La différence entre les deux ne m'échappe pas (voir mon document "Dynamique du mouvement open source"). Mais, pour moi, il faut séparer le fond de la forme et ne pas rester braqué sur des débats de terminologie. Le logiciel libre correspond à une philosophie "pure" d'un mouvement plus large, qui est celui des logiciels à source ouverte. Si l'OSI donne une définition de l'open source proche de celle de logiciel libre (dans cette acceptation-là, le terme open source fait un peu double emploi à celui de free software), je préfère prendre le terme open source dans un sens plus large (logiciel à source ouverte), en y incluant des systèmes alternatifs comme la SCSL de Sun.
Ca peut paraître choquant pour les "puristes" (ceci dit sans connotation négative). Mais deux choses me semblent importantes :
-> Les sociétés utilisant du logiciel libre sont dans leur majorité en difficulté (voir Mandrake, Alcôve, Suse,...). Ca démontre quand même bien un réel problème. Pour moi, cette constation implique une réflexion sur le modèle économique sous jacent (si l'on admet que le logciel libre puisse donner lieu à une activité commerciale rentable), sur la façon de le promouvoir (marketing) et sur la gestion de l'innovation (ce qui pourrait impliquer une restriction en terme de PI, par exemple, voir Sun et la SCSL). Tel quel, le logiciel libre vise peut-être plus le développement d'un bien commun (ce qui est utile et respectable) et moins la pratique des affaires (ce qui implique une réflexion, notamment marketing).
-> Par ailleurs, le marketing ne concerne pas que la vente dans un cadre commercial. Il s'applique aux produits et services, mais aussi aux personnes, aux évènements,... ou donc aux logiciels libres ! Le but est quant même d'être utile à la communauté, de proposer une alternative aux outils propriétaires. Ca implique du marketing, non (proposer une alternative = "vente" = faire correspondre une offre et une demande = satisfaire un "client", contributeur ou simple utilisateur, ce qui fait deux types de client -> pas facile à gérer,...) ?!
<B>Sur le marketing terminologique</B>
Je ne chicanne pas sur les définitions de "marketing mix", "one-to-one" ou "analyse de Porter". Ce sont des notions courantes dans le domaine du marketing, qui me semblent bien s'adapter au marketing des logiciels libres / à source ouverte. Zelyph a donné quelques exemples d'applications intéressantes. Pour ma part, je pensais par exemple : à bien cerner le champ des produits concurrents pour s'en différencier réellement (complémentarité), à savoir promouvoir une communauté libre (identité, branding, partenariats externes,...), à la personnalisation de la communauté (site) en fonction du type de visiteur (contributeur ou simple utilisateur),... Ce ne sont que quelques exemples.
<B>Les détails à ne pas faire</B>
RMS me semble une composante essentielle du mouvement, même au niveau marketing. Si sa communication est peut-être mal adaptée aux entreprises, s'il s'arrête parfois à des problèmes de terminologie (comme logiciel libre et open source ;-) en laissant de côté des questions de fond, je pense qu'il représente et mobilise une fraction non négligeable du mouvement, et contribue donc aussi à sa façon à un effort marketing plus général. Quant à la photo sur le site, je prend cela comme une forme d'auto-dérision de RMS, ce que je trouve plutôt sympathique.
[Mea culpa pour le "bitogno qui suit le curseur", c'est amusant à programmer, mais ça ne sert pas à grand chose (on sait d'ailleurs le désactiver). Il faudra me résoudre à le supprimer :)]
<B>Marketing de Micorosoft</B>
Ce que font MS, IBM ou Sun, c'est créer une image positive autour de leurs produits. Je trouve qu'il n'y a rien de choquant ou de dégradant à développer cet aspect-là aussi pour les logciels libres (et les autres moins libres :). D'autant moins choquant que les produits (Linux, Gimp, OpenOffice, Mozilla,...) semblent bons.
# Re: Marketing et open source : l'impossible union ?
Posté par Robert VISEUR . En réponse à la dépêche Marketing et open source : l'impossible union ?. Évalué à 1.
