Il y a quelque chose qui me gène dans ces prix. Bien sûr, leurs auteurs ont ajouté l'idée de "qui fait réfléchir", ce qui n'était pas du tout là au départ (en fait, les premières années, c'était plutôt un "worst-of" des journaux scientifiques pourris). Il n'y a qu'à voir le titre "IgNobel", c'est quand même assez violent. De manière générale, il s'agit quand même de se moquer d'études de recherche, pas forcément que de la recherche fondamentale d'ailleurs, qui ne semblent pas "mainstream". C'est sûr qu'avec le deuxième degré, il y a 10 ans, ça aurait été marrant. Mais l'ambiance a radicalement changé ces dernières années, au moins en France, et il existe une part très significative de la population qui iraient bien arracher le mec qui fait léviter les grenouilles de son labo pour lui demander de faire un "vrai boulot".
Du coup, je me demande si les blagues sur les chercheurs qui font des trucs rigolos qui n'intéressent qu'eux, ça n'est pas comme les blagues sur les étrangers ou les homos : on trouve tous ça super drôle, jusqu'au jour où on se rend compte que le deuxième degré n'est pas forcément évident pour tout le monde. Il y a probablement des gens qui le prennent bien, et qui vont même chercher le prix; mais il y en a certainement d'autres qui le prennent comme une forme d'insulte.
Malheureusement, j'ai l'impression qu'on vit une époque un peu triste où communiquer autour de l'importance de l'éducation, de l'investissement, de la recherche, de la culture scientifique et artistique, etc., est extrêmement difficile, et que ces efforts peuvent être détruits en quelques secondes avec une blague potache. Il faut bien doser, quoi.
# On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Prix Ig Nobel de 2011 à 2014. Évalué à 8.
Il y a quelque chose qui me gène dans ces prix. Bien sûr, leurs auteurs ont ajouté l'idée de "qui fait réfléchir", ce qui n'était pas du tout là au départ (en fait, les premières années, c'était plutôt un "worst-of" des journaux scientifiques pourris). Il n'y a qu'à voir le titre "IgNobel", c'est quand même assez violent. De manière générale, il s'agit quand même de se moquer d'études de recherche, pas forcément que de la recherche fondamentale d'ailleurs, qui ne semblent pas "mainstream". C'est sûr qu'avec le deuxième degré, il y a 10 ans, ça aurait été marrant. Mais l'ambiance a radicalement changé ces dernières années, au moins en France, et il existe une part très significative de la population qui iraient bien arracher le mec qui fait léviter les grenouilles de son labo pour lui demander de faire un "vrai boulot".
Du coup, je me demande si les blagues sur les chercheurs qui font des trucs rigolos qui n'intéressent qu'eux, ça n'est pas comme les blagues sur les étrangers ou les homos : on trouve tous ça super drôle, jusqu'au jour où on se rend compte que le deuxième degré n'est pas forcément évident pour tout le monde. Il y a probablement des gens qui le prennent bien, et qui vont même chercher le prix; mais il y en a certainement d'autres qui le prennent comme une forme d'insulte.
Malheureusement, j'ai l'impression qu'on vit une époque un peu triste où communiquer autour de l'importance de l'éducation, de l'investissement, de la recherche, de la culture scientifique et artistique, etc., est extrêmement difficile, et que ces efforts peuvent être détruits en quelques secondes avec une blague potache. Il faut bien doser, quoi.