• [^] # Un modèle économique pour le libre

    Posté par . En réponse à la dépêche L'ATICA recommande l'utilisation de la licence GPL pour les développements libres des administrations. Évalué à 4.

    Si le logiciel produit n'est pas susceptible de convenir aux besoins d'autres entités, il est alors préférable de ne pas surcharger l'entité créatrice par une activité de diffusion

    Pour avoir développer une application au Ministère des Finances, je peux te confirmer que le besoin est réellement spécifique tant du point de vue de l'architecture matérielle (surtout) que logicielle. De ce constat, il me semble tout à fait logique que l'administration préconise de ne pas diffuser le produit sachant que cette charge de diffusion ne se limite pas à mettre en ligne les sources mais inclue :

    de nouveaux développements pour rendre modulaire et autonomes le code générique/réutilisable
    une documentation technique appropriée
    un effort de diffusion
    des ressources materielles et logicielles
    ...

    Il ne s'agit donc plus de Mettre en ligne mais bel et bien d'un projet à part entière que l'entité créatrice ne doit pas avoir obligation de supporter.

    Les idées progressent. Il faudra un jour avancer l'idée que l'administration n'utilise et ne commande *que* des LL. Après tout c'est payé par les impôts de la société, c'est normal que la société en profite

    Quant à n'utiliser que des productions libres, j'ai peur qu'à force de défendre ce crédo on oublie que le modèle libre n'est pas le seul possible/souhaitable et qu'il doit encore faire ses preuves aux yeux des professionnels.
    Si les développements libres s'appuient sur une communauté bénévole, un projet informatique, lui, a une durée de vie limitée. D'un besoin on souhaite aboutir à un produit y répondant dans un temps fini. Réaliser cet objectif dans une logique libre revient à ignorer cette contrainte et ne peut s'appliquer à tous les projets.
    En outre, je crois qu'au delà de la philosophie (humainement rejouissante) véhiculée par le modèle libre, il reste à inventer un véritable modèle économique viable basé sur cette approche. Les difficultés récurrentes des sociétés "opensource" construites autour de services ne me démentiront pas.

    En plus pourquoi exclure l'armée, l'hopital, la recherche et la pédagogie ?
    Quant à l'exclusion de certains domaines d'activités de la logique libre, j'estime qu'il y a encore des domaines sensibles qu'un pays peut souhaiter ne pas divulguer que ce soit pour des raisons de "souveraineté nationale" (le terme peut faire sourire mais en y réfléchissant nos sociétés le réclament chaque jour), de protection des populations ou de simple concurrence.

    Enfin, je crois aussi qu'autant il est sain (et gratifiant) de contribuer "gratuitement" à un projet autant l'évolution de notre société ne permet pas de tout considérer sous cet angle.

    Rêvons d'un monde idéal ou le besoin vital de chacun est satisfait et où la liberté te revient de faire progresser le genre humain, où le travail n'est plus une obligation, tout juste un souhait, où la société devienne plus que la somme de tous ses constituants, nous... où la société de droit ne dissimule plus nos devoirs.
    En attendant...

    Adage du jour : Toute vérité n'est pas bonne à dire. C'est pourtant ce que propose le Libre ;o)))