• [^] # Re: CAPES du numérique

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Rapport Lemoine : 180 propositions pour "numériser" notre économie. Évalué à 8. Dernière modification le 12 novembre 2014 à 11:04.

    un CAPES d'informatique n'est pas en soi la seule façon de recruter des enseignants en info au collège, on peut également supprimer le concours (pour tout le monde, cela va s'en dire).

    Ce serait une énorme réforme. Et puis s'ils ne sont pas parfaits, les concours ont aussi des avantages, et changer le mode de recrutement reviendrait à avoir un système avec des avantages et des inconvénients différents... décider si l'un ou l'autre est mieux est une question très complexe, qu'on peut se poser — mais alors il faut le faire sérieusement.

    Prenons pour comparer, l'exemple de l'Allemagne où les professeurs:

    1. Doivent trouver un lycée qui les recrute, c'est-à-dire qu'ils se retrouvent avec une formation pas très intéressante sur le marché du travail hors de l'éducation (les profs étudient deux matières et la pédagogie, ce qui leur donne un profil très généraliste) et pas de garantie d'embauche. En France, Le concours demande un an de préparation mais est un concours de recrutement et si on échoue, on a toujours une formation pointue dans la discipline qu'on a choisie, qui est plus facile à faire valoir sur le marché du travail qu'un profil généraliste.

    2. Doivent obtenir un diplôme d'État, délivré par une université, ce qui induit une distorsion de la reconnaissance, par exemple les profs titulaires d'un diplôme de NRW n'ont en pratique aucune chance de trouver un poste en Bavière. En France, on peut en principe travailler (削除) à Versailles (削除ここまで) dans n'importe quelle région. Pour les étudiants, c'est aussi intéressant d'avoir affaire à un processus très normalisé (la méthode de préparation et le niveau d'exigences sont très clairs) plutôt que de devoir s'adapter aux conditions de la fac où ils étudient.

    3. Doivent se décider assez tôt pour cette carrière, car leurs études incluent des stages nécessaire. Donc si on se plante (cf. 1) c'est beaucoup plus qu'un an qu'on perd.

    Bien-sûr les concours ont aussi plein d'inconvénients, mais je me vois pas décider si un système avec ou sans concours serait meilleur sans passer par une étude approfondie, et surtout une formulation claire de "meilleur" ­— ce qui est au fond une question politique.

    D'ailleurs, quand on voit le nombre de poste non pourvus en maths (c'est à dire qu'on refuse des candidats qui théoriquement devraient être admis)

    Qui théoriquement pourraient être admis, nuance importante! ☺ Le concours teste l'excellence académique, donc si ce critère n'est pas là, c'est normal de ne pas pourvoir les postes — du point de vue du recruteur, qui a décidé que l'excellence académique est un critère très important pour recruter des professeurs.

    Le problème du tarissement des candidats, vient du fait que c'est un travail difficile, peu reconnu socialement (ah ha, ces profs! tous des branleurs de gauche toujours en grève!), et franchement très mal payé.

    Dans mes amis, j'ai un prof de maths en prépa en toute fin de carrière, agrégé hors classe, chaire de machin bidule de prestige, qui fait des heures sups, il gagne dans les 5500€ brut par mois. À titre de comparaison, j'ai une amie prof en Allemagne, elle a 37 ans, pas forcément plus de travail que le précédent et fait 4800€ par mois. Donc les profs en France sont beaucoup plus mal payés qu'en Allemagne. Avec une qualification analogue, on n'a vraiment pas besoin d'attendre d'avoir 57 ans pour dépasser ce genre de salaires — mais un style de vie très différent! Mais au moins, on est sûr que ceux qui se présentent au concours ont la vocation! ☺