier que certains produits multiplient le risque de cancer par 1,1 et d'autres par 50). Enfin, il y a une dernière stratégie : ne parler que du cancer ! Le tabac cause tout un paquet d'autres pathologies, et les cancers ne représentent que la moitié des pathologies liées au tabac (en nombre de malades).
Il existe une stratégie humaine, à laquelle je pense que l'ARCEP est particulièrement sensible : passer non pas par l'argent mais par les personnes. Pour un domaine technique donné, les experts sont finalement peu nombreux. Ceci fait qu'il est difficile de recruter quelqu'un qui ne soit pas passé dans une entreprise du secteur. Cet expert aura gardé des relations humaines avec ses anciens collaborateurs qui sont toujours dans la boîte. Il fera ce qu'il peut pour rester objectif, mais il est difficile de prétendre ne plus les connaître sous prétexte qu'il est de l'autre côté de la barrière.
Enfin, une dernière stratégie est utilisable : proposer de soi-même un protocole de test ou critiquer le protocole de test existant en pointant les spécificités qui vous désavantagent (en expliquant la raison). Si on arrive à convaincre que c'est le meilleur moyen d'être objectif, c'est gagné ! Ça paraît grossier, mais ça tire parti du petit nombre de mesures : elles sont alors beaucoup plus sensibles aux fluctuations statistiques. Une seule mesure aberrante (en positif comme en négatif) met en péril la qualité de l'étude et il est donc crucial, pour l'entreprise comme pour l'autorité de tutelle, de s'assurer de la qualité de chaque mesure.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.