• [^] # Re: Faut stopper les délires !

    Posté par . En réponse à la dépêche La mort du logiciel libre: chronique d'une défaite acceptée. Évalué à 1.

    Oui, mais qui est vraiment ciblé ? Le grand-public est par définition vaste et moutonnier, donc bien plus intéressant qu'un petit secteur comme les sysadmins unix. Plusiseurs millions de machines sous Linux, c'est possible, mais ça ne veut pas dire grand-chose: toute machine moderne fonctionnant sous Linux peut tourner avec Windows. Quand au vielles machines, de toute façon, ce n'est plus un créneau vendeur. Ça n'évoluera plus que pour une minorité hyper-spécialisée. Pas rentable.

    Ceux qui utilisent Linux se décomposent, grosso-modo en deux catégories, que l'on pourrait résumer ainsi:
    1°) Les vieux de la vielle, avec une grande barbe, et qui de toute façon n'acheteront jamais de logiciel; ils préfèrent faire les leurs à la main. Pas intéressant comme marché.
    2°) Les étudiants en informatique, qui ont Linux chez eux pour faire de la progra, mais qui ont aussi Windows et compagnie pour pouvoir jouer à Quake, à Everquest, à Deus Ex ou à Baldur's Gate. Ceux-là, peuvent être intéressant, mais ils ont déjà l'habitude du dual-boot, donc il est inutile d'insister envers Linux puisqu'ils ont aussi Windows comme tout le monde. Et puis, dès qu'ils auront warezer Visual Studio, ils pourront virer Linux de leur disque dur, alors.

    Le raisonnement est le suivant: comme les utilisateurs de [Linux||*BSD] sont une minorité, ils n'ont pas de pouvoir commercial fort: ie, un boycott ne se sentira pratiquement pas. Donc, rien à foutre de leur opinion.

    "Free software, c'est un freeware, non ? Gratuit, hein ? Avec en plus le code source ! Quel horreur ! Ces vautours de concurrents vont tous nous piquer ! Hors de question de faire du free !"
    C'est a peu de chose près la pensée classique des entreprises (savoir si on peut breveter cette pensée pour les obliger à en avoir une nouvelle est une autre histoire). Certaines sont mieux informées, mais je ne crois pas encore que ça soit la majorité. Que cette bête langue anglaise soit incapable d'avoir un terme pour la liberté sans qu'il y ait aussi un sens monétaire ne fait qu'entretenir la confusion.

    Bon, c'est un peu brouillon tout ça, alors je vais tenter de résumer:
    1°) Le logiciel libre, c'est un concept trop avant-gardiste
    2°) La communauté du libre n'est pas très influente
    3°) Les entreprises et les lobbys commerciaux sont persuadés que les brevets logiciels vont leur permettre de s'en faire plein les fouilles

    Est-ce que les brevets logiciels sont "normaux" ? Je ne le pense pas.
    Est-ce qu'ils sont dangereux pour les indépendant ? Très vraisemblblement.
    A qui tout cela va bénéficier ? A mon avis, aux sociétés qui vivent confortablement sur un tas d'or et qui ont intérêt a ce que les choses ne bougent pas. Quand on est tout en haut, et qu'on bouge, c'est pour redescendre, il est donc logique, pour elle, de chercher à rendre tout statique. Et ça signifie prendre des mesures pour refrener et contrôler les innovations. Cependant, comme innovation semble synonyme de progrès, elles n'oublient pas de sortir abondance de baratin sur le fait qu'elles aident et promeuvent l'innovation. Le brartin, ça ne coûte rien.

    La logique même du brevet est étrange, à ce sujet. C'est censé être une carotte à l'innovation ("si vous inventez un truc, vous êtes le seul à en bénéficier, alors profitez-en et inventez!"). Ce mécanisme fut instantément viciée en baton à la réalisation ("Je vais faire des brevet sur tout les trucs que je peut concevoir mais pas produire, comme ça mes concurrents ne me prendront pas de vitesse, au cas où un de ces machins sur lesquels je ne parierait pas un kopek se révélait être un succès commercial").



    Et puis, pour finir, si on nous ménage une exception spéciale, comme j'en ai entendu la rumeur, cela signifiera que l'on pourra faire du libre tant qu'il n'est pas commercial. C'est pas mal non plus comme méthode pour enfermer le logiciel libre dans une espèce de catégorie amateur. Ça permet de réserver le professionel aux sociétés faisant du fermé.