Ça c'est le problème de notre époque. Avant, on mesurait la richesse d'un pays à son PIB, maintenant à sa "croissance". Le PIB prenait en compte les salaires, la croissance non. Le résultat, c'est que comme dès que les salaires montent, les dividendes baissent, une augmentation du salaire, donc du niveau de vie, entraine une baisse de la croissance. C'est bien l'économie.
L'argent était un outil pour l'homme. Depuis l'épisode mythique du Veau d'Or, c'est l'homme qui est devenu un outil au service de l'argent. C'est très visible à notre époque, mais ça l'a été aussi avant.
Au XIX°, début XX, par exemple. C'était déjà une époque de nouvelle économie. La révolution industrielle, les nouveau système de transport offrait déjà une "mondialisation". C'était une époque ou des gens faisait des fortunes colossales et les dilapidaient rapidement, comme des gérants de start-up, dans le cinéma notamment. C'était une époque qui a vu le règne sans partage de l'actionnaire, et qui a fait naitre des images d'épinal comme les "200 familles" de gros industriels et financiers controllant le monde et les nation à la place des gouvernements. De nos jour, on appelle ça "World Company" au lieu de "200 familles", mais c'est la même idée.
Et puis, il y avait un burnout très important chez les ouvriers de la carbon-economy. Différence, ils n'avaient pas de stock-option, mais au final, ça n'est pas bien différent: ils se crevaient à la tâche car ils étaient payé au rendement. Une stock-option, c'est un salaire en action, donc un salaire qui dépend de la valeur de l'entreprise, donc un paiement au rendement.
Que s'est-il passé ? Pourquoi avons-nous quitter cette "nouvelle économie" de l'époque ?
Et bien, parce qu'il y a eu deux guerres mondiales, et les dictatures. Alors, quand on en est sorti, on a eu l'esprit plus tourné vers l'idéologie et la politique que vers le pognon.
Alors, il y a eu les acquis sociaux. Les congés payé, la sécurité sociale pour tous et le revenu minimal. Pendant quelque temps, l'économie est briévement et partiellement redevenue un outil au service de l'homme.
Mais ça n'a pas duré, bien vite, heureusement, on a recommencer à vivre dans un monde mondial. Ce fut l'ère de la délocalisation et du dégraissage, l'essor de l'envahissement publicitaire, et le ridicule des politiques qui passaient pour des marionnettes au service des patrons et des gros actionnaires. Cette image de valets a d'ailleurs été le fond de commerce des partis fascites comme le FN qui ont recommencés à éclore un peu partout.
Et puis, paf, Internet, les start-oop avec des noms Idioots!.com et le battage sur la niouhéconomaille, c'est le progrès, c'est l'avenir, c'est le commerce, c'est le pognon, c'est bien. Tellement artificiel et exaspérant que les faillites à répétitions furent très bien acueillies, appréciées et attendues.
En attendant, on en est revenu, a peu de chose près, à Zola ou Balzac: un monde où le Saint Pognon est la seule valeur, la seule philosophie et la seule religion, un monde où le cynisme et l'avidité sont des qualités indispensables, un monde d'inconscience et d'aveuglement sur les conséquences de ces actes, un monde où on se contrefout du futur car on va trop vite dans le présent pour prendre le temps de faire une pause pour voir où on va.
[^] # Re: Je comprend pas !
Posté par Gaël . En réponse à la dépêche La mort du logiciel libre: chronique d'une défaite acceptée. Évalué à 1.
L'argent était un outil pour l'homme. Depuis l'épisode mythique du Veau d'Or, c'est l'homme qui est devenu un outil au service de l'argent. C'est très visible à notre époque, mais ça l'a été aussi avant.
Au XIX°, début XX, par exemple. C'était déjà une époque de nouvelle économie. La révolution industrielle, les nouveau système de transport offrait déjà une "mondialisation". C'était une époque ou des gens faisait des fortunes colossales et les dilapidaient rapidement, comme des gérants de start-up, dans le cinéma notamment. C'était une époque qui a vu le règne sans partage de l'actionnaire, et qui a fait naitre des images d'épinal comme les "200 familles" de gros industriels et financiers controllant le monde et les nation à la place des gouvernements. De nos jour, on appelle ça "World Company" au lieu de "200 familles", mais c'est la même idée.
Et puis, il y avait un burnout très important chez les ouvriers de la carbon-economy. Différence, ils n'avaient pas de stock-option, mais au final, ça n'est pas bien différent: ils se crevaient à la tâche car ils étaient payé au rendement. Une stock-option, c'est un salaire en action, donc un salaire qui dépend de la valeur de l'entreprise, donc un paiement au rendement.
Que s'est-il passé ? Pourquoi avons-nous quitter cette "nouvelle économie" de l'époque ?
Et bien, parce qu'il y a eu deux guerres mondiales, et les dictatures. Alors, quand on en est sorti, on a eu l'esprit plus tourné vers l'idéologie et la politique que vers le pognon.
Alors, il y a eu les acquis sociaux. Les congés payé, la sécurité sociale pour tous et le revenu minimal. Pendant quelque temps, l'économie est briévement et partiellement redevenue un outil au service de l'homme.
Mais ça n'a pas duré, bien vite, heureusement, on a recommencer à vivre dans un monde mondial. Ce fut l'ère de la délocalisation et du dégraissage, l'essor de l'envahissement publicitaire, et le ridicule des politiques qui passaient pour des marionnettes au service des patrons et des gros actionnaires. Cette image de valets a d'ailleurs été le fond de commerce des partis fascites comme le FN qui ont recommencés à éclore un peu partout.
Et puis, paf, Internet, les start-oop avec des noms Idioots!.com et le battage sur la niouhéconomaille, c'est le progrès, c'est l'avenir, c'est le commerce, c'est le pognon, c'est bien. Tellement artificiel et exaspérant que les faillites à répétitions furent très bien acueillies, appréciées et attendues.
En attendant, on en est revenu, a peu de chose près, à Zola ou Balzac: un monde où le Saint Pognon est la seule valeur, la seule philosophie et la seule religion, un monde où le cynisme et l'avidité sont des qualités indispensables, un monde d'inconscience et d'aveuglement sur les conséquences de ces actes, un monde où on se contrefout du futur car on va trop vite dans le présent pour prendre le temps de faire une pause pour voir où on va.
Un monde de merde.