• [^] # Re: Ogg Vorbis fait son chemin...

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Ogg Vorbis fait son chemin.... Évalué à 1.

    Compter les battements n'est pas si difficile que ça !
    Expérience :
    -prenez deux sons, provenant de préférence de sources de même nature (deux cordes de guitare, deux flutes, deux voix)
    -positionnez-les de façon à ce qu'elles atteignent la même fréquence à la fondamentale (c-a-d la même hauteur) - l'expérience est plus réussie si la hauteur choisie est grave - et evidemment, écoutez
    -variez d'un poil la hauteur de l'une de ces sources (plus facile avec une guitare qu'avec une flûte) et écoutez à nouveau...
    Normalement dans l'ensemble des deux sons apparaît un phénomène de battement qui résulte du jeu des différences légères entre les deux fréquences : plus la différence est faible, plus le battement sera lent. Admettons que, pour illustrer, le point de battement soit l'endroit de la période où chaque sons se rejoint, evidemment, plus il y a de différence, plus se point risque d'être rapproché...
    Il faut donc, pour bien entendre le battement, à la fois que les deux sons soient graves (c'est plus facile au début) et que leur différence soit minime...
    C'est en effet un principe pratique pour accorder un instrument polyphonique comme le piano ou la guitare, parce qu'il ne nécessite pas vraiment de connaître les valeurs absolues des sons pour retrouver la note juste, mais tout simplement d'écouter les battements... Enfin ce n'est pas tout à fait vrai non plus : primo, le piano n'a pas de doubles ou triples cordes à toutes les notes ; secundo, n'accorder un instrument que sur les battement va vite rendre l'impression d'un instrument faux, car en fait, accordé selon une echelle naturelle (appelée "bon tempérament"), alors que nous sommes habituée à une échelle qui espace les fréquences des notes de façon régulière et égale (appelée "tempéraent égal"). Ce système ne peut donc servir que d'indication sur des notes rapprochées.

    Dernière chose sur les battements qui est vraiment intéressante :
    le principe du battement est de faire apparaître une impression de choc lorsque les périodes de plusieurs sons se rencontrent. Imaginons alors que les sons en question soient relativement simples (timbre pas trop riche) exemple : des pipeaux ou des sinusoidales ; imaginons aussi que les sons choisis soient aigus, voire très aigus, mais qu'ils ne soient pas forcément trop proches ; dans ce cas, les battements sont si rapprochés qu'ils peuvent à une certaine vitesse de periode propre devenir eux-même des sons !
    C'est exactement ce qui se passe lorsque l'on écoute par exemple un duo de flutiaus provençaux, ou encore des porteuses de radio. En écoutant bien l'oreille semble générer d'elle-même un nouveau son... Et le plus fort c'est que comme la nature fait bien les choses, le rapport entre les sons fait que le son résultant sonne juste... il se pourrait même qu'il soit une des origines de l'harmonie, c'est à dire du choix culturel de la mise en commun de sons pour former un accord, du fait que ce son résultant est simplement le fondamental d'un accord qui serait constitué également des sons véritablement émis (pfffiouuu c'est sûrement plus facile à écrire qu'à lire !).
    D'ailleurs, il me semble que le pricipe du moirage dans le domaine du visuel, est assez proche, mais c'est une supposition.
    Voilà

    Sujet passionnant, et inhabituel sur linuxfr ;o)