La différence entre les deux ne m'échappe pas (voir mon document "Dynamique du mouvement open source"). Mais, pour moi, il faut séparer le fond de la forme et ne pas rester braqué sur des débats de terminologie. Le logiciel libre correspond à une philosophie "pure" d'un mouvement plus large, qui est celui des logiciels à source ouverte. Si l'OSI donne une définition de l'open source proche de celle de logiciel libre (dans cette acceptation-là, le terme open source fait un peu double emploi à celui de free software), je préfère prendre le terme open source dans un sens plus large (logiciel à source ouverte), en y incluant des systèmes alternatifs comme la SCSL de Sun.
Ca peut paraître choquant pour les "puristes" (ceci dit sans connotation négative). Mais deux choses me semblent importantes :
-> Les sociétés utilisant du logiciel libre sont dans leur majorité en difficulté (voir Mandrake, Alcôve, Suse,...). Ca démontre quand même bien un réel problème. Pour moi, cette constation implique une réflexion sur le modèle économique sous jacent (si l'on admet que le logciel libre puisse donner lieu à une activité commerciale rentable), sur la façon de le promouvoir (marketing) et sur la gestion de l'innovation (ce qui pourrait impliquer une restriction en terme de PI, par exemple, voir Sun et la SCSL). Tel quel, le logiciel libre vise peut-être plus le développement d'un bien commun (ce qui est utile et respectable) et moins la pratique des affaires (ce qui implique une réflexion, notamment marketing).
-> Par ailleurs, le marketing ne concerne pas que la vente dans un cadre commercial. Il s'applique aux produits et services, mais aussi aux personnes, aux évènements,... ou donc aux logiciels libres ! Le but est quant même d'être utile à la communauté, de proposer une alternative aux outils propriétaires. Ca implique du marketing, non (proposer une alternative = "vente" = faire correspondre une offre et une demande = satisfaire un "client", contributeur ou simple utilisateur, ce qui fait deux types de client -> pas facile à gérer,...) ?!
<B>Sur le marketing terminologique</B>
Je ne chicanne pas sur les définitions de "marketing mix", "one-to-one" ou "analyse de Porter". Ce sont des notions courantes dans le domaine du marketing, qui me semblent bien s'adapter au marketing des logiciels libres / à source ouverte. Zelyph a donné quelques exemples d'applications intéressantes. Pour ma part, je pensais par exemple : à bien cerner le champ des produits concurrents pour s'en différencier réellement (complémentarité), à savoir promouvoir une communauté libre (identité, branding, partenariats externes,...), à la personnalisation de la communauté (site) en fonction du type de visiteur (contributeur ou simple utilisateur),... Ce ne sont que quelques exemples.
<B>Les détails à ne pas faire</B>
RMS me semble une composante essentielle du mouvement, même au niveau marketing. Si sa communication est peut-être mal adaptée aux entreprises, s'il s'arrête parfois à des problèmes de terminologie (comme logiciel libre et open source ;-) en laissant de côté des questions de fond, je pense qu'il représente et mobilise une fraction non négligeable du mouvement, et contribue donc aussi à sa façon à un effort marketing plus général. Quant à la photo sur le site, je prend cela comme une forme d'auto-dérision de RMS, ce que je trouve plutôt sympathique.
[Mea culpa pour le "bitogno qui suit le curseur", c'est amusant à programmer, mais ça ne sert pas à grand chose (on sait d'ailleurs le désactiver). Il faudra me résoudre à le supprimer :)]
<B>Marketing de Micorosoft</B>
Ce que font MS, IBM ou Sun, c'est créer une image positive autour de leurs produits. Je trouve qu'il n'y a rien de choquant ou de dégradant à développer cet aspect-là aussi pour les logciels libres (et les autres moins libres :). D'autant moins choquant que les produits (Linux, Gimp, OpenOffice, Mozilla,...) semblent bons.
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Robert VISEUR.
http://oss.ecocentric.be(...)
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