D'où ça sort que maintenant les gens n'aiment pas les chercheurs ?
Vu de l'intérieur, le déclencheur a été les discours de N. Sarkozy entre fin 2008 et début 2009. Plusieurs charges hyper-violentes contre les chercheurs eux-même (ils sont là parce qu'il y a du chauffage, les prix Nobel sont l'arbre qui cache la forêt, etc), et contre le système de recherche "à la française" (avec des instituts indépendants qui échappent plus ou moins au contrôle de l'État).
En parallèle, le mouvement "sauvons la recherche" n'a pas connu un énorme soutien du grand public, parce que les grèves ont été vécues comme celles de fonctionnaires corporatistes (alors que, pour une fois, ça n'était pas vraiment le cas, en tout cas, les grèvistes défendaient plutôt le status des jeunes et des précaires). En quelques années, l'image des organismes de recherche, et en particulier du CNRS, se sont dégradées très significativement, et l'image du chercheur fonctionnaire, même si elle existait probablement au sein des milieux d'ultra-droite avant ça, s'est complètement banalisée au sein du grand public.
Dans les faits, on vit une sale période pour la recherche fondamentale. De plus en plus, par exemple, les rejets des projets déposés à l'ANR se basent sur des argumentaires de type "l'utilité du projet n'est pas démontrée", ou "le projet semble trop ambitieux". Le financement va à des projets de développement, avec un fonctionnement de type projet industriel ; la recherche exploratoire, fondamentale, ou innovante, est baillonnée par un harcèlement politique, administratif, et financier.
[^] # Re: On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Prix Ig Nobel de 2011 à 2014. Évalué à 7.
Vu de l'intérieur, le déclencheur a été les discours de N. Sarkozy entre fin 2008 et début 2009. Plusieurs charges hyper-violentes contre les chercheurs eux-même (ils sont là parce qu'il y a du chauffage, les prix Nobel sont l'arbre qui cache la forêt, etc), et contre le système de recherche "à la française" (avec des instituts indépendants qui échappent plus ou moins au contrôle de l'État).
En parallèle, le mouvement "sauvons la recherche" n'a pas connu un énorme soutien du grand public, parce que les grèves ont été vécues comme celles de fonctionnaires corporatistes (alors que, pour une fois, ça n'était pas vraiment le cas, en tout cas, les grèvistes défendaient plutôt le status des jeunes et des précaires). En quelques années, l'image des organismes de recherche, et en particulier du CNRS, se sont dégradées très significativement, et l'image du chercheur fonctionnaire, même si elle existait probablement au sein des milieux d'ultra-droite avant ça, s'est complètement banalisée au sein du grand public.
Dans les faits, on vit une sale période pour la recherche fondamentale. De plus en plus, par exemple, les rejets des projets déposés à l'ANR se basent sur des argumentaires de type "l'utilité du projet n'est pas démontrée", ou "le projet semble trop ambitieux". Le financement va à des projets de développement, avec un fonctionnement de type projet industriel ; la recherche exploratoire, fondamentale, ou innovante, est baillonnée par un harcèlement politique, administratif, et financier